mardi 20 mars 2012

Toulouse : les ex-paras néonazis mis hors de cause


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Minute de silence au collège Anne-Frank, à Lambersart, dans le nord de la France.
Minute de silence au collège Anne-Frank, à Lambersart, dans le nord de la France.Crédits photo : Michel Spingler/AP

LES FAITS - La police écarte la piste de trois militaires renvoyés de leur régiment pour activités néonazies. Alain Juppé accompagnera mardi soir les corps des quatre victimes jusqu'en Israël.

L'identité du tueur toujours inconnue, la piste des ex-paras néo-nazis écartée

«Nous ne savons pas» qui est le tueur. Ce matin sur Europe 1, le ministre de l'Intérieur Claude Guéant a assuré que les enquêteurs n'étaient «sont pas plus avancés que cela» sur l'identité de l'homme qui a tué les trois enfants et le professeur. Ce tueur, qui a fui à scooter, est désormais l'homme le plus recherché du pays. Il est soupçonné d'être aussi le meurtrier de trois militaires depuis le 11 mars dans la région.
Une piste, en tout cas, est écartée: celle des trois militaires français renvoyés de leur régiment en 2008 pour activités néonazies. «Deux d'entre eux ont été entendus cette nuit par les enquêteurs et mis hors de cause», a déclaré une souce policière à Reuters. Le troisième avait été entendu la semaine dernière et déjà mis hors de cause après le meurtre des trois parachutistes.
Claude Guéant a indiqué qu'un témoin avait vu «une petite caméra autour du cou du tueur». Le ministre a décrit un «appareil de vue qui se place sur la poitrine (…) ajusté par des sangles». Selon lui, «c'est un élément supplémentaire qui va aider à définir le profil du tueur et qui ajoute à la cruauté» du crime.
Pour retrouver cet assassin à la froideur et à la détermination inouïes, Nicolas Sarkozy a annoncé le déclenchement, pour la première fois en France, d'un plan Vigipirate de «couleur écarlate», son plus haut degré, en Midi-Pyrénées et dans deux départements limitrophes. Quatorze unités de CRS et de gendarmes mobiles sécuriseront la région et «des gardes statiques» seront mises en place «devant tous les lieux de culte juifs et musulmans, devant toutes les écoles confessionnelles», a indiqué le chef de l'État. La préfecture du Lot-et-Garonne a en outre annoncé mardi la mise en place du plan Vigipirate «écarlate» dans ce département limitrophe de la région Midi-Pyrénées.
La veille, Nicolas Sarkozy avait assuré le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou de sa «totale détermination» à interpeller l'auteur de la tuerie, dans un courrier rendu public mardi.

Alain Juppé accompagnera les dépouilles transportées en Israël

Les dépouilles des trois enfants et du rabbin ont quitté mardi l'école de Toulouse afin d'entamer leur dernier voyage vers Israël où ils seront inhumés. Les corps devaient prendre la direction de l'aéroport pour être acheminés vers Paris.
Nicolas Sarkozy se rendra dans l'après-midi à l'aéroport de Roissy pour se recueillir devant les dépouilles des quatre victimes, avant leur rapatriement dans la soirée en Israël. Il a par ailleurs demandé à son ministre des Affaires étrangères Alain Juppé d'accompagner les corps jusqu'en Israël et d'assister aux funérailles.

«Moment de recueillement» dans les écoles françaises

Toutes les écoles de France ont observé à 11 heures ce matin une minute de silence pour rendre hommage aux trois enfants et au professeur tués lundi dans une école juive de Toulouse. Les enseignants ont eu toute liberté pédagogique pour organiser ce moment et rendre compte des événements à leurs classes.
Nicolas Sarkozy était présent à la minute de silence organisée au collège François Couperin, dans le centre de Paris. Le chef de l'Etat a ensuite brièvement pris la parole devant les élèves, pour dire que le drame s'était «passé à Toulouse dans une école confessionnelle avec des enfants de famille juive mais aurait pu se passer ici». «Ces enfants sont exactement comme vous», a-t-il dit, parlant d'un sujet «tellement grave que c'est toute la République qui doit être concernée».
Au même moment, le candidat PS à l'Elysée François Hollande participait à ce moment de recueillement à l'école Jean-Jaurès du Pré-Saint-Gervais, en Seine-Saint-Denis. Il a annoncé qu'il se rendrait le lendemain à Montauban où auront lieu les obsèques des soldats assassinés.


Elus de tous bords, membres du personnel municipal et Toulousains se sont par ailleurs réunis dans la cour intérieure du Capitole, siège de la mairie. «A cet instant où toutes les écoles sont solidaires de ce qui s'est passé à Toulouse, il était important de s'associer à ce moment pour prouver que cet acte barbare, raciste, xénophobe et antiraciste n'est pas ce qu'est Toulouse, une ville accueillante et ouverte», a déclaré le maire PS Pierre Cohen.
Les responsables des communautés juive et musulmane organiseront dimanche une marche silencieuse commune à Paris en mémoire des victimes.

Le même scooter Yamaha T-MAX 500 cm3 volé

Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, a passé la nuit à Toulouse. Le ministre de la Défense, Gérard Longuet, est également sur place. «Nous sommes inquiets sur l'éventualité qu'il ait envie de commettre un quatrième attentat», a reconnu Claude Guéant.
Sur France 2, le ministre a noté que le tueur circulait sur un scooter noir lorsqu'il a attaqué les militaires, et sur un scooter blanc lundi matin. «Mais (le scooter) a pu bien entendu être transformé», a-t-il dit. Une source proche de l'enquête a indiqué qu'il s'agissait bien du même véhicule, un Yamaha T-MAX 500 cm3 volé le 6 mars dans la région de Toulouse.
L'homme «est audacieux ou il est fou, ou alors complètement déterminé», a avancé une autre source proche de l'enquête, qui s'est aussi interrogée sur le réel talent de tireur du tueur: «Tout le monde dit qu'il tire très bien, mais il y a quand même six impacts de balle dans le mur du collège… S'il atteint sa cible, c'est peut-être qu'il tire à bout portant.»

La campagne présidentielle en partie suspendue

L'attentat a entraîné une mise entre parenthèses de la campagne présidentielle. Le président Sarkozy a indiqué qu'il suspendait la sienne au moins jusqu'à mercredi, date des obsèques des trois militaires à Montauban, auxquelles il assistera. Le candidat socialiste François Hollande a évoqué «une cause qui dépasse chacun d'entre nous, (…) la cause de l'unité nationale». Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche, a décidé lui,comme François Bayrou, de poursuivre sa campagne, en expliquant qu'il s'agissait «d'un acte de résistance».
Le pays a été submergé d'émotion. Des centaines de personnes ont assisté lundi après-midi à une cérémonie de recueillement dans une synagogue de Toulouse. Même affluence plus tard dans une synagogue parisienne, avec entre autres personnalités Nicolas Sarkozy et François Hollande, avant une marche de milliers de personnes dans les rues de la capitale.
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