samedi 28 juillet 2012

Hollande change de discours vis-à-vis des entreprises


François Hollande lors de sa visite du centre de recherche de Valeo, vendredi, à La Verrière (Yvelines).
François Hollande lors de sa visite du centre de recherche de Valeo, vendredi, à La Verrière (Yvelines). Crédits photo : BERTRAND LANGLOIS/AFP

Visitant un centre de recherche de Valeo, le président a exprimé sa «confiance» et son «soutien».

Changement de ton au sommet de l'État. L'objectif est dorénavant de calmer le jeu avec les entreprises. Après Jean-Marc Ayrault, qui avait eu mardi un échange «constructif» avec le patron de PSA, Philippe Varin, François Hollande a joué à son tour l'apaisement, en visitant vendredi matin le centre de recherche de Valeo de La Verrière, dans les Yvelines. Alors que les plans sociaux se multiplient, le chef de l'État s'est montré louangeur et bienveillant à l'égard des entreprises qui, depuis plusieurs semaines, sont étrillées par le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, également du déplacement.
François Hollande, qui avait dénoncé le 14 Juillet «le mensonge» de PSA, a donc changé de ton, redoutant ce qu'un conseiller de Montebourg appelle «l'atterrissage». «Dans un moment difficile pour l'économie française, où il est demandé beaucoup aux entreprises, nous devons leur apporter notre confiance, notre soutien et saluer tous ceux qui contribuent au travail en France et pour la France», a-t-il déclaré. «Je voulais en venant ici, à La Verrière, pouvoir exprimer au nom de toute la République, de la France entière, notre confiance à l'égard des entreprises», a ajouté le chef de l'État.
Le lieu n'avait pas été choisi au hasard. L'équipementier automobile Valeo a connu d'importantes restructurations à la fin des années 2000. Mais offre désormais l'image d'un groupe en ordre de marche. «Chez nous, il n'y a vraiment plus de gras», glisse un dirigeant. Alors que le secteur rencontre d'importantes difficultés et que PSA s'apprête à supprimer 8000 emplois, Valeo a annoncé de bons résultats semestriels jeudi soir, mise sur la recherche et donne «la priorité aux véhicules de demain», économes en énergie, a souligné le chef de l'État. Bref, ce centre de recherche était le lieu idéal pour un «président rassembleur», soucieux de faire le service après-vente du plan automobile, d'offrir aux Français l'image d'une industrie tricolore qui ne serait pas qu'un champ de ruines et de démontrer que les patrons ne déméritent pas, ou pas tous.

«Nous n'avons pas besoin d'inventer des règles protectionnistes»

Sur place, le président a pu prendre la mesure des innovations sur lesquelles travaille l'équipementier: un véhicule sans conducteur capable de se garer grâce à une télécommande, des systèmes de chauffage et de climatisation économes en énergie. Sans compter ce phare composé de LED qu'il s'est vu offrir. «Vous avez sans doute voulu signifier que le président de la République était un phare qui devait éclairer l'avenir», a-t-il réagi en s'amusant. Et, plus sérieusement: «Ce que demandent les Français, c'est que le président fixe la direction.»
En retrait sur le dossier PSA et sur le plan automobile, silencieux depuis le 14 Juillet, Hollande est finalement monté au créneau. Non sans avoir beaucoup hésité sur la pertinence d'un éventuel déplacement et sur le choix de l'entreprise à visiter. «On parle souvent, trop souvent, des entreprises qui connaissent des difficultés», mais «nous devons aussi parler des entreprises françaises qui dégagent des résultats, qui exportent, innovent, entreprennent et permettent à la France de prendre de l'avance», a-t-il justifié vendredi, tout en faisant valoir que le gouvernement est «auprès des salariés d'Aulnay (…) pour faire en sorte que le plan puisse être renégocié».
À côté de François Hollande et du ministre et élu des Yvelines Benoît Hamon, Arnaud Montebourg est resté en retrait. Y compris lorsque le PDG, Jacques Aschenbroich, a affirmé que «Valeo est une entreprise française, bien sûr, mais une entreprise allemande en Allemagne, coréenne en Corée». Recadré lundi par Hollande, qui a lui demandé d'être «offensif» mais «pas agressif», le ministre a fait à La Verrière une plongée dans la mondialisation. Face à lui, le président a défendu le crédit impôt recherche, annonçant qu'il serait étendu aux PME innovantes, s'est très longuement exprimé sur la compétitivité, renvoyant au rapport confié à Louis Gallois et a mis un veto au protectionnisme. «Nous n'avons pas besoin d'inventer des règles protectionnistes», a-t-il dit. Le message est clair.
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