samedi 28 juillet 2012

Le sénateur UMP et la justice à deux vitesses

8 ans...C'est le temps qu'il aura fallu pour mettre en examen le sénateur UMP François Grosdidier, pour détournement de biens publics et prise illégale d'intérêts. Pour notre blogueuse associée, Lait D'beu, la justice à deux vitesses est toujours une réalité


(François Grosdidier en 2008-POL EMILE/SIPA)
(François Grosdidier en 2008-POL EMILE/SIPA)
François Grosdidier n'a pas souffert des méfaits d'une justice expéditive. C’est bien le moins que l’on puisse en dire ! Un petit délinquant passerait immédiatement en comparution directe pour quelques broutilles – je ne défends nullement ceux qui commettent des agressions et autres actes graves – et peut-être embastillé sans avoir le temps de dire ouf, selon l’humeur du procureur ou du juge. On ne dira jamais assez l’effet d’une mauvaise digestion, sans même parler de l’avocat commis d’office qui n’a pas eu le temps d’étudier suffisamment le dossier. Justice d’abattage.

En dix lignes le flash cueilli sur Europe 1 nous apprend beaucoup sur la mise en examen de l’UMP Grosdidier pour corruption. Le sénateur-maire (UMP) de Woippy en Moselle a en effet été mis en examen ce même jour pour « détournement de biens publics » et « prise illégale d’intérêts » par un juge d’instruction de Metz. Or, cette mise en examen interviendrait selon une source proche du dossier dans le cadre « d’une plainte déposée il y a… 8 ans » par Laurence Burg, conseillère municipale d’opposition à Woippy qui dénoncerait « un système de dépenses injustifiées » et de « petits arrangements entre amis » : usage privé de voitures de service de la mairie, subventions allouées à des associations proches de certains adjoints, siège de la permanence parlementaire de François Grosdidier dans les locaux de la mairie...

Il appartient désormais à la justice de se prononcer sur la réalité et le sérieux des faits reprochés sans nullement préjuger de la culpabilité de François Grosdidier. Mais avouez quand même qu’il est plutôt surprenant qu’il eût fallu attendre 8 ans – les présidences successives de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy – pour que cette plainte aboutisse devant un juge d’instruction. L’on parlait sous l’Ancien Régime de « justice retenue » s’agissant des affaires qui échappaient à leurs juges naturels pour être examinées par le Roi, son Conseil ou quelque chambre ad hoc. En Chiraquie ou Sarkozie, les procureurs suffisaient.
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