dimanche 29 juillet 2012

Royal dément les propos sur les origines de Belkacem


Najat Vallaud-Belkacem et Ségolène Royal le 31 mai 2007 à Lyon.
Najat Vallaud-Belkacem et Ségolène Royal le 31 mai 2007 à Lyon. Crédits photo : PHILIPPE MERLE/AFP

L'ex-candidate à la présidentielle affirme «ne pas se reconnaître» dans les propos qui lui sont attribués dans Le Point. La ministre des Droits des femmes s'est elle-même fendu samedi d'un tweet de soutien.

Najat Vallaud-Belkacem ne «serait peut-être pas là» si elle s'appelait «Claudine Dupont». En retrait depuis sa défaite aux législatives, Ségolène Royal ne mâche pas ses mots lors de ses rares interventions. Dans un portrait de la ministre des Droits des femmes paru jeudi dans Le Point, l'ex-candidate socialiste à la présidentielle de 2007 reconnaît l'avoir promue dans son équipe du fait de ses origines.
«J'ai toujours voulu des ouvriers, des exclus, des jeunes issus de la diversité autour de moi», explique la présidente de la région Poitou-Charentes. Najat Vallaud-Belkacem, qui est née au Maroc en 1977, a été l'une de ses porte-parole pendant la campagne présidentielle de 2007 et lors de la primaire PS fin 2011. Elle doit «accepter d'être là pour ça», poursuit Ségolène Royal. Qui ajoute: «Elle doit assumer son identité et en être fière.»
Dans la soirée de vendredi, Ségolène Royal a affirmé dans un communiqué qu'elle «ne se reconnaît pas dans les propos réducteurs que lui prête le journal Le Point à propos de Najat Vallaud-Belkacem et qui aboutissent à lui faire dire le contraire de ce qu'elle a toujours affirmé». Ségolène Royal, poursuit le texte, «a, depuis 2007, toujours mis en avant Najat Vallaud-Belkacem, à la fois pour son talent et son histoire et elle se réjouit des responsabilités qui lui sont confiées aujourd'hui et qui sont pleinement méritées». «Stop les vaines polémiques, la seule Ségolène Royal que je connais est là», a déclaré samedi Najat Vallaud-Belkacem elle-même, dans un message posté sur Twitter et renvoyant vers le démenti de son ex-mentor.

Des propos «méprisants, déplacés et discriminatoires»

Mais l'interview au Point avait déjà déclenché des réactions en série, notamment sur Twitter. Premier politique à réagir: le vice-président du FN, Florian Philippot. Sur son compte, on a pu lire: «Ces propos de Royal montrent que le PS adore l'immigration massive, mais déteste l'assimilation.»

Le parti frontiste a enfoncé le clou dans un communiqué, en fustigeant «le rapport malsain qu'entretient la gauche avec l'immigration». La déclaration de Royal prouve, selon le FN,que, pour le PS, «l'immigré reste à jamais l'immigré, à qui on ouvrira les portes d'une discrimination positive dotée de toutes les vertus». Le parti d'extrême-droite propose au contraire de combattre «la discrimination positive au bénéfice de la méritocratie».
La présidente de l'association féministe Ni Putes Ni Soumises, Asma Guenifi, a pour sa part jugé les propos de Ségolène Royal «méprisants, déplacés et discriminatoires». «Selon l'ancienne candidate à la présidence si l'on s'appelle Najat, Karima ou Abdel, et que l'on est promu à un poste à responsabilité, ce n'est pas dû à la compétence mais à l'origine et au nom que l'on porte», est-il écrit. «Asma Guenifi dénonce la tentative de Ségolène Royal (de) réduire Najat Vallaud-Belkacem à son origine et non à sa compétence.»
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