samedi 28 juillet 2012

Syrie: le coeur du pouvoir frappé


Devant la place al-Rawda à Damas ce mercredi. Le quartier a été bouclé apres l'attentat au siège de la Sécurité nationale.
Un attentat suicide dans le bâtiment de la Sécurité nationale à Damas a tué le ministre de la Défense, et plusieurs hauts responsables du régime.
L’attentat a été revendiqué à la fois par l'Armée syrienne libre, formée de déserteurs et de civils armés, et par un groupe jihadiste appelé Seigneur de la Brigade des Martyrs.
Parmi les morts confirmés: le ministre syrien de la Défense, Daoud Rajha, ainsi que le beau-frère du président Bachar-el Assad, Assef Chawkat, un des principaux responsables de la sécurité en Syrie.
Le général Hassan Turkméni, chef de la cellule de crise mise en place pour mater la révolte en Syrie, aurait également été tué.
D’aprés l’AFP, l’attentat a été mené par un kamikaze qui a actionné sa ceinture d'explosifs dans la salle où se réunissaient des hauts responsables de la sûreté de l’Etat syrien.
Le bâtiment est en principe ultra-protégé.
La quartier de Rawda, où se trouve l'édifice, a été entièrement bouclé.

Quelques heures après l’attentat, plusieurs explosions ont été signalées proche d’une caserne de la garde présidentielle.

Un tournant

Les réactions se sont multipliées.
Selon les ministres américain et britannique de la Défense, la situation en Syrie
"devient incontrôlable" .
Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, a condamné le "terrorisme".
La Russie condamne l'attentat "odieux"et souhaite que ses auteurs soient "identifiés et punis"
Cet attentat pourrait marquer un tournant symbolique de la révolution contre le régime de Bachar-el Assad.
Le fait qu’un individu ait pu perpétrer une telle attaque en dit long sur la capacité du gouvernement à protéger ses propres membres, et soulève des interrogations sur les capacités plus générale de l’ ”état sécuritaire” syrien.
Alors que les désertions continuent dans l’armée, de nombreux analystes estiment que l’effondrement du régime est désormais inévitable, même si on ignore quand interviendra cet effondrement, et dans quelles conditions.

Vote à l'ONU

Sur le front diplomatique, les responsables de l’ONU tentent de persuader en vain la Chine et la Russie de donner leur accord à des sanctions plus sévères à l’encontre de la Syrie, avant le vote au Conseil de sécurité.
Kofi Annan, le médiateur international, a rencontré hier à Moscou le président russe Vladimir Poutine.
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a rencontré aujourd’hui à Pékin le président chinois Hu Jintao.
Un vote est attendu à New York mercredi après-midi.
Les pays occidentaux souhaitent une nouvelle résolution menaçant la Syrie de sanctions, et donnant au régime syrien 10 jours pour retirer ses armes lourdes des villes et rentrer les soldats dans leurs casernes. La Russie, fidèle alliée de Bachar al-Assad, résiste à tout renforcement des pressions sur la Syrie.
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