mercredi 20 août 2014

Bolloré infléchit déjà la stratégie de Vivendi

Bolloré infléchit déjà la stratégie de Vivendi

Après avoir cédé la majorité du capital de SFR à Numericable, Vivendi pourrait-il décider de rester un acteur important dans les télécoms? Avant l'été, la question ne se serait même pas posée. Mais début août, en proposant à Vivendi de lui racheter sa filiale brésilienne, l'opérateur télécoms GVT, Telefonica a ouvert la boîte de Pandore. L'espagnol propose alors 6,7 milliards d'euros à Vivendi pour GVT, 12 % du capital de Telefonica Brasil et lui offre la possibilité de prendre 8,3 % du capital de Telecom Italia (Telefonica en détient près de 15 %). De son côté, l'italien, qui est aussi présent au Brésil via Tim Brasil, aurait aussi pris langue avec Vivendi. Telecom Italia pourrait mettre 7 milliards d'euros sur la table pour GVT et offrir jusqu'à 20 % de son capital au groupe français. Le conseil de surveillance de l'opérateur italien devrait se réunir en début de semaine prochaine pour affiner sa proposition. Le temps lui est compté: le conseil de Vivendi siège le 28. À cette occasion, l'offre de Telefonica sera étudiée. Et le cas échéant, celle de Telecom Italia.
Avec ces grandes manœuvres, c'est tout le dogme de la séparation des médias et des télécoms chez Vivendi qui est ébranlé. La stratégie voulue par Jean-René Fourtou, qui a cédé son siège de président du conseil de surveillance à Vincent Bolloré le 24 juin, semble remise en question. Le président sortant tenait à sortir des télécoms, désendetter le groupe et le recentrer sur les médias. Sous l'égide de son successeur, une nouvelle voie pourrait se dessiner. «Vincent Bolloré n'était pas en faveur de la scission entre les activités télécoms et les médias», affirme un fin connaisseur du dossier. Chez SFR, dont le rachat par Numericable n'est pas encore bouclé, il se dit même que l'homme d'affaires breton pourrait «ne pas se contenter de 20 % du capital du nouvel ensemble, SFR-Numericable». «Tout dépendra de la capacité de Numericable à financer le rachat de SFR. Avec une charge de la dette qui s'établira à 50 millions d'euros par mois en 2015, le groupe pourrait avoir besoin d'un deuxième actionnaire fort», note un spécialiste.
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