mardi 8 juillet 2014

Les frondeurs du PS voteront-ils le budget rectificatif de la Sécu? La plupart s'abstiendront

Les frondeurs du PS voteront-ils le budget rectificatif de la Sécu? La plupart s'abstiendront POLITIQUE - Ils avaient été 41 à s'abstenir fin avril sur le programme de 50 milliards d'euros d'économies. Combien seront-ils à refuser d'adopter le budget rectificatif de la Sécu? Une majorité des députés frondeurs du Parti socialiste devrait s'abstenir ce mardi 8 juillet lors de l'adoption de ce texte stratégique, ce qui marquerait un tournant du quinquennat.



Alors qu'une très nette majorité avait adopté le budget de l'Etat il y a une semaine, pourquoi un tel front du refus sur celui de la Sécurité sociale? Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale rectificative (PLFSSR) pour 2014 comprend les premiers allègements de cotisations patronales du pacte de responsabilité (pour 5,5 milliards d'euros en 2015), en vue de relancer les embauches et d'améliorer la compétitivité des entreprises. S'il entérine une baisse de cotisations pour certains salariés début 2015 (2,5 milliards d'euros), le texte prévoit aussi le gel des pensions de retraite supérieures à 1.200 euros.



Une décision qui ulcère la gauche de la gauche et d'une partie des troupes socialistes qui envisagent du coup de s'abstenir, voire de voter contre. Or, la tradition veut qu'un député qui refuse de voter le budget, fut-il rectificatif, se positionne automatiquement dans l'opposition. En clair: plus la fronde sera forte, plus le gouvernement verra sa majorité affaiblie et ses marges de manoeuvre politiques réduites.



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Le PS bat inlassablement le rappel des troupes



Ceci explique pourquoi, depuis plusieurs jours, le premier ministre et le groupe socialiste n'ont de cesse de multiplier les avertissements. Manuel Valls, qui fête ses 100 jours à Matignon, défend inlassablement son "réformisme assumé" en appelant chacun au compromis. "La gauche qui met la société en mouvement, la gauche qui marche, c'est la gauche qui dit à chacun: quelle part de votre intérêt particulier êtes-vous prêts à laisser pour la mettre au service de l'intérêt général?", plaide-t-il.



Ce dernier a adressé quelques gestes d'apaisement. Avertissement au patronat s'il refuse de jouer le jeu des contreparties au pacte de responsabilité, sanctuarisation du budget de la culture, promesse d'une plus grande concertation sur les sujets sensibles.



Ses amis se font plus insistants encore. "Je demande de la cohérence quand il y a une politique dans un moment difficile. [...] Quand on s'assoit à la table des négociations, on est là pour négocier et bâtir un compromis", martèle le patron des députés socialistes, Bruno Le Roux.



"Il serait incompréhensible que les députés socialistes votent contre ce budget, dans la mesure où le travail fait par le groupe socialiste de l'Assemblée sur le collectif budgétaire et sur le budget rectificatif de la Sécurité sociale a été considérable dans le sens de la justice sociale", a renchéri dans Le Figaro le député PS du Nord, Bernard Roman (lien payant).



Un budget "pas digne d'un gouvernement de gauche"



Problème: ces avertissements ont plutôt tendance à conforter les frondeurs dans leur posture. Invité ce mardi sur France Inter, le député PS de la Nièvre, Christian Paul, proche de Martine Aubry et chef de file des frondeurs, a réaffirmé que ses amis ne voteraient pas le budget rectificatif.



"Depuis des mois, nous alertons le gouvernement sur le fait que le pacte de responsabilité ne permet pas de faire ce compromis historique qui est indispensable au redressement économique du pays", explique-t-il en réclamant davantage de "justice sociale".



Et à l'entendre, la rupture entre les députés rebelles et le gouvernement est désormais consommée: "Le gel des prestations sociales n'est pas digne d'un gouvernement de gauche".












Dans la foulée, plusieurs députés ont confirmé que le groupe des frondeurs allait "majoritairement" s'abstenir sur le budget de la Sécu.



Un nouveau coup dur en pleine conférence sociale



Si les députés rebelles mettent leur menace à exécution, le symbole sera doublement désastreux pour l'exécutif dont la ligne sociale-libérale est déjà très contestée par ses partenaires de gauche. Alors que les frondeurs socialistes opèrent un rapprochement avec le Front de Gauche et EELV qui pourrait voir le jour dès ce jeudi, le gouvernement est confronté à une grogne de plus en plus franche de la part des syndicats.



Plusieurs d'entre eux, dont la CGT, FO et Solidaires, ont d'ailleurs décidé de bouder la seconde journée de débats de la grande conférence sociale qui se tient au Palais d'Iéna à Paris. Ce mardi, la première fédération de l'Education, la FSU, a à son tour choisi de claquer la porte.



Entre les députés frondeurs et les syndicats râleurs, le gouvernement est cerné de toutes parts.



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