mardi 20 mars 2012

Tuerie de Toulouse: les politiques font front commun mais les critiques pointent


Les prétendants à l'Elysée ont multiplié mardi les appels à l'unité au lendemain de la tuerie de Toulouse mais cette trêve a été remise en cause par de premières critiques visant les responsables politiques qui "montrent du doigt" ou "attisent les passions". | Eric Feferberg

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Les prétendants à l'Elysée ont multiplié mardi les appels à l'unité au lendemain de la tuerie de Toulouse mais cette trêve a été remise en cause par de premières critiques visant les responsables  qui "montrent du doigt" ou "attisent les passions".
Rassemblée lundi soir dans l'hommage et la réprobation dans une synagogue parisienne, la classe politique s'est à nouveau retrouvée mardi à 11h00 pour observer, dans des écoles ou ailleurs, une minute de silence à la mémoire des quatre victimes, dont trois enfants, abattues devant le collège-lycée juif Ozar Hatorah par le "tueur au scooter". 

 s'est associé à cette cérémonie, à , au collège François-Couperin (IVe): "Ca s'est passé à Toulouse, dans une école confessionnelle, avec des enfants de familles juives, mais ça aurait pu se passer ici", a-t-il déclaré, évoquant "un sujet grave, tellement grave que c'est toute la République qui doit être concernée".
D'autres candidats à l'élection présidentielle ont observé cette minute de silence, notamment le socialiste François Hollande, qui s'est invité dans une école du Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis).
M. Sarkozy devait ensuite recevoir à l'Elysée, à 12h15, les représentants des communautés juive et musulmane de France. Une réunion commune "pour qu'ensemble nous disions que c'est toute la République qui est à leurs côtés pour que chacun puisse vivre sa foi et sa différence dans le cadre de la République", a-t-il expliqué lundi.
Dans la foulée, les candidats ont multiplié mardi les appels à l'unité et au rassemblement autour des valeurs de la République.
M. Hollande a lancé mardi un nouvel appel à "l'union nationale" après le drame, affirmant: "Lorsqu'il y a un acte raciste, antisémite (...) nous devons nous rassembler dans ces moments-là pour montrer qu'il n'y a pas de place pour les doutes, les suspicions".
Après Nicolas Sarkozy, qui a suspendu dès lundi soir ses activités de candidat, jusqu'à "au moins mercredi", et les obsèques à Montauban des parachutistes assassinés par le "tueur au scooter", d'autres prétendants de la course à l'Elysée, comme M. Hollande et la candidate écologiste Eva Joly, ont mis eux aussi leur campagne en veille mardi. Le candidat du PS a annoncé qu'il se rendrait lui aussi à Montauban mercredi.
Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) a décidé lui, comme François Bayrou, de poursuivre sa campagne, en expliquant qu'il s'agissait "d'un acte de résistance".
Malgré ce front commun, exceptionnel à un mois du premier tour de la présidentielle, le débat politique a commencé à reprendre ses droits, même si chacun s'est appliqué à récuser toute "récupération" du drame de Toulouse.
Dès lundi soir, M. Bayrou, le candidat MoDem, l'a relancé en jugeant que la tuerie de Toulouse trouvait ses racines "dans l'état d'une société" malade de ses divisions et, surtout, en accusant les responsables politiques qui "montrent du doigt" en fonction "des origines" et font "flamber les passions".
"Les hommes publics ont le devoir de veiller à ce que les tensions, les passions, les haines ne soient pas à chaque instant entretenues", a-t-il dit. M. Bayrou n'a publiquement visé personne mais a confié à la presse avoir en tête le discours de Grenoble, dans lequel Nicolas Sarkozy avait établi en 2010 un lien entre délinquance et immigration.
M. Hollande l'a suivi mardi sur le même thème. "Il y a des mots qui influencent, qui pénètrent, qui libèrent, ceux qui ont des responsabilités doivent maîtriser leur vocabulaire", a-t-il relevé, "au sommet de l'Etat, rien ne peut être toléré, rien".
Le candidat PS, qui s'est fixé pour devoir de faire en sorte que "tous les Français se sentent citoyens de France", n'a cité aucun nom.
Mais ses propos peuvent aussi bien viser Marine Le Pen (Front national) que Nicolas Sarkozy, qui a annoncé son intention de diviser par deux le nombre des immigrés accueillis chaque année en France et de durcir les conditions du regroupement familial des travailleurs étrangers.
Interrogé sur les accusations de M. Bayrou, le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, a lancé: "n'ajoutons pas l'ignoble à l'horrible, n'essayons pas de tirer parti dans un sens".
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