mercredi 4 avril 2012

La junte au pouvoir au Mali dénonce des violations des droits de l'homme dans le Nord



Des soldats de la junte près de Bamako, le 3 avril 2012.
Des soldats de la junte près de Bamako, le 3 avril 2012.
Reuters/Luc Gnago

Par RFI
Situation toujours confuse au Mali notamment dans le nord du pays contrôlé par les rebelles touaregs et les islamistes. La junte au pouvoir à Bamako a dénoncé ce mercredi 4 avril des cas de violations des droits de l'homme. L'Union européenne réclame un cessez le feu immédiat.

La junte militaire au pouvoir à Bamako dénonce de « graves violations des droits de l'homme » dans le nord du Mali, depuis « l'invasion des combattants MNLA (rébellion touarègue), Ansar Dine (groupe islamiste) et Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique) ». Des femmes et des filles sont enlevées puis violées, selon les putschistes.
La communauté internationale est inquiète pour les populations du Nord, singulièrement celles de Gao, dans cette partie du Sahel sous contrôle des rebelles touaregs et des groupes islamistes qui ont pris le contrôle de Kidal, Gao et Tombouctou. Ces trois villes ont été prises en fin de semaine sans rencontrer de résistance de la part d'une armée malienne sous-équipée et désorganisée. De fait, le pays est aujourd'hui coupé en deux.
La zone nord est totalement isolée, inaccessible à la presse et aux organisations internationales. Mais de nombreux habitants interrogés au téléphone depuis Bamako ont fait état de saccages à Gao et à Tombouctou. Ces pillages ont visé en particulier des bâtiments publics, des locaux et entrepôts d'ONG internationales.
Kidal - dont le chef d'Ansar Dine, Iyad Ag Ghaly, est originaire - a été épargnée. La raison principale en est que ce sont essentiellement les combattants d'Ansar Dine qui ont pris la ville, et non plusieurs groupes rivaux, selon un observateur.
Dans la ville historique de Tombouctou, les hommes d'Ansar Dine, appuyés par des éléments d'Aqmi, ont pris le dessus sur le MNLA et mis fin aux pillages, annonçant vouloir appliquer la charia.
A Gao, trois groupes distincts se partagent le contrôle de l'agglomération, selon un député local, Abdou Sidibé. Le MNLA tient le camp militaire en périphérie. Le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), un groupe dissident d'Aqmi dirigé essentiellement par des Maliens et des Mauritaniens, contrôle le camp en centre-ville et deux quartiers voisins avec Ansar Dine. Il y a enfin les trafiquants et autres groupes criminels plus ou moins bien identifiés.
La montée en puissance de ces groupes jihadistes inquiète la communauté internationale, la France en tête, qui veut mobiliser contre le « péril islamiste » au Sahel et contre Aqmi, à la fois au niveau régional et au Conseil de sécurité de l'ONU, selon le chef de la diplomatie française Alain Juppé.
L'Union européenne de son coté a appelé mercredi à un « cessez-le-feu immédiat » dans le nord du Mali, où la situation en particulier à Tombouctou est « source de grande inquiétude ».
A Bamako, la junte militaire, sous embargo des pays d'Afrique de l'Ouest, continuait mercredi d'essayer de négocier des modalités d'une sortie de crise. Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Djibril Bassolé, est arrivé dans la capitale pour remettre au chef de la junte un message du médiateur ouest-africain, le président burkinabè Blaise Compaoré.
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