samedi 17 mars 2012

Les animaux, «tondeuses du futur»?




JARDINAGE - Fini les tondeuses à gazon bruyantes, place aux moutons et aux chèvres...

«Adoptez les tondeuses du futur!»: l'association «Entretien nature et territoire» organise jeudi dans la Mayenne les «premières rencontres de l'éco-pastoralisme», une solution qui se veut «alternative» aux machines pour l'entretien des espaces verts. Utiliser des moutons, chèvres, vaches ou ânes pour tondre l'herbe vaut pour des espaces ruraux, péri-urbains voire urbains, notamment ceux difficilement mécanisables, explique Pierre-Alexandre Noury, auditeur en agriculture biologique et président de l'association née fin 2010.
Les races anciennes, délaissées car peu productives, sont privilégiées, parce qu'«elles sont rustiques, demandent peu de suivi, ont peu d'exigences, et peuvent entretenir des espaces verts de faible qualité fourragère», indique-t-il à l'AFP. Le colloque rassemblera des experts, des élus de collectivités territoriales, des techniciens des espaces naturels, des entreprises, des bureaux d'études en aménagement ou environnement, des éleveurs de races anciennes... «On s'adresse plutôt à un public de professionnels qui ont de grands espaces verts à entretenir», dit Pierre-Alexandre Noury.

L'écopastoralisme se développe

A Grigny et Viry-Chatillon, la communauté d'agglomération des Lacs d'Essonne a loué et installé de mai à octobre dernier une vingtaine de chèvres des fossés, une race traditionnelle du grand Ouest devenue rare. Ces petites chèvres à poil très long et aux cornes impressionnantes, qui mangent des ronces et des broussailles, ont l'avantage d'être particulièrement dociles. «On veut remplacer les tondeuses mais aussi voir, dans quelques années, quel retour il y a en termes de plantes, d'animaux et d'insectes, quand les lames ne passent pas et que le fumier procure des engrais naturels», explique Anne-Sophie Carnuccini, directrice de l'entretien des espaces publics. «Des petits sont nés, les chèvres et les boucs sont repartis en novembre chez l'éleveur, et on recommence cette année», indique-t-elle.
Il y a aussi huit moutons d'Ouessant à Issy les Moulineaux, 25 moutons des landes de Bretagne à Sceaux (Hauts-de-Seine)... Des boucs, chèvres et bouquillons des fossés tournent dans plusieurs municipalités de Mayenne, Guérande utilise des moutons des landes de Bretagne. RTE (réseau de transport de l'électricité) n'est pas en reste, avec 24 moutons autour du poste électrique de Louisfert (Loire-Atlantique), beaucoup plus pratique que le gyrobroyage mécanique qui engendre des poussières et encrasse les filtres du transformateur, et des chevaux en Isère qui désherbent des couloirs de ligne à très haute tension.
Michel Meuret, ingénieur agronome à l'Institut national de la recherche agronomique (Inra), applaudit à la résurgence de l'écopastoralisme. «C'est bien, dit-il, de réintéresser des gens de tous horizons à ce qu'on peut faire avec des animaux en dehors de surfaces cultivées». Mais il souhaite des règles. «Un animal ce n'est pas une tondeuse, c'est un être vivant, il faut lui offrir une diversité des espaces et des plantes, le bouger», et «regarder sa réponse». Il s'agit, dit-il encore, de «redonner la priorité au point de vue de l'animal sur la ressource». Il craint à cet égard que les animaux «tondeuses» n'aient pas assez d'espace et se lassent de manger toujours la même chose. «Il leur faudrait un chapelet d'espaces mis en réseau», dit Michel Meuret. La rencontre sur l'écopastoralisme se tiendra à l'Ecoparc de la Gravelle, entre Rennes et Laval. Tous renseignements sur www.entretien-nature-territoire.fr.
 © 2012 AFP
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