lundi 25 août 2014

La dernière chance du président

La dernière chance du 

président



François Hollande en déplacement en Andorre, vendredi 13 juin.


François Hollande en déplacement en Andorre, vendredi 13 juin. | AFP/FRED DUFOUR

Edito du « Monde ». La rentrée politique s’annonçait difficile pour le président de la République et le premier ministre. En quelques heures, elle est devenue explosive.

En demandant à Manuel Valls, dès le début de la matinée de ce lundi 25 août, de former un nouveau gouvernementFrançois Hollande a en effet décidé detrancher, à chaud, une crise qui le menaçait autant que le chef du gouvernement. Cinq mois seulement après la constitution de l’équipe de Manuel Valls, au lendemain d’élections municipales calamiteuses, cette dramatisation, très inhabituelle de la part du chef de l’Etat, a toutes les allures d’un va-tout.

Il est vrai que le week-end des 23 et 24 août a été pour le moins singulier. Deux poids lourds du gouvernement – ceux-là mêmes qui avaient fait alliance avec M. Valls, au printemps, pour lui permettre de s’imposer à Matignon – n’ont pas hésité à contester publiquement et sévèrement la politique économique fixée par le président de la République depuis le début de l’année.
DÉBAT LÉGITIME OU DISSIDENCE INACCEPTABLE ?
Pour Arnaud Montebourg, « la réduction à marche forcée des déficits publics est une aberration économique, une absurdité financière et un sinistre politique », jetant les Français et les Européens « dans les bras des partis extrémistes » ; bref, le ministre de l’économie a jugé urgent d’« apporter des solutions alternatives ». Et son collègue de l’éducation, Benoît Hamon, a assuré qu’il ne se sentait « pas loin des frondeurs » du PS qui contestent depuis des mois au Parlement le cap économique de l’exécutif.
Débat légitime, assuraient les deux trublions, quand la situation du pays est aussi déprimée, la croissance nulle, la crue du chômage inexorable et l’économie européenne à l’arrêt. Dissidence inacceptable, ont tranché les deux responsables de l’exécutif.
BATEAU IVRE
C’est, en effet, leur autorité qui était en jeu. Le chef de l’Etat avait confirmé de manière très ferme, le 21 août dans ces colonnes, que le cap économique, budgétaire et européen serait tenu et que, loin de ralentir le rythme, il fallait «accélérer les réformes ». Quant au chef du gouvernement, il avait fait de son autorité et de la cohérence de son équipe les deux piliers de son image et de son action. Laisser la brèche, jusqu’ici seulement parlementaire, des « frondeurs » s’élargir à l’intérieur même du gouvernement risquait de donner de celui-ci, plus encore qu’auparavant, l’image d’un bateau ivre.

Pour MM. Hollande et Valls, c’est donc, plus que jamais, l’heure de vérité : ont-ils la majorité de leur politique ? Auront-ils demain, plus qu’hier, la capacité deconvaincre leur camp qu’il n’y a pas, comme ils le martèlent, d’alternative à la politique tracée ? Ne risquent-ils pas, par le coup de force qu’ils viennent d’engager, de fédérer tous ceux qui refusent, peu ou prou, le cap fixé ? La réponse viendra dans les prochaines heures. Quelle qu’elle soit, elle sera pour le président la dernière chance de sauver son quinquennat.

En Ukraine, élections anticipées et dissolution du parlement

En Ukraine, élections 

anticipées et dissolution du

Parlement 



Le président ukrainien Petro Porochenko a annoncé lundi 25 août avoir signé un décret de dissolution du Parlement.



Le président ukrainien Petro Porochenko a annoncé lundi 25 août avoir signé un décret de dissolution du Parlement. | AP/Efrem Lukatsky

Le président ukrainien, Petro Porochenko, a annoncé, lundi 25 août, avoir signé un décret de dissolution du Parlement et la tenue d'élections législatives anticipées en octobre. « J'ai décidé de mettre fin prématurément à l'autorité du Parlement », a écrit le chef de l'Etat sur son compte Twitter.

Selon la loi ukrainienne, des élections doivent être organisées dans les soixante jours qui suivent la publication du décret de dissolution. Le scrutin aura donc lieu le 26 octobre, a précisé un porte-parole de la présidence ukrainienne.
Cette décision a été annoncé la veille du départ de M. Porochenko pour laBiélorussie, où il participera à un sommet avec son homologue russe, Vladimir Poutine, et les dirigeants de l'Union européenne qui sera en grande partie consacré à la guerre dans l'est de l'Ukraine.
Selon des estimations du Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) rendues publiques mercredi 20 août, au moins 415 800 personnes ont quitté leur foyer en raison du conflit, se réfugiant dans d'autres régions du pays ou en Russienotamment. Depuis quatre mois, les combats entre l'armée ukrainienne et les séparatistes prorusses ont également fait plus de 2 000 morts et plus de 5 000 blessés d'après l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

LA TENTATION D'UNE COALITION SUR MESURE
La coalition gouvernementale au pouvoir en Ukraine depuis la victoire des révolutionnaires de Maïdan il y a six mois a éclaté, le 26 juillet, quand deux des trois partis qui la composaient ont fait défection. Isolé, le premier ministre, Arseni Iatseniouk, avait remis sa démission, qui a ensuite été refusée par le Parlement.
Cette annonce avait surtout illustré la scission au sein de l'équipe dirigeante et la menace grandissante de voir le pays basculer dans une grave crise politique, en plus des difficultés économiques et du sanglant conflit entre les forces de Kiev et les séparatistes prorusses.
En réalité, les élections étaient depuis longtemps dans toutes les têtes, àcommencer par celle du président Petro Porochenko. Elu le 25 mai (54,70 % dès le premier tour), il ne pouvait s'appuyer que sur une majorité parlementaire à la loyauté incertaine. Des législatives anticipées pourraient offrir à son parti, Solidarité, la chance de prendre la tête d'une coalition sur mesure.
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