samedi 28 juillet 2012

La statue de Mao à Montpellier ravive les passions en Chine


En Chine, Mao, le fondateur de la République populaire et figure controversée, ne laisse pas indifférent. Après sa mort, en 1976, il n'y a pas eu de "démaoïsation". Deng Xiaoping, qui avait été sa victime durant la Révolution culturelle, considérait qu'il n'avait commis que 30 % d'erreurs, le reste était bon. Il occupe désormais une place particulière dans le pays.
Certains chauffeurs de taxi mettent sa figurine sur le rétroviseur comme porte-bonheur, tel un Saint-Christophe en France. Toujours loué par le régime communiste, il est vénéré par les nostalgiques d'une époque égalitariste où les injustices sociales n'étaient pas aussi marquées, mais détesté par ceux qui le considèrent comme un dictateur à l'égal de Staline ou de Hitler pour les millions de morts du Grand bond en avant et de la Révolution culturelle.
L'inauguration à Montpellier, dans le sud de la France, d'une statue de Mao a déclenché les passions entre ces deux camps sur les réseaux sociaux. Mercredi 24 juillet, le jour de l'inauguration de la statue, le post d'un écrivain indépendant, Wang Pei, purement factuel, a lancé les hostilités.
Les contre
Un photographe du Quotidien de la jeunesse de Chine, He Yanguang, s'est demandé pourquoi la ville de Montpellier n'avait pas ajouté, aux côtés de Mao, "Hitler, Mussolini, Tojo Hideki (premier ministre japonais durant la seconde guerre mondiale), Staline, Pol Pot, Nicolas Ceaucescu et Kim Il-sung". Son texte a été supprimé par les administrateurs du site de microblogs.
Certains commentaires sont allés dans le même sens :
"Le gros Mao n'a apporté que des catastrophes à notre peuple"
"La Chine doit se lever, comme ça on impressionnera les cadres corrompus"
"Je demande fermement qu'on mette des statues de l'Allemand Hitler et de l'Italien Mussolini à Montpellier"
Les pour
Des usagers de Sina Weibo ont réclamé le licenciement du journaliste du Quotidien de la Jeunesse de Chine, fondé par Mao Zedong et Zhou Enlai. D'autres ont en profité pour prendre la défense de Mao.
"Une dictature sous Mao ? A l'époque de Mao, le peuple pouvait adresser directement ses opinions aux dirigeants, ou leur envoyer des affiches à grands caractères (dazibao) (...) Maintenant on peut insulter le parti (communiste chinois) de loin et anonymement, est-ce une manière de contacter directement les dirigeants?"
"Mao n'a jamais considéré Staline comme un parrain, mais comme un camarade. Bande de propagateurs de rumeurs éhontés !"
"Il n'y a pas d'opposition par rapport à Gandhi et Mandela, mais les oppositions sont fortes face à Washington et Lincoln, car tous deux sont les principaux assassins des Indiens, tu ne vas pas soutenir un génocide ?"

Plan d’austérité – plan de rigueur proposé par Fillon : qu’est-ce qui va changer dans la réforme de l’Economie en France ?

Alors que son allocution est très attendue ce soir au journal de 20H, Francois Fillon annonce les grandes lignes de son plan de rigueur prévu pour remettre la crise économique sévissant en France depuis quelques années déjà et qui, à ce jour, ne trouve pas d’issue. 

En effet, dans le but de réduire des déficits dans les caisses de l’Etat, le Premier Ministre est revenu ce matin lors du Conseil des Ministres sur son plan d’austérité présenté le 24 août dernier où, il fait état d’une besoin de 6 à 8 milliards d'euros d'économies nécessaires pour faire face aux dépenses publiques. 

Pour ce faire, pour répondre au plan "équitablement réparti","efficace" et qui "protège l'emploi" tant souhaité par Nicolas Sarkozy, il est essentiel - selon le Premier Ministre Français- , de fixer un objectif une réduction de son déficit public à 4,5% du PIB d’ici fin 2012, à 3% en 2013 et de 2% en 2014. 

Réforme de l'Economie en France : qu’est-ce qui va changer concrètement ? 

- La réforme des retraites sera accélérée … 

Alors qu’elle ne fait pas l’unanimité, la procédure de la réforme des retraites en France va se voir accélérée en fixant l’âge du départ à la retraite à 62 ans dès 2016. 

L’augmentation de la TVA 

Si pour les consommateurs, la baisse de la TVA qui n’a duré qu’environ 24 mois ne s’est pas tant fait ressentir sur leurs additions dans les restaurants. 
Toutefois, selon les restaurateurs, la baisse de la TVA (de 19.6% à 5.5%) leur a permis de créer plus d’embauches et faire des économies. 
Mesure économique très chère à Nicolas Sarkozy dès son arrivée à l’Elysée, se voit aujourd’hui remise en question : elle sera augmentée à 7% : ce qui permettra de garantir une entrée d’1 milliard d'euros par an dans les caisses de l’Etat. 

l'augmentation de l’impôt sur les sociétés des entreprises 

Une nouvelle fois, les grandes entreprises (dont celles qui ont un chiffre d'affaires supérieur à 150 millions d'euros) vont se voir augmenter leurs cotisations fiscales afin de réaliser plus de 500 millions d'euros de chiffre d'affaires, soit un gain d'1 milliard d'euros par an à l’Etat. 

Révision des Allocations familiales et aides pour le Logement 
Pour faire face au déficit de la Sécu, le gouvernement a décidé de fixer le taux des allocations familiales à 1% et non plus en fonction de l’inflation comme c’est le cas aujourd’hui. 
Ce qui baissera considérablement les revenus des allocataires. Plus encore, les travaux dans les logements pour les particuliers et services à domicile font devoir faire face à un carnet de commande considérablement réduit. 

Le gel des salaires des Ministres et du Président de la République .. 

Face à ce plan de rigueur, le gouvernement a annoncé que les dépenses des ministères devront être revus à la baisse, mais aussi, ils devront, se « serrer la ceinture » en voyant leurs salaires gelés. 
Rappelons que, les salaires des Ministres et du Président de la République qui augmentent de 2% chaque année seront selon ces mesures de rigueur revus à la baisse dès l’application de ladite réforme.. 


Et vous, que pensez-vous de ce nouveau vis budgétaire ou plan anti-déficit qualifié d’un des plus rigoureux depuis 1945 qui, selon Matignon est simple du fait qu’il va réduire le déficit français et permettre à la France de conserver son triple A? 

Mitt Romney, champion olympique des gaffes


Le candidat républicain à la présidentielle américaine a exprimé ses doutes sur le degré de préparation des Jeux de Londres.

Mémo à l'attention de Mitt Romney : en déplacement à l'étranger, mieux vaut ne pas critiquer trop ouvertement son pays d'accueil. Le prétendant républicain à la Maison Blanche a visiblement oublié de réviser son protocole diplomatique. En visite à Londres, espérant ainsi donner au public américain une image de crédibilité internationale, M. Romney a multiplié les gaffes.

La principale aura été de remettre ouvertement en cause la préparation de la capitale britannique aux Jeux olympiques"Il y a quelques éléments déconcertants : l'histoire de l'entreprise de sécurité qui n'a pas assez de personnel, la possible grève des officiers d'immigration..." Ces critiques sont partagées par la plupart des Britanniques. Mais à deux jours de la cérémonie d'ouverture, qui s'est déroulée ce vendredi 27 juillet, Downing Street était un tantinet chatouilleux sur la question.
David Cameron, le premier ministre, a répliqué d'une remarque acide, destinée à celui qui avait organisé les JO d'hiver de Salt Lake City en 2002 : "Nous préparons les Jeux olympiques dans l'une des villes (...) les plus animées au monde. Bien sûr, ce serait plus facile si c'était au milieu de nulle part." Quant à Boris Johnson, le maire de Londres, il n'a pas tardé à mordre. Face à 60 000 personnes massées à Hyde Park, il a lancé : "Il paraît qu'il y a un type qui s'appelle Mitt Romney qui veut savoir si on est prêt. Est-ce qu'on est prêt? Bien sûr qu'on est prêt !" La foule a hurlé son approbation.
"LE RABAT-JOIE"
La presse britannique a embrayé sur le ton du patriotisme outré. Le Daily Mail, tabloïd de droite très atlantiste, demandait : "Qui a invité Romney le rabat-joie ?"Le Times titrait : "Romney, "l'homme de nulle part", multiplie les gaffes sur les JO."
Les choses ne se sont pas arrangées quand M. Romney a oublié le nom du leader de l'opposition, Ed Miliband, le désignant d'un hésitant "Mr. Leader". L'attitude musclée de son service de sécurité, qui a bloqué des cameramen voulant filmerune manifestation anti-mormons a achevé de ternir la visite.
Mais tout cela n'est rien face à la réaction que les Britanniques auraient pu avoirs'ils avaient lu le livre de M. Romney, No Apology. Le site Internet de la revueForeign Policy relève que ce dernier y a écrit : "L'Angleterre est juste une petite île. Ses routes et ses maisons sont petites. A quelques exceptions près, elle ne fabrique pas des choses que les gens dans le reste du monde veulent acheter."

Interrogé, retenu puis expulsé : mon très court voyage en Israël



Un hublot dans un avion (Simon Shek/Flickr/CC)
Parti lundi dans la nuit pour Tel Aviv, je suis rentré jeudi à Marseille : cela aura été le plus court voyage à l’étranger de ma vie. Car en arrivant à l’aéroport de Ben Gourion en Israël, le contrôleur des passeports m’a tout de suite montré mes tampons du Liban et m’a demandé de m’asseoir dans une petite salle.
Après quelques heures (je ne sais plus trop bien) d’attente, je suis invité à parler dans un bureau avec une dame qui m’interroge en anglais sur les raisons de ma venue ici.
Je lui explique que c’est un voyage touristique, pour rejoindre une amie de France qui était chez des amis d’ici… Elle me demande si je suis déjà venu en Israël : je lui réponds oui. Elle me demande des précisions. Je lui dis que c’était dans le cadre des campagnes civiles de protection du peuple palestinien car je souhaitais connaître la situation de l’éducation dans les territoires occupés, en tant que professeur.
Elle me demande où j’habite, où j’habitais auparavant, ce que je faisais au Liban, au Honduras, pourquoi le Liban, le Honduras… Elle me demande de retourner dans la petite salle. Je ne suis pas seul, beaucoup de gens restent un moment dans cette salle puis repartent avec leur passeport, direction la salle des bagages.
Au cours d’un long moment d’attente, je demande où est mon sac à dos, combien de temps cela va durer... Pas de réponse.

Mon nom sur Google

Deuxième interrogatoire avec la même dame et un homme qui parle français :
je répète la même chose, la femme a l’air fâchée et me montre une page Internet (que je n’ai jamais vue !) sur moi avec mon nom et ma photo en
grand. Il y est inscrit en anglais que j’ai signé en 2009 une pétition contre l’expulsion des maisons de Palestiniens à Jérusalem et ma participation à une rencontre au café équitable à Marseille contre le coup d’état au Honduras en 2009 !
Je leur réponds que je ne connais pas cette page mais, en effet, que j’ai bien participé à une réunion sur le Honduras…On me demande de retourner dans la petite pièce. Puis, plus tard, d’aller en face au bureau de l’immigration où il y a de nombreuses personnes, principalement d’origine slave.
Un homme me pose à peu près les mêmes questions, me demande des précisions sur la personne que je vais rejoindre (son âge, son pays, le jour de son arrivée). Je lui dis que j’ai un numéro de téléphone d’elle en Israël et qu’elle m’attend… Il me demande également son numéro en France, je lui dis que je ne l’ai pas.
Il me refait asseoir dans la salle d’attente, on me donne un sandwich et une bouteille d’eau.

Je ne peux pas rentrer dans le pays

Au bureau de l’immigration, deuxième interrogatoire. Un autre homme parlant français, assez costaud et agressif, arrive. Il semble qu’ils regardent de plus en plus l’ordinateur. Le premier homme décide d’appeler mon amie. Ils dialoguent un long moment en anglais, l’homme est assez ouvert, il semble « chancelant ». Il lui dit qu’il la rappellera.
Ensuite, l’homme agressif commence à me demander comment j’étais venu il y a dix ans, où j’étais allé, avec quel passeport. Je lui dis que depuis dix ans j’ai changé de passeport mais que j’étais allé à Jérusalem et dans les territoires occupés. Il me demande alors pourquoi j’avais occulté le passage d’Israël à Gaza et pourquoi je ne l’avais pas dit. Je lui réponds qu’on ne m’avait pas demandé ce que j’avais fait il y a dix ans.
Il me dit que j’ai menti. Il me repose des questions sur le Honduras… Au bout d’un moment, ils me disent que je pourrais entrer si je signe un papier où je déclare ne pas rentrer dans les territoires occupés. J’accepte.
Arrive alors la première femme que j’avais vue, très en colère, qui dit aux autres de regarder la fameuse page Internet, que c’était en 2009 (la pétition et Honduras !) et qu’en quelque sorte, on ne peut pas me faire confiance. Ils reviennent et me disent que je ne peux pas rentrer dans le pays. Il est à peu près 5 heures du matin, j’étais arrivé à 23h30.

Enfermé dans un dortoir

Je suis bien sûr crevé et je n’ai pas pu fumer pendant tout ce temps.
Un homme arrive, me conduit chercher mes bagages. Ceux-ci sont fouillés de fond en comble dans une salle spéciale, ils passent une sorte de brosse sur tous les objets, mon ordinateur et mon appareil photo sont transférés dans une autre salle. Je suis bien sûr fouillé moi-même.
Je monte ensuite avec d’autres expulsés dans un van, tous les bagages doivent être dans le coffre ! Deux-trois hommes avec des uniformes (il me semble voir imprimé un logo de l’aviation militaire) nous conduisent dans un camp de rétention très sécurisé caché par des bâches. On est enfin autorisé dans la cour à fumer une clope !
On monte à l’étage dans la pièce des bagages : on peut prendre une brosse à dent, un dentifrice, des livres mais pas de feu, ni de portable ! On est ensuite enregistré à l’accueil et conduit dans une pièce éclairée jour et nuit, un dortoir avec six lits superposés, sans drap propre et avec un matelas plastique très abîmé. On nous enferme dans cette pièce.
Dans la pièce, il y a que des hommes qui parlent russe et certainement hébreu... pas un mot d’anglais. On nous donne un sandwich le matin, un plat chaud à midi et un sandwich le soir (de la compagnie aérienne El Al). Nous avons droit à une visite d’une médecin ne parlant qu’hébreu ( ! !). Elle fait traduire en anglais que j’ai une tension élevée et me donne un médicament.

A 3h30, je suis conduit à l’avion en van

On m’autorise à nouveau à fumer et à appeler deux fois mon amie dans la journée. Elle me dit que le consul de France à Jérusalem appelle régulièrement le centre de rétention. Dans l’après-midi, j’ai la tête qui tourne, ils me disent de boire de l’eau.
Ils reviennent me voir une ou deux fois dans la chambre pour voir si je vais bien. Je devrais normalement partir le lendemain à 4h15 du matin pour Istanbul (j’avais acheté un billet low-cost Pegasus Marseille-Istanbul-Tel Aviv, moins cher qu’un vol direct et heureusement, car c’est 350 euros de foutu en l’air).
Cette nuit fût terrible : je n’avais pas l’heure, je regardais par la fenêtre s’il y avait autant de bruits de voitures sur l’autoroute, si le jour pointait... Me feraient-ils vraiment partir ? L’angoisse !
On m’appelle, je récupère mes bagages déjà enregistrés ( !), mon
portable... Il est 3h30 ! Je suis conduit dans un van directement au bas de l’avion, une femme donne mon passeport au steward qui le donnera à une dame de l’aéroport à Istanbul où j’ai du expliquer au contrôle des
frontières ce que je faisais là.
La compagnie Pegasus a bien sûr refusé de me donner la suite de mon voyage Istanbul-Marseille : je devais payer ! Je suis retourné au contrôle des passeports, allé à la direction de l’aéroport. Au bout de trois heures, on me donne enfin mon ticket d’enregistrement pour Marseille. Ouf !
Sachant que je n’appartiens à l’heure actuelle à aucun parti, aucune organisation, je trouve très inquiétant et très grave de voir l’Etat israélien agir ainsi. C’est pour moi le signe d’une schizophrénie chronique qui ne pourra durer mais qui tant qu’elle durera, sera dramatique pour le peuple palestinien.

Fillon reste la personnalité préférée des Français, selon un sondage CSA


François Fillon à Fleury-les-Aubrais, le 9 juillet.

Candidat à la présidence de l'UMP, François Fillon garde un avantage par rapport à son principal rival, Jean-François Copé : l'opinion. L'ex-premier ministre reste en effet la personnalité préférée des Français, selon un sondage CSA-Les Echos, diffusé jeudi 26 juillet.

56 % des sondés ont une image positive de M. Fillon, devant le maire UMP deBordeaux Alain Juppé (52 %) et le ministre de l'intérieur Manuel Valls (50 %). Seuls 37 % des Français ont une image positive de M. Copé. 
Même si ce seront les adhérents de l'UMP qui désigneront leur président en novembre, l'ex-premier ministre gagne 7 points chez les sympathisants de droite, à 91 %. Chez ces derniers, le député de Paris devance nettement ses rivaux déclarés ou potentiels à la présidence de l'UMP : Jean-François Copé (74 % d'image positive), Xavier Bertrand (64 %), Nathalie Kosciusko-Morizet (56 %).
COTE DE CONFIANCE DE L'EXÉCUTIF EN HAUSSE
Silencieux depuis sa défaite, Nicolas Sarkozy totalise 41 % d'image positive (87 % chez les sympathisants de droite), devançant même des politiques en activités comme Arnaud Montebourg (39 %), Marine Le Pen fermant la marche (31 %) dans ce sondage réalisé par téléphone les 24 et 25 juillet 2012 auprès d'un échantillon national représentatif de 1 004 personnes âgées de 18 ans et plus.
Du côté de l'exécutif, la cote de confiance du président François Hollande et de son premier ministre Jean-Marc Ayrault est en hausse par rapport au mois dernier. Au total, 54 % des personnes interrogées font confiance au chef de l'Etat élu en mai "pour affronter efficacement les principaux problèmes qui se posent au pays", contre 51 % en juin, soit une hausse de 3 points. La cote est de 53 % pour Jean-Marc Ayrault, contre 49 % un mois auparavant (+4).
L'action du gouvernement dans le dossier PSA est appréciée positivement par 33 % des Français, selon ce sondage. 

Hollande appelle l'ONU à éviter le "chaos" en Syrie


François Hollande a appelé samedi 28 juillet le Conseil de sécurité de l'Onu àintervenir "le plus rapidement possible" pour empêcher que la Syrie ne sombre dans "le chaos" et la "guerre civile". Il s'exprimait en marge d'un déplacement dans le Gers, au moment où l'armée syrienne donnait l'assaut dans les secteurs tenus par les insurgés à Alep, deuxième ville de Syrie et enjeu crucial du conflit.

Le président français s'est adressé tout particulièrement à la Russie et à la Chine, qui se sont jusqu'ici opposées à tout projet de résolution condamnant le régime de Damas.
"Le régime de Bachar al Assad sait qu'il est condamné et donc il va utiliser la force jusqu'au bout. Le rôle des pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU, c'est d'intervenir le plus rapidement possible", a-t-il déclaré. "Je m'adresse une fois encore à la Russie et à la Chine pour qu'elles prennent en considération que ça sera le chaos et la guerre civile si Bachar al Assad n'est pas à un moment empêché", a-t-il ajouté, appelant de ses voeux la constitution d'un gouvernement de transition en Syrie.
Plusieurs pays occidentaux et l'ONU avaient exprimé leur inquiétude face à la perspective de cet assaut, Washington évoquant la possibilité d'un nouveau"massacre", Paris craignant de "nouvelles tueries".
MOSCOU REFUSE TOUTE INSPECTION DE SES NAVIRES
La Russie semble pour l'heure peu encline à se ranger aux côtés de Paris et Washington. Moscou a averti samedi qu'elle ne coopérerait pas à la mise en oeuvre d'une nouvelle série de sanctions de l'Union européenne contre la Syrie et qu'elle n'accepterait aucune inspection des ses navires.
La Russie avait condamné mercredi les nouvelles sanctions imposées lundi par l'UE à la Syrie, les qualifiant de "blocus". Ces mesures comprennent notamment de nouveaux gels d'avoirs, ainsi que l'obligation de contrôle des navires et aéronefs soupçonnés de transporter des armes à destination du régime de Damas.
Le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a tout de même averti samedi qu'une "tragédie" menaçait à Alep, mais il a aussitôt ajouté qu'il n'était pas "réaliste" d'escompter que le gouvernement syrien reste les bras croisés alors que des rebelles armés occupent les grandes villes.
"Nous sommes en train de persuader le gouvernement qu'il doit faire de premiers gestes", a déclaré le ministre. Mais "comment peut-on espérer que dans une telle situation le gouvernement puisse simplement se résigner et dire 'd'accord, je me suis trompé. Venez et renversez-moi, changez le régime'", s'est interrogé M. Lavrov.
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), plus de 20 000 personnes, dont près de 14 000 civils, ont été tuées dans les violences en Syrie depuis le début de la révolte contre le régime du président Bachar al-Assad en mars 2011.

Frank Miller, Batman et le choc des civilisations


Le scénariste et dessinateur de comics Franck Miller.

Pour les amateurs de comics, le dessinateur et scénariste Frank Miller est un héros. Il a déringardisé Daredevil, l'avocat-justicier aveugle de Marvel, a inventé la série Sin City, qu'il a portée à l'écran, et fait entrer Batman dans le XXIe siècle.

C'est sous son crayon, dans la série The Dark Knight Returns (1986), que Bruce Wayne troque ses gants mauves, sa panoplie de bat-gadgets et les "whizz bam" contre l'uniforme sombre du justicier gothique, ambigu et violent. Le genre est renouvelé : les super-héros vont les uns après les autres quitter leurs collants kitsch pour entrer dans la catégorie BD pour adultes.
Artisan vénéré de la renaissance des comics, Frank Miller est pourtant un personnage contesté, que ses plus fidèles lecteurs ont parfois du mal à suivre. Provocateur, passionné d'armes à feu, néoconservateur assumé, partisan de la théorie du choc des civilisations, ses prises de position déclenchent des poussées d'urticaire chroniques dans la presse progressiste et déconcertent jusqu'à ses plus grands fans.
"CES GENS-LÀ COUPENT DES TÊTES"
En 2006, il avait accordé une interview à la National Public Radio (lire la transcription en anglais), dans laquelle il justifiait l'intervention militaire en Irak au nom de la guerre contre le fascisme :
"J'entends souvent les gens se demander pourquoi nous avons attaqué l'Irak, par exemple. Eh bien, nous nous en prenons à une idéologie. Personne ne demande pourquoi, après Pearl Harbor, nous avons attaqué l'Allemagne nazie. C'était parce que nous étions confrontés à une forme de fascisme global, et nous faisons la même chose aujourd'hui [...] Ces gens-là coupent des têtes. Ils traitent leurs femmes en esclaves, infligent des mutilations sexuelles à leurs filles : ils ne se comportent en aucune façon selon les normes culturelles auxquelles nous sommes sensibles. Je suis en train de parler dans un micro qui n'aurait jamais pu être produit par leur culture, et je vis dans une ville où 3 000 de mes voisins ont été tués par des voleurs d'avions qu'ils n'auraient jamais pu construire eux-mêmes."
Frank Miller n'a pas sa langue, ni son stylo, dans sa poche. L'an dernier, ce génie du crayon s'est également fendu sur son site Internet d'un texte assassin, intitulé "Anarchie", dans lequel il démonte en règle le mouvement Occupy Wall Street :
"Occupy n'est rien qu'un ramassis de malotrus, de voleurs et de violeurs, une masse indisciplinée nourrie à la nostalgie de Woodstock et empreinte d'une fausse vertu putride. Ces clowns ne font rien d'autre qu'affaiblir l'Amérique", face à la menace d'Al-Qaida et de l'islamisme. "Cet ennemi – qui n'est pas le vôtre, apparemment – doit ricaner, si ce n'est pas éclater de rire, en regardant votre spectacle vain, infantile et suicidaire". Il invite les Indignés américains à rentrer chez maman jouer à "Lord of Warcraft" ou à s'engager dans l'armée : "Mais ils risquent de ne pas vous laisser garder vos iPhones, les enfants."
Dans l'univers des comics, d'inspiration majoritairement humaniste et libertaire, cette diatribe est mal passée. Vivement critiqué dans la presse progressiste, Frank Miller a même été lâché par une partie de son lectorat, qui a appelé àboycotter ses œuvres. Certains grands noms du monde des comics, comme Mark Millar, ont publiquement dénoncé ses propos. L'auteur de plusieurs épisodes de X-Men, Kick-Ass ou Nemesis a néanmoins volé au secours de son collègue en appelant "à ne pas le boycotter, pas plus que HP Lovecraft, Steve Ditko, David Mamet ou n'importe quel autre écrivain qui ne partagerait pas ma philosophie personnelle, mais dont je suis heureux d'avoir les œuvres sur mes étagères".
Alan Moore, l'auteur de V pour Vendetta et de Watchmen, s'est montré moins compréhensif : "Je suis sûr que si Occupy Wall Street était un groupe de jeunes justiciers sociopathes le visage grimé en Batman, il y aurait été plus favorable", a-t-il déclaré, avant de s'en prendre à l'idéologie présente dans l'œuvre de Frank Miller. "J'ai trouvé que Sin City était d'une irréductible misogynie, que 300 était largement anhistorique, homophobe et parfaitement erroné. Je pense qu'il y a une sensibilité très déplaisante qui se dégage de l'œuvre de Frank Miller depuis assez longtemps."
"Batman, The Dark Knight Returns", de Frank Miller
Les positions réactionnaires de Frank Miller nourrissent-elles son œuvre ? Gotham CityNew York décadente rongée par la corruption aux prises avec un terroriste nihiliste, est-elle l'incarnation de l'Amérique d'aujourd'hui face à la menace islamiste ? Dans son entretien à la National Public Radio, Miller déplorait l'affaissement moral et l'absence de vigueur de l'Amérique face à un ennemi à ses yeux bien réel :
"Il me semble évident que notre pays et l'ensemble du monde occidental affronte un ennemi existentiel qui sait parfaitement ce qu'il veut... et nous nous comportons comme un empire qui s'effondre. Les cultures puissantes sont rarement conquises, elles s'effritent de l'intérieur."
Pour autant, explique Philippe Touboul, copropriétaire de la célèbre boutique de comics Arkham à Paris, si la série Batman : The Dark Knight Returns exprime une vision bien américaine de la société et de la justice, il ne faut pas y chercher la trace du tournant réactionnaire de Miller. "Il faut distinguer deux périodes chez Miller : celle de l'auteur de comics, humaniste, épris de liberté, qui a des choses àdire (Daredevil, Batman, etc.), et le Miller réactionnaire, misogyne et homophobe, qui a mal vieilli à partir des tomes 2 ou 3 de Sin City. On a l'impression que le 11-Septembre l'a définitivement fait basculer", explique-t-il.
La couverture de "Holy Terror".
L'"apogée" réactionnaire de son œuvre a sans aucun doute été atteinte avec Holy Terror. A l'origine, cette bande-dessinée, entamée au lendemain des attaques contre le World Trade Center, devait relater la bataille entre Batman et un terroriste islamiste après un attentat contre Gotham City. Miller la présentait lui-même comme une "œuvre de propagande" dans laquelle Batman "bottait le cul d'Al-Qaida", tout comme Superman avait combattu avant lui Hitler. DC Comics ayant refusé de la publier, Miller a finalement renoncé au personnage de Batman et s'est résolu à produire son album chez un autre éditeur. La BD, dédiée à Théo Van Gogh, le réalisateur d'extrême-droite néerlandais assassiné par un musulman en 2004, a été jugée "islamophobe" par de nombreux critiques.
PROPAGANDE : LE RETOUR DU REFOULÉ
Cette obsession du choc des civilisations est également présente dans la série300, dont la quatrième de couverture propose ce résumé : "L'armée persane – si puissante que la terre tremble sous ses pieds – s'apprête à écraser la Grèce, île de raison et de liberté, dans une mer d'obscurantisme et de tyrannie. Entre laGrèce et cette vague destructrice, il y a un petit détachement d'à peine trois cents guerriers. Mais ces guerriers sont plus que des hommes... Ce sont des Spartiates."
L'adaptation au cinéma de cette série de comics en 2006 par Zack Znyder a suscité une vague d'indignation à Téhéran, les Iraniens se sentant insultés par l'image donnée de leurs ancêtres perses, "dépeints en meurtriers sauvages, sans âme et sans retenue", comme le raconte cet article du Figaro.
Une partie de la presse occidentale a elle aussi dénoncé un spectacle "belliqueux, raciste et inspiré d'une idéologie nauséabonde". "Pour une partie du public américain, ce film représente une revanche sur le 11-Septembre, une manière d'affirmer la supériorité des Etats-Unis sur les hordes islamiques qui menacent la civilisation", affirme le blog Nouvelles d'Orient du Monde Diplomatique.
Frank Miller se réclame fréquemment de la tradition propagandiste des comics, flagrante pendant la seconde guerre mondiale, pour justifier des choix narratifs de plus en plus binaires. Une régression idéologique et artistique difficile àcomprendre concernant celui qui reste l'un des plus grands novateurs du genre. Un retour à la caricature surprenant pour cet auteur qui n'a eu de cesse d'explorerl'ambiguïté de l'âme humaine, la frontière chancelante entre le bien et le mal et la part d'ombre des justiciers solitaires.
La première couverture de "Captain America".

La fin de la planète en 2100 ?


C'est la rumeur qui enflamme la Toile depuis plusieurs semaines : les écosystèmes de la planète pourraient connaître un effondrement total et irréversible d'ici 2100. A l'origine de cette prophétie apocalyptique, non une secte d'illuminés, un médium en manque de publicité ou le dernier blockbuster américain en vogue. Non, l'allégation est issue d'une étude de la très sérieuse revue Nature, référence parmi les publications scientifiques. La thèse ? L'environnement, sous l'effet des dégradations causées par l'homme, pourrait franchir un point de non-retour avant la fin du siècle.
Dans Approaching a state-shift in Earth’s biosphere, les auteurs, 22 chercheurs appartenant à une quinzaine d'institutions scientifiques internationales, alarment sur une perte de la biodiversité de plus en plus rapide et une accélération des changements climatiques.
Selon l'étude, presque la moitié des climats que nous connaissons aujourd'hui sur la Terre pourraient bientôt avoir disparu. Ils seraient ainsi remplacés, sur entre 12 % à 39 % de la surface du globe, par des conditions qui n'ont jamais été connues par les organismes vivants. Et ce changement s'effectuerait de manière brutale, empêchant les espèces et écosystèmes de s'y adapter.
Les bouleversements des milieux naturels ont toujours existé, rappelle l'étude, que ce soit à une échelle locale - au niveau des bassins ou des récifs coralliens par exemple -, régionale - il y a 5 500 ans, le Sahara était constitué de prairies fertiles - ou planétaire. La Terre a ainsi connu sept grandes crises : l'explosion cambrienne, il y a 540 millions d'années, les cinq extinctions massives qui ont anéanti pour certaines jusqu'à 90 % de la vie sur Terre et le passage de la dernière période glaciaire à notre époque, il y a 12 000 ans.
Mais alors que l'explosion cambrienne et le réchauffement de l'Holocène ont été déclenchés par des catastrophes naturelles, des changements dans la composition des océans et de l'intensité solaire, une nouvelle pression est aujourd'hui exercée sur les écosystèmes : celle de 7 milliards d'êtres humains - et 9 milliards en 2050.
"A l'époque où la planète est passée d'une période glaciaire à celle actuelle, interglaciaire, des changements biologiques des plus extrêmes sont apparus en seulement mille ans. A l'échelle de la Terre, c’est comme passer de l’état de bébé à l’âge adulte en moins d’une année. Le problème, c'est que la planète est en train de changer encore plus vite aujourd'hui", explique Arne Moers, co-autrice de l'étude et professeure en biodiversité à l'université Simon Fraser de Vancouver.
Et la chercheuse de poursuivre : "La planète ne possède pas la mémoire de son état précédent. Nous prenons un énorme risque à modifier le bilan radiatif de la Terre : faire basculer brutalement le système climatique vers un nouvel état d'équilibre auquel les écosystèmes et nos sociétés seront incapables de s'adapter. [...] Le prochain changement pourrait être extrêmement destructeur pour la planète. Une fois que le seuil critique sera dépassé, il n’y aura plus de possibilité de revenir en arrière."
D'après l'étude, ce seuil correspondrait à l'utilisation de 50 % des ressources terrestres. Or, aujourd'hui, 43 % des écosystèmes terrestres sont déjà utilisés pour subvenir aux besoins des hommes. Un tiers de l'eau douce disponible est par ailleurs détourné pour un usage humain. Les taux d'extinction des espèces sont à des sommets jamais atteints durant l'ensemble de l'évolution humaine - de 10 à 100 fois le rythme naturel d'extinction constaté par les scientifiques sur une période de 500 millions d'années, alors qu'il pourrait être bientôt 10 000 fois supérieur. Et les émissions de CO2 ont augmenté de 35 % depuis l'ère pré-industrielle du fait de la combustion d'énergies fossiles.
L'évolution de l'utilisation des sols au cours des siècles, alors que la population mondiale augmente :
"Au vu de ces éléments, on peut affirmer qu'un basculement est très plausible au cours du siècle prochain", assure Anthony Barnosky, paléobiologiste à l'université de Californie à Berkeley. Toutefois, d'importantes incertitudes demeurent : "Il s'agit de savoir si ce changement planétaire est inévitable et, si oui, dans combien de temps il surviendra."
Une prudence partagée par nombre de scientifiques qui ont lu l'étude. Pour Brad Cardinal, biologiste à l'université du Michigan, interrogé par le magazine américainWired, cette recherche est probante mais pas concluante : "Ce n’est pas la première fois qu’une étude du genre est publiée. Seul le temps nous permettra de savoir si ces résultats se vérifient ou pas." "Il faut se méfier de l’interprétation qui en est faite dans certains médias, selon lesquels la Terre pourrait ne pas atteindre le XXIIesiècle. La planète ne va pas disparaître avant 4 milliards d’années et elle restera habitable bien longtemps encore. Mais les dégradations en cours vont affecter nos conditions de vie", tempère de son côté le climatologue Jean-Pascal van Ypersele, vice-président du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) dans une interview au magazine belge Le Vif/L'Express.
Reste qu'un véritablement changement des modes de vie est nécessaire et urgent. Les 22 scientifiques de l'étude proposent aux gouvernements d'entreprendre quatre actions immédiates : diminuer radicalement la pression démographique ; concentrer les populations sur les zones enregistrant déjà de fortes densités afin de laisser les autres territoires tenter de retrouver des équilibres naturels ; ajuster les niveaux de vie des plus riches sur ceux des plus pauvres ; développer de nouvelles technologie permettant de produire et de distribuer de nouvelles ressources alimentaires sans consommer davantage de ressources.

Hollande change de discours vis-à-vis des entreprises


François Hollande lors de sa visite du centre de recherche de Valeo, vendredi, à La Verrière (Yvelines).
François Hollande lors de sa visite du centre de recherche de Valeo, vendredi, à La Verrière (Yvelines). Crédits photo : BERTRAND LANGLOIS/AFP

Visitant un centre de recherche de Valeo, le président a exprimé sa «confiance» et son «soutien».

Changement de ton au sommet de l'État. L'objectif est dorénavant de calmer le jeu avec les entreprises. Après Jean-Marc Ayrault, qui avait eu mardi un échange «constructif» avec le patron de PSA, Philippe Varin, François Hollande a joué à son tour l'apaisement, en visitant vendredi matin le centre de recherche de Valeo de La Verrière, dans les Yvelines. Alors que les plans sociaux se multiplient, le chef de l'État s'est montré louangeur et bienveillant à l'égard des entreprises qui, depuis plusieurs semaines, sont étrillées par le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, également du déplacement.
François Hollande, qui avait dénoncé le 14 Juillet «le mensonge» de PSA, a donc changé de ton, redoutant ce qu'un conseiller de Montebourg appelle «l'atterrissage». «Dans un moment difficile pour l'économie française, où il est demandé beaucoup aux entreprises, nous devons leur apporter notre confiance, notre soutien et saluer tous ceux qui contribuent au travail en France et pour la France», a-t-il déclaré. «Je voulais en venant ici, à La Verrière, pouvoir exprimer au nom de toute la République, de la France entière, notre confiance à l'égard des entreprises», a ajouté le chef de l'État.
Le lieu n'avait pas été choisi au hasard. L'équipementier automobile Valeo a connu d'importantes restructurations à la fin des années 2000. Mais offre désormais l'image d'un groupe en ordre de marche. «Chez nous, il n'y a vraiment plus de gras», glisse un dirigeant. Alors que le secteur rencontre d'importantes difficultés et que PSA s'apprête à supprimer 8000 emplois, Valeo a annoncé de bons résultats semestriels jeudi soir, mise sur la recherche et donne «la priorité aux véhicules de demain», économes en énergie, a souligné le chef de l'État. Bref, ce centre de recherche était le lieu idéal pour un «président rassembleur», soucieux de faire le service après-vente du plan automobile, d'offrir aux Français l'image d'une industrie tricolore qui ne serait pas qu'un champ de ruines et de démontrer que les patrons ne déméritent pas, ou pas tous.

«Nous n'avons pas besoin d'inventer des règles protectionnistes»

Sur place, le président a pu prendre la mesure des innovations sur lesquelles travaille l'équipementier: un véhicule sans conducteur capable de se garer grâce à une télécommande, des systèmes de chauffage et de climatisation économes en énergie. Sans compter ce phare composé de LED qu'il s'est vu offrir. «Vous avez sans doute voulu signifier que le président de la République était un phare qui devait éclairer l'avenir», a-t-il réagi en s'amusant. Et, plus sérieusement: «Ce que demandent les Français, c'est que le président fixe la direction.»
En retrait sur le dossier PSA et sur le plan automobile, silencieux depuis le 14 Juillet, Hollande est finalement monté au créneau. Non sans avoir beaucoup hésité sur la pertinence d'un éventuel déplacement et sur le choix de l'entreprise à visiter. «On parle souvent, trop souvent, des entreprises qui connaissent des difficultés», mais «nous devons aussi parler des entreprises françaises qui dégagent des résultats, qui exportent, innovent, entreprennent et permettent à la France de prendre de l'avance», a-t-il justifié vendredi, tout en faisant valoir que le gouvernement est «auprès des salariés d'Aulnay (…) pour faire en sorte que le plan puisse être renégocié».
À côté de François Hollande et du ministre et élu des Yvelines Benoît Hamon, Arnaud Montebourg est resté en retrait. Y compris lorsque le PDG, Jacques Aschenbroich, a affirmé que «Valeo est une entreprise française, bien sûr, mais une entreprise allemande en Allemagne, coréenne en Corée». Recadré lundi par Hollande, qui a lui demandé d'être «offensif» mais «pas agressif», le ministre a fait à La Verrière une plongée dans la mondialisation. Face à lui, le président a défendu le crédit impôt recherche, annonçant qu'il serait étendu aux PME innovantes, s'est très longuement exprimé sur la compétitivité, renvoyant au rapport confié à Louis Gallois et a mis un veto au protectionnisme. «Nous n'avons pas besoin d'inventer des règles protectionnistes», a-t-il dit. Le message est clair.
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