samedi 28 juillet 2012

Deux tiers des leaders politiques sont sur Twitter


Les participants du dernier G20 à Los Cabos (Mexique), le 18 juin 2012.
Les participants du dernier G20 à Los Cabos (Mexique), le 18 juin 2012. Crédits photo : JEWEL SAMAD/AFP

Alors qu'ils sont très connectés via le réseau social, la moitié des dirigeants mondiaux ne suivent pas leurs pairs. Certains ne tweetent pas quand d'autres redoublent d'activité au moment des élections.

Les grands de ce monde sont sur la Toile. Deux tiers des dirigeants politiques ont un compte Twitter, révèle «Twiplomacy», la première étude, réalisée par le cabinet-conseil Burson-Marsteller, portant sur la présence dans 125 pays des chefs d'État et de gouvernement sur le célèbre réseau social.
Parmi les bons élèves, 16 des dirigeants du G20 (à l'exception de la Chine, de l'Arabie saoudite, de l'Indonésie et de l'Italie) utilisent de façon régulière Twitter. À titre d'exemple, le compte du premier ministre indien, Manmohan Singh, est très actif avec une moyenne de 3,9 tweets par jour.
L'étude révèle également qu'en Amérique du Nord et du Sud, 80 % des dirigeants sont actifs sur Twitter. 34% des leaders mondiaux tweetent d'ailleurs en anglais et 15% en espagnol, selon l'enquête. Et au palmarès des chefs d'État les plus suivis sur Twitter, c'est le président américain qui rafle la première place du podium. Avec plus de 17 millions d'abonnés, Barack Obama est également le président le plus suivi par les leaders mondiaux, un quart d'entre eux précisément.

François Hollande ne tweete plus depuis son élection

Les six autres comptes les plus scrutés par les dirigeants politiques sont, par ordre décroissant, la Maison-BlancheDowning Street, ainsi que le premier ministre canadien Stephen Harper, le président sortant du Mexique Felipe Calderon, la présidente brésilienne Dilma Rousseff et le Palais de l'Élysée.
Ultraconnectés, les chefs d'État se suivent pourtant peu entre eux. Barack Obama, par exemple, ne suit que deux leaders mondiaux, le premier ministre norvégien Jens Stoltenberg et le Russe Dmitri Medvedev. Le président russe Vladimir Poutine (51.000 abonnés) et le premier ministre de Singapour Lee (12.000 abonnés) ne suivent, eux, aucun autre compte Twitter. «En réalité, les chefs d'État utilisent avant tout Twitter pour relayer des informations quasi exclusivement institutionnelles, par exemple leurs discours ou leurs activités, à destination de leurs administrés. Ils comptent également sur les leaders d'opinion, comme les journalistes, pour diffuser leur actualité», analyse Terence Zakka, directeur du pôle Web au sein de Bygmalion.
Twitter est d'abord pour eux un moyen de communication à moindre coût utilisé le plus souvent par «opportunisme», explique-t-il. Lors des campagnes électorales notamment, les comptes Twitter de politiques fleurissent sur la Toile. Mais une fois élus, les dirigeants se font plus discrets sur le réseau social, voire n'alimentent plus leur compte. Dernier exemple en date, François Hollande, qui n'est plus actif sur Twitter depuis son élection à la présidentielle. Même constat pour la présidente brésilienne Dilma Rousseffqui a laissé tomber ses abonnés depuis sa prise de fonction, le 1er janvier 2011.

Paul Kagame répond personnellement à ses abonnés

«Seule une poignée de politiques utilisent le site de micro-blogging pour tisser un véritable lien de proximité avec les citoyens», précise Terence Zakka. Et pour cause, parmi les 264 comptes de leaders politiques analysés par l'étude, seulement 30 dirigeants tweetent eux-mêmes. La majorité des communications sont en effet le plus souvent faites par les équipes des dirigeants politiques, comme c'est le cas pour le compte de Barack Obama, géré par son personnel de campagne.
Parmi les quelques exceptions à la règle, on recense le premier ministre ougandais Mbabazi et le président rwandais Paul Kagame qui sont les dirigeants les plus impliqués dans les conversations sur Twitter. Le président du Rwanda est un fervent utilisateur du service de micro-blogging. Il répond personnellement à ses citoyens et à tous ceux qui veulent discuter des questions africaines avec lui. En Australie, c'est le premier ministre Julia Gillard qui tweete également tous les jours en signant avec ses initiales «JG».
Quant à ceux qui ont décidé de ne pas s'inscrire sur le réseau social? «Le caractère explosif du réseau refroidit certains politiques. Éric Besson, l'ex-ministre de l'Industrie qui avait été raillé après avoir envoyé par erreur un tweet personnel qui s'était diffusé à grande échelle sur le réseau social, en a fait les frais», tranche Terence Zakka.
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