dimanche 11 mars 2012

SYRIE. La ville d'Idleb sous le feu malgré la présence de Kofi Annan


Créé le 11-03-2012 à 14h16 - Mis à jour à 14h17      Réagir

L'offensive a déjà fait plus de 90 morts samedi.

 
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Kofi Annan a soumis une série de "propositions concrètes". (Anonymous/AP/SIPA)
Kofi Annan a soumis une série de "propositions concrètes". (Anonymous/AP/SIPA)
Le président syrien Bachar al-Assad a reçu dimanche 11 mars pour la deuxième fois Kofi Annan, qui tente de négocier un arrêt des violences. Samedi, l'émissaire de l'ONU avait exprimé sa "profonde préoccupation" face à la répression et "pressé" Bachar al-Assad "de prendre des mesures concrètes pour mettre fin à la crise", alors que les violences ont fait plus de 8.500 morts en près d'un an.
Kofi Annan avait également fait des propositions à Bachar al-Assad sur un accès pour l'aide humanitaire, la libération de prisonniers et l'amorce d'un dialogue avec l'opposition. Il doit s'exprimer devant des journalistes après ce nouvel entretien.
Le président Assad lui a affirmé samedi que Damas était "prêt à faire réussir tout effort sincère pour trouver une solution", tout en prévenant que tout dialogue était voué à l'échec tant qu'il y aurait "des groupes terroristes oeuvrant pour semer le chaos", en référence aux rebelles.

Journée sanglante

Dans le même temps, les forces du régime mènent depuis vendredi une offensive meurtrière contre la province rebelle d'Idleb, dans le nord-ouest du pays. De violents combats entre armée et rebelles se déroulent encore dimanche dans cette région montagneuse et frontalière de la Turquie, au lendemain d'une journée sanglante qui a fait 90 morts à travers le pays, le jour même où Kofi Annan entamait sa mission à Damas.
Dans la soirée, l'armée a pris d'assaut la ville d'Idleb, quelques heures à peine après que le président Assad a écarté, en présence de Kofi Annan, toute idée de dialogue avant l'élimination des "groupes terroristes", en référence à la rébellion.
Dimanche matin, le régime semblait toujours décidé à écraser cette rébellion, avec une offensive contre le district de Jisr al-Choughour dans la province d'Idleb, selon l'Observatoire syrien de l'Homme (OSDH). Trois soldats ont été tués dans de violents combats entre déserteurs et armée dans ce district où un civil a été également tué par les forces de sécurité.

Les troupes se massent

Toujours dans la région d'Idleb, l'armée semblait prête à attaquer la région de Jabal al-Zaouia, où se concentre un très grand nombre de rebelles, d'après l'OSDH.
Depuis plusieurs jours, des troupes se massent dans cette région, se préparant à une offensive semblable à celle lancée contre Baba Amr, quartier rebelle de Homs repris le 1er mars par l'armée après un mois de siège et de pilonnage meurtrier.
Les combattants déserteurs, faiblement armés et ne bénéficiant pas de soutien international à l'instar des ex-rebelles libyens, ont essuyé samedi de lourdes pertes - 39 morts au total, en majorité dans la province d'Idleb. Dans tout le pays, les violences ont tué aussi 32 civils et 20 soldats, soit un total de 91 morts dans la journée.
Ignorant les appels à l'arrêt des violences, le président Assad a affirmé samedi que Damas était "prêt à faire réussir tout effort sincère pour trouver une solution", tout en prévenant que tout dialogue était voué à l'échec tant qu'il y aurait "des groupes terroristes oeuvrant pour semer le chaos".

Le Qatar dénonce un "génocide"

En outre, les autorités refusent de reconnaître l'ampleur de la contestation, et le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, rejette tout dialogue avec M. Assad dont elle exige le départ.
Signe de la persistance des divisions, les ministres arabes des Affaires étrangères et leur homologue russe Sergueï Lavrov, ont appelé samedi au Caire à l'arrêt des violences d'où qu'elles viennent en Syrie, tout en mettant leurs divergences au grand jour.
Le Qatar, chef de fil des pays arabes critiques de Damas, a estimé qu'un cessez-le-feu serait insuffisant, dénonçant "un génocide systématique de la part du gouvernement syrien et appelant à nouveau à l'envoi de forces arabes et internationales en Syrie.
Mais Moscou maintient son refus de tout ingérence et souhaite renvoyer dos à dos le régime et les rebelles, ce que refuse l'Occident.
Kofi  Annan doit quitter Damas dimanche pour Doha. Selon un diplomate turc, il doit aussi visiter prochainement les camps de réfugiés syriens à la frontière syro-turque. Lundi, les chefs de la diplomatie américain, européens et russe célébreront siège des Nations unies à New York le Printemps arabe, mais la Syrie devrait dominer les débats qui s'annoncent conflictuels, selon des diplomates.
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