vendredi 16 mars 2012

Pollution : attendez-vous à davantage d’alertes



champs-élysées (VIIIe), hier. La réduction du trafic automobile et la limitation du chauffage sont désormais recommandées en cas d’alerte.

champs-élysées (VIIIe), hier. La réduction du trafic automobile et la limitation du chauffage sont désormais recommandées en cas d’alerte. | (LP/B.H.)

Zoom
C’est d’ores et déjà une certitude : les alertes à la pollution de l’air, qui entraînent la mise en place de recommandations ou des mesures plus contraignantes, vont se multiplier en 2012. Les responsables d’Airparif (organisme régional chargé du contrôle de la qualité de l’air) l’ont pronostiqué hier en présentant leur bilan 2011. 
Non pas parce que les niveaux de pollution de l’air, stables mais globalement mauvais l’année dernière en Ile-de-, risquent de brutalement s’aggraver mais parce que les seuils de déclenchement des procédures d’alerte ont été baissés. Explications.

Trois millions d’habitants exposés.
 Les capteurs d’Airparif, installés le long des grands axes mais aussi en zone périurbaine, mesurent en permanence une soixantaine de polluants. Les niveaux chroniques de quatre d’entre eux (le dioxyde d’azote, l’ozone, le benzène et les particules fines) ont été  problématiques l’année dernière. Le cas des particules fines, produites par le trafic  (et surtout les voitures diesel) et les appareils de chauffage est le plus préoccupant. L’année dernière, les ingénieurs d’Airparif ont mesuré de fréquents dépassements des normes européennes pour ces polluants particulièrement sensibles aux aléas climatiques. Trois millions de Franciliens, soit un sur quatre, ont ainsi été potentiellement exposés à des niveaux de pollution « ne respectant pas la réglementation ».

Déjà dix-neuf « épisodes » de pollution depuis janvier.
 Jusqu’à la fin de l’année dernière, la procédure d’information en cas de pollution aux particules fines était déclenchée quand le seuil de 80 microgrammes (?g) par mètre cube était dépassé. La procédure d’alerte était, elle, lancée à partir de 125 ug. 
Ces seuils ont été rabaissés respectivement à 50 ug et 80 ug. « A pollution égale, le nombre d’alertes va mécaniquement augmenter », a commenté hier Karine Léger, directrice adjointe d’Airparif. L’actualité lui donne raison. Après une semaine particulièrement chaude, ce qui favorise la stagnation des particules, on recensait hier dix-neuf déclenchements de la procédure d’information ou d’alerte depuis début janvier. Soit plus en trois mois que durant toute l’année 2011.

Réduction de la circulation et interdiction du chauffage… au bois. 
Les études d’Airparif montrent que la pollution aux particules fines en bordure des axes routiers est émise pour 44% par le trafic automobile et pour 17% par le chauffage et le fonctionnement de l’agglomération parisienne. Les mesures de protection décidées par les autorités jouent donc sur ces deux leviers : la réduction du trafic automobile et la limitation du chauffage, notamment le chauffage au bois, et du brûlage de déchets verts en zone rurale. Il s’agit de simples recommandations en cas de dépassement du seuil d’information mais ces mesures se transforment en interdictions en cas de seuil d’alerte, comme cela a été le cas avant-hier. 
« Les limitations de vitesse ont été abaissées de 20 km/h (60 km/h sur le périphérique), les contrôles techniques des voitures ont été renforcés et certaines activités interdites », rappelle-t-on à la préfecture de police. Ces mesures risquent de se reproduire encore une dizaine de fois d’ici à la fin de l’année.
Le Parisien
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...