vendredi 16 mars 2012

La Belgique se recueille après l'accident meurtrier



Des gerbes de fleurs ont été déposées jeudi devant l'une des écoles où étaient scolarisées les victimes.
Des gerbes de fleurs ont été déposées jeudi devant l'une des écoles où étaient scolarisées les victimes. (Photo Mischa Rapmund. Reuters)
La Belgique, unie dans la douleur, rendait hommage vendredi aux victimes de l'accident d'autocar survenu mardi soir en Suisse au moment où les dépouilles des 28 personnes dont 22 enfants qui ont perdu la vie dans cette tragédie commençaient à être rapatriées.
Le premier avion C-130 de l'armée belge rapatriant les corps des victimes de l'accident d'autocar a atterri vendredi matin vers 10h15 sur la base militaire de Melsbroek, près de Bruxelles.
L'avion avait quitté la Suisse vers 09h00. Un deuxième avion belge avec d'autres corps à son bord a décollé peu après.
Huit des 24 enfants blessés dans l'accident étaient auparavant arrivés, jeudi tard dans la soirée, sur la base de Melsbroek, qu'ils ont quittée à l'abri du regard des médias.
Les enfants et leurs familles ont pris place à bord de deux autocars et une dizaine de voitures, escortés par la police. D'autres enfants blessés sont attendus vendredi en Belgique.
Le pronostic vital de trois des enfants blessés et hospitalisés à l'hôpital universitaire de Lausanne (Suisse) «reste engagé», selon les autorités médicales.

Silence et recueillement

Une journée de deuil national a été décrétée dans le royaume où tous les drapeaux sont en berne. Une minute de silence a été observée à 11h00 notamment dans les écoles, les administrations et les transports en commun. A 11h01, les églises de Belgique ont sonné le glas durant quelques minutes.
Les enfants, des parents et enseignants des écoles primaires de Heverlee (centre) et de Lommel (Nord-Est) où étaient scolarisés les 46 enfants qui se trouvaient dans l'autocar se sont rassemblés dans la cour de ces établissements. Des enfants se tenaient la main tandis que des adultes pleuraient. Dans la classe de Lommel, il ne reste que six survivants.
A Heverlee, les enfants de l'école, qui avaient interrompu les cours, ont lâché des ballons blancs juste après la minute de silence.
A Lommel, tout le personnel communal, soit plus d'une centaine de personnes, sont sorties pour se recueillir devant le bâtiment en se tenant la main dans un silence total. «Toute la ville, toute la province, toute la Belgique soutient les familles. C'est très important», a résumé un passant, Dirk De Vroeve.
Tous les médias audiovisuels, radio et télévision, devaient rester muets pendant ce moment de recueillement partagé par tous les Belges au-delà de leurs clivages politiques et linguistiques.
Le pays a été littéralement choqué par l'accident du tunnel de Sierre, près de Sion, qui a coûté la vie à seize enfants belges et six jeunes néerlandais, âgés d'une douzaine d'années, qui revenaient d'un séjour en classes de neige. Un peu partout dans le royaume des registres de condoléances ont été ouverts et les Belges affluent pour les signer.

«Tragédie nationale»

Les écoles primaires de Heverlee et de Lommel sont devenus des lieux de pèlerinage.
Les fleurs s'amoncellent le long des murs de ces deux établissements gérés par l'enseignement catholique flamand. Des dessins, des peluches et des ballons ont été accrochés à leurs grilles, ont constaté des journalistes de l'AFP. Un rare mouvement d'empathie et de solidarité s'est levé dans un pays qu'on décrivait il y a peu comme irréductiblement divisé.
«Nous vivons une tragédie nationale (...) Notre chagrin est incommensurable. Notre pays tout entier pleure ses enfants», a déclaré jeudi le Premier ministre Elio Di Rupo, un socialiste wallon, devant le Parlement.
Aux Pays-Bas, les drapeaux seront également en berne sur les bâtiments publics à la demande du Premier ministre Mark Rutte.
Implantée à Bruxelles, la Commission européenne doit prendre les mêmes dispositions, une décision «exceptionnelle par solidarité avec le deuil du pays hôte».
Concernant l'enquête, la police suisse est toujours réservée sur les causes de l'accident.
«On ne dit rien» de plus que ce qui a été communiqué mercredi soir, à savoir que les enquêteurs examinaient trois pistes : un défaut technique du car, un malaise du chauffeur ou une erreur humaine, a précisé le commandant de la police valaisanne, Christian Varone.
Concernant l'hypothèse, évoquée dans la presse, que le chauffeur avait voulu enclencher un DVD juste avant le drame, le chef de la police a indiqué qu'il n'allait pas s'exprimer dessus. «Tous les témoignages des enfants sont pris en compte avec tout le sérieux possible», a-t-il ajouté.
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