jeudi 26 juillet 2012

Naturalisation: Guéant répond vertement à Valls

Le ton monte d'un cran entre le ministre de l'Intérieur et son prédécesseur. Claude Guéant critique vertement les nouveaux critères de naturalisation que veut introduire Manuel Valls, ce jeudi, après que celui a affiché son intention de se démarquer de lui.
Naturalisation: Guéant répond vertement à Valls
NATURALISATION - Le ministre de l'Intérieur Claude Guéant répond à son successeur Manuel Valls dans une interview accordée au Figaro.
afp.com/Boris Horvat
Manuel Valls "va porter atteinte à la cohésion sociale". Claude Guéant ne mâche pas ses mots à l'égard de celui qui lui a succédé au poste de ministre de l'Intérieur. Dans un entretien au Figaro daté de vendredi, il critique vertement les nouveaux critères de naturalisation que veut introduire son successeur Manuel Valls.
"Le texte que prépare le ministre aura à l'évidence pour conséquence de créer des droits pour des personnes qui ont violé la loi, ce qui pose problème, il indique qu'un des critères pourrait être celui de la scolarisation des enfants, or tous les enfants étrangers, quelle que soit la régularité du séjour de leurs parents, sont accueillis dans nos écoles", estime notamment Claude Guéant.
"Cela signifie qu'il suffirait d'avoir des enfants pour avoir un droit définitif au séjour. Manuel Valls dit aussi que le fait de travailler clandestinement pourrait donner droit au séjour. Autant dire que plus on est irrégulier, plus on enfreint la loi, plus on aurait droit au séjour. Je laisse les Français juger", ajoute l'ancien ministre de l'Intérieur.
Indiquant que les personnes issues de l'immigration votent à 75 % pour la gauche, "la nouvelle clientèle électorale à cultiver pour le PS doit désormais être celle des personnes issues de l'immigration" ajoute Claude Guéant, qui conclut: "Favoriser une immigration incontrôlée pour des motifs politiciens présente de grands dangers pour la cohésion sociale et pour la préservation des valeurs de la République".

Ce que Manuel Valls compte faire

Devant la commission des Lois du Sénat, Manuel Valls s'est démarqué mercredi de son prédécesseur Claude Guéant, annonçant sa décision de ne pas appliquer les nouveaux critères de naturalisation et de mettre fin au pouvoir discrétionnaire de l'administration en matière de régularisations.
Il a affiché son intention de "revenir sur les critères introduits subrepticement par mon prédécesseur", souhaitant faire de la nationalité "un moteur de l'intégration et non le résultat d'une course d'obstacles aléatoire et discriminante". Manuel Valls a évoqué notamment le test concernant la connaissance de la culture et de l'histoire de la France, qui devait rentrer en application le 1er juillet. "Des ministres et des sénateurs auraient du mal à y répondre tellement il est hors des clous", a plaidé le ministre.
Il a évoqué une "politique délibérée" du précédent gouvernement "d'exclure de la nationalité des gens méritants et ne posant aucune difficulté". Résultat: "le nombre de naturalisations est en chute libre"."Le défi de l'immigration sera relevé si la naturalisation n'est plus vécue, ou perçue, comme la fin d'un parcours du combattant, mais comme l'issue d'un processus d'intégration qui a sa part d'exigences", a plaidé Manuel Valls, se défendant par ailleurs d'être "naïf" ou "angélique".
>> Lire aussi: Sur la question des Roms, Valls ne tourne pas tout à fait la page Sarkozy
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