dimanche 11 mars 2012

Annan rencontre de nouveau Assad tandis que Idleb est la cible de bombardements


Kofi Annan et le grand mufti syrien Ahmed Hassun s'apprêtent à rencontrer Baschar Al-Assad ce dimanche. (Photo: AFP)
Kofi Annan et le grand mufti syrien Ahmed Hassun s'apprêtent à rencontrer Baschar Al-Assad ce dimanche. (Photo: AFP)

De violents combats entre armée et rebelles se déroulaient encore dimanche dans cette région montagneuse et frontalière de la Turquie, au lendemain d’une journée sanglante avec 90 morts à travers le pays, le jour même où M. Annan entamait sa mission à Damas.

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De violents combats entre armée et rebelles se déroulaient encore dimanche dans cette région montagneuse et frontalière de la Turquie, au lendemain d’une journée sanglante avec 90 morts à travers le pays, le jour même où M. Annan entamait sa mission à Damas.
En soirée, l’armée a pris d’assaut la ville d’Idleb, quelques heures à peine après que le président Assad a écarté, en présence de M. Annan, toute idée de dialogue avant l’élimination des «groupes terroristes», en référence à la rébellion.
Dimanche matin, le régime semblait toujours décidé à écraser cette rébellion, avec une offensive contre le district de Jisr al-Choughour dans la province d’Idleb, selon l’Observatoire syrien de l’Homme (OSDH). Trois soldats ont été tués dans de violents combats entre déserteurs et armée dans ce district où un civil a été également tué par les forces de sécurité.
Toujours dans la région d’Idleb, l’armée semblait prête à attaquer la région de Jabal al-Zaouia, où se concentre un très grand nombre de rebelles, d’après l’OSDH.
Depuis plusieurs jours, des troupes se massaient dans cette région, se préparant à une offensive semblable à celle lancée contre Baba Amr, quartier rebelle de Homs repris le 1er mars par l’armée après un mois de siège et de pilonnage meurtrier.
Les combattants déserteurs, faiblement armés et ne bénéficiant pas de soutien international à l’instar des ex-rebelles libyens, ont essuyé samedi de lourdes pertes -- 39 morts au total, en majorité dans la province d’Idleb. Dans tout le pays, les violences ont tué aussi 32 civils et 20 soldats, soit un total de 91 morts dans la journée.
Ignorant les appels à l’arrêt des violences, le président Assad a affirmé samedi que Damas était «prêt à faire réussir tout effort sincère pour trouver une solution», tout en prévenant que tout dialogue était voué à l’échec tant qu’il y aurait «des groupes terroristes oeuvrant pour semer le chaos».
M. Annan a exprimé sa «profonde préoccupation» face à la répression et a «pressé le président syrien de prendre des mesures concrètes pour mettre fin à la crise» en Syrie, où les violences ont fait plus de 8.500 morts en près d’un an de révolte.
Selon un communiqué de l’ONU, il a aussi fait des propositions à M. Assad concernant «la fin de la violence, un accès pour l’aide humanitaire et le Comité international de la Croix-Rouge, la libération de prisonniers et l’amorce d’un dialogue politique qui n’exclut personne».
M. Annan a également rencontré à Damas des opposants qui se sont dits prêts à un dialogue si le régime donnait des «signes de bonne volonté», en particulier la fin des violences. Dimanche, l’émissaire internationale a aussi rencontré les représentants des différentes communautés religieuses du pays.
La mission de M. Annan est compliquée en raison des divisions internationales entre le bloc Moscou-Pékin, alliés de Damas, et l’Occident et les Arabes, qui dénoncent la répression.
En outre, les autorités refusent de reconnaître l’ampleur de la contestation, et le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l’opposition, rejette tout dialogue avec M. Assad dont elle exige le départ.
Signe de la persistance des divisions, les ministres arabes des Affaires étrangères et leur homologue russe Sergueï Lavrov, ont appelé samedi au Caire à l’arrêt des violences d’où qu’elles viennent en Syrie, tout en mettant leurs divergences au grand jour.
Le Qatar, chef de fil des pays arabes critiques de Damas, a estimé qu’un cessez-le-feu serait insuffisant, dénonçant «un génocide systématique de la part du gouvernement syrien et appelant à nouveau à l’envoi de forces arabes et internationales en Syrie.
Mais Moscou maintient son refus de tout ingérence et souhaite renvoyer dos à dos le régime et les rebelles, ce que refuse l’Occident.
M. Annan doit quitter Damas dimanche pour Doha. Selon un diplomate turc, il doit aussi visiter prochainement les camps de réfugiés syriens à la frontière syro-turque.
Lundi, les chefs de la diplomatie américain, européens et russe célébreront siège des Nations unies à New York le Printemps arabe, mais la Syrie devrait dominer les débats qui s’annoncent conflictuels, selon des diplomates

Syrie: Bachar al-Assad a de nouveau reçu l'émissaire Kofi Annan

Le président syrien Bachar al-Assad a reçu  dimanche pour la deuxième fois l'émissaire international Kofi Annan, qui tente  de négocier un arrêt des violences, a constaté une journaliste de l'AFP. M. Annan, qui avait fait samedi des propositions à M. Assad sur la fin des  violences, un accès pour l'aide humanitaire, la libération de prisonniers et  l'amorce d'un dialogue avec l'opposition, doit s'exprimer devant des  journalistes après ce nouvel entretien.

Syrie : Annan présente des «propositions concrètes» à Assad


Publié le 11.03.2012, 13h35 | Mise à jour : 15h03
L'émissaire international Kofi Annan est à Damas pour tenter de négocier un arrêt des violences en Syrie.

L'émissaire international Kofi Annan est à Damas pour tenter de négocier un arrêt des violences en Syrie. | AFP/LOUAI BESHARA

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L'émissaire international , qui tente de négocier un arrêt des violences en Syrie, a été reçu dimanche pour la deuxième fois par le  syrien Bachar al-Assad. «J'ai présenté une série de propositions concrètes qui auraient un impact réel sur le terrain et aideraient à lancer un processus visant à mettre fin à cette crise», a indiqué Kofi Annan  à l'issue de l'entretien.  Il a affirmé que les discussions se sont centrées sur la nécessité «d'un arrêt immédiat des violences et des , d'un accès aux agences humanitaires et d'un dialogue».

«La réponse réaliste est (d'accepter) le changement et d'adopter des réformes qui jetteraient les bases solides d'une Syrie démocratique et d'une société pacifique, stable, pluraliste et prospère sur la base du droit et du respect des droits de l'Homme», a encore ajouté Kofi Annan.

Lors de leur première rencontre samedi, Bachar al-Assad avait affirmé que Damas était «prêt à faire réussir tout effort sincère pour trouver une solution». Il avait réaffirmé que tout dialogue était voué à l'échec tant qu'il y aurait «des groupes terroristes oeuvrant pour semer le chaos», terme qu'il utilise pour désigner les rebelles.

Dans le même temps, les forces gouvernementales menaient une offensive meurtrière contre la province rebelle d'Idleb.

VIDEO. Annan reçu samedi par Assad pour négocier un cessez-le-feu
LeParisien.fr 

Echange de vues entre Kofi Annan et Bachar el-Assad sur la crise syrienne

Le médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe, Kofi Annan, a rencontré le président syrien Bachar al-Assad samedi à Damas, la capitale syrienne, et les deux hommes ont eu un échange de vues sur la crise en cours en Syrie et les moyens d'y mettre fin.
M. Assad a déclaré que son pays était prêt à faire des efforts honnêtes pour résoudre les troubles dans le pays, a rapporté l'agence de presse d'Etat SANA.
Le président syrien a également dit à M. Annan qu'"il ne peut y avoir aucun dialogue politique concluant tant qu'il y a des groupes armés qui fomentent l'anarchie et déstabilisent le pays en ciblant les civils et les militaires et en endommageant les biens privés et publics".
De son côté, M. Annan s'est déclaré opposé à "toute ingérence étrangère dans les affaires syriennes" et s'est engagé "à travailler d'une manière juste, impartiale et indépendante" pour trouver une solution pacifique à la crise.
Selon un communiqué de l'ONU publié à l'issue de la réunion, M. Annan a aussi présenté plusieurs propositions visant à la cessation des violences, l'accès de l'aide humanitaire, la libération des manifestants incarcérés et le démarrage d'un dialogue politique ouvert à toutes les parties.
L'ancien chef de l'ONU a exprimé "ses profondes préoccupations concernant la situation en Syrie et a appelé le président à prendre des mesures concrètes pour mettre fin à la crise", indique le communiqué.
M. Annan a fait savoir que sa première entrevue avec le président syrien avait été "sincère" et que tous les sujets avaient été abordés.
Après sa rencontre avec M. Assad samedi, M. Annan s'est entretenu avec des dirigeants de l'opposition, des jeunes militants et des hommes d'affaires.
M. Annan doit avoir une seconde réunion avec le président syrien dimanche. Il partira ensuite pour Doha au Qatar, où il doit rencontrer des chefs de file de l'opposition actifs à l'extérieur du pays, a fait savoir le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.
Par ailleurs, samedi également, au Caire, les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe et leur homologue russe Sergueï Lavrov se sont rencontrés et sont tombés d'accord sur une proposition en cinq points pour résoudre la crise.
Figurent dans cette proposition les priorités énoncées vendredi par Ban Ki-moon, le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi et Kofi Annan, à savoir la fin immédiate des violences, le libre accès à l'aide humanitaire et le lancement d'un processus politique ouvert à toutes les parties.
La proposition ajoute qu'un mécanisme de contrôle neutre et le rejet de toute intervention étrangère sont également cruciaux pour résoudre pacifiquement la crise.

VIDEO. Syrie : 62 morts le jour de la visite de Kofi Annan


Ph.L. | Publié le 10.03.2012, 09h56 | Mise à jour : 22h45
L'armée syrienne bombardait violemment samedi la ville rebelle d'Idleb (nord-ouest), en prélude à un assaut d'envergure, et ce quelques heures avant la visite à Damas de l'émissaire internationational pour la Syrie, Kofi Annan, ont rapporté une ONG syrienne et des militants.

L'armée syrienne bombardait violemment samedi la ville rebelle d'Idleb (nord-ouest), en prélude à un assaut d'envergure, et ce quelques heures avant la visite à Damas de l'émissaire internationational pour la Syrie, Kofi Annan, ont rapporté une ONG syrienne et des militants. |AFP

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Au moment où l'émissaire international  était reçu à Damas pour tenter d'obtenir un cessez-le-feu, l'armée syrienne est repassée à l'offensive contre les insurgés. Les habitants de la ville d'Idleb, haut lieu de la contestation dans le nord-ouest du pays, se sont réveillés sous les bombes. Au , 62 personnes ont été tuées samedi à travers le pays.   Kofi Annan doit à nouveau rencontrer Bachar al-Assad dimanche.

La ville d'Idleb a subi dès l'aube les «bombardements les plus violents depuis l'envoi de renforts de troupes cette semaine», selon Rami Abdel Rahmane,  de l'OSDH. «Les forces du régime bombardent de l'extérieur de la ville, à partir de plusieurs axes», expliquait samedi matin Milad Fadl, militant local de la Commission générale de la révolution syrienne, estimant que l'opération visait à «faire plier la ville». «Trois immeubles se sont déjà effondrés dans la rue Thalathin, dans l'ouest de la ville», précisait-il. 

La province d'Idleb, bastion de l'ASL
Depuis plusieurs jours, des troupes se massaient dans cette province montagneuse et frontalière de la Turquie, faisant craindre aux militants une offensive similaire à celle qui a fait chuter Baba Amr, le quartier rebelle de Homs repris le 1er mars par l'armée après un mois de pilonnage sanglant. D'après les militants, le plus grand nombre de rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL) se concentre en effet dans la province d'Idleb, notamment dans le district de Jabal al-Zaouia, où un civil a été tué par des tirs des militaires. 

Les violences ont fait au total 62 morts, selon une ONG syrienne. Rami Abdel Rahmane fait état d'au moins 15 civils tués, de dizaines de blessés et de 150 arrestations à Idleb. Au moins 21 déserteurs et 19 soldats ont en outre été tués dans des combats dans la province d'Idleb. Sept autres civils ont péri dans d'autres localités du pays.

Ailleurs dans la province d'Idleb, 23 roquettes se sont abattues à Saraqeb, blessant quatre civils dont un grièvement. Seize rebelles ont été tués dans une embuscade près de Jisr al-Choughour alors qu'ils se dirigeaient vers Idleb pour combattre les forces régulières. Dans une opération séparée, quatre soldats ont été tués et trois blessés par un groupe de déserteurs dans les environs de Jisr al-Choughour. Cinq soldats ont été capturés, selon l'OSDH

A Homs, deux civils ont été tués par des roquettes dans les quartiers de Bab Dreib et Karm el-Loz, toujours selon l'OSDH. Dans la province de Damas, deux soldats et trois déserteurs ont été tués dans de violents combats entre soldats et déserteurs à Daraya, selon l'OSDH. Un civil a été tué par des tirs à l'arrivée de renforts. A Douma, un civil a été tué par des tirs des troupes. 

Annan exprime sa «profonde préoccupation» à Assad
A Damas, le président syrien Bachar al-Assad a affirmé samedi en recevant Kofi Annan que «la Syrie est prête à faire réussir tout effort sincère pour trouver une solution». Mais, a-t-il averti, «tout dialogue ou processus politique ne peut réussir tant qu'il y a des groupes terroristes qui oeuvrent pour semer le chaos et la déstabilisation en s'attaquant aux civils et aux militaires». Depuis le début de la révolte à la mi-mars 2011, les autorités attribuent les violences à des groupes terroristes, manipulés selon elles par l'étranger. 
Kofi Annan a fait part de sa «profonde préoccupation» au président syrien à propos de la sanglante répression du mouvement de contestation. Selon les Nations unies, l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe a fait «plusieurs propositions» pour mettre un terme aux violences. Ces propositions concernent «la fin de la violence, un accès pour l'aide humanitaire et le Comité international de la Croix-Rouge, la libération de prisonniers et l'amorce d'un dialogue politique qui ne laisse personne de côté». L'ONU n'a toutefois fourni aucun détail quant à ces propositions. 
Au Caire, samedi, les ministres russe et arabes des Affaires étrangères ont appelé à la fin de la violence en Syrie «d'où qu'elle vienne». Ils refusent toute intervention étrangère, appellent à la mise en place d'«un mécanisme de supervision impartial» et à autoriser l'arrivée de l'aide humanitaire sans entraves, selon un communiqué conjoint.


VIDEO. Annan reçu par Assad pour négocier un cessez-le-feu
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