samedi 17 mars 2012

Au moins 27 morts et 97 blessés dans un double attentat à Damas


Deux attaques, attribuées par les autorités à des "terroristes", ont fait au moins 27 morts et 97 blessés samedi à Damas, au lendemain d'un rapport de l'émissaire international Kofi Annan qualifiant de "décevantes" les réponses syriennes à ses propositions de médiation.
M. Annan a toutefois annoncé l'envoi d'experts en vue de la mise en place d'une mission d'observation pour faire cesser les violences qui ont fait plus de 9.000 morts en un an de révolte, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Ces experts devraient arriver dimanche à Damas, d'après l'ambassadeur syrien à l'ONU.
A Damas, "27 personnes, en majorité des civils, ont été tuées et 97 ont été blessées dans les deux explosions" attribuées par les autorités à des "terroristes", a affirmé la chaîne officielle al-Ikhbarya, citant le ministre de la Santé Waël Nader al-Halaqui.
Par ailleurs, la télévision a évoqué "trois corps déchiquetés" sans préciser s'ils étaient inclus dans le total des morts.
Auparavant, l'OSDH n'avait fait état de victimes que parmi les forces de sécurité.
La télévision officielle a précisé que les attaques avaient visé la direction de la police criminelle dans le quartier de Douar al-Jamarik et un centre des renseignements de l'aviation dans le quartier d'Al-Qasaa. Elle a précisé que "selon les premières informations il s'agit de voitures piégées".
Un militant du comité de coordination de la révolution à Damas, Abou Mouhannad al-Mazzi, a déclaré à l'AFP que "la première explosion a eu lieu samedi à 07H30 (05H30 GMT). "Quelques minutes plus tard, la seconde explosion, plus importante, a retenti".
Sur les premières images de l'attaque à Douar al-Jamarik diffusées sur la télévision officielle, on pouvait voir un corps calciné à bord d'une voiture encore fumante, présenté comme celui d'un "terroriste". Des flaques de sang s'étalaient sur le sol, tandis que des colonnes de fumée s'élevaient d'un bâtiment aux abords duquel des ambulances allaient et venaient.
La chaîne a ensuite montré un immeuble détruit ainsi que plusieurs véhicules soufflés par l'explosion.
Plusieurs analystes invités sur le plateau de la télévision syrienne ont accusé l'Arabie saoudite et le Qatar --qui se sont prononcés en faveur de l'armement des rebelles syriens-- d'avoir une responsabilité "politique, juridique et religieuse" dans ces attaques.
"L'Arabie saoudite nous envoie des terroristes!", ont aussi affirmé des témoins interrogés par la télévision d'Etat. "Mes parents sont blessés, notre maison a été détruite. C'est ça le message des pays arabes? (...) Montrez au monde ce qui se passe", a encore lancé un habitant.
Plusieurs attentats meurtriers ont eu lieu en Syrie depuis l'éclatement le 15 mars 2011 d'une révolte hostile au président Bachar al-Assad, qui refuse d'en reconnaître l'ampleur et accuse des "bandes terroristes armées" d'être à l'origine des violences.
Autorités et militants se sont renvoyés la responsabilité de ces attaques survenues depuis janvier notamment à Alep (nord) et Deraa, berceau de la contestation dans le Sud.
Le 6 janvier, un attentat avait aussi frappé le centre de Damas, faisant des dizaines de morts et de blessés, deux semaines après une attaque similaire imputée par les autorités à Al-Qaïda et par l'opposition au régime.
Les membres du Conseil ont jusqu'ici échoué à se mettre d'accord sur une résolution sur la Syrie, en raison de l'opposition de Moscou et Pékin, fidèles alliés de Damas.
"M. Annan a décidé d'envoyer une mission à Damas pour discuter des modalités d'un mécanisme d'observation et d'autres étapes pratiques pour mettre en place (...) certaines de ses propositions, incluant un arrêt immédiat de la violence et des tueries", selon son porte-parole Ahmed Fawzi.
L'ambassadeur syrien à l'ONU Bachar Jaafari a précisé que l'équipe de M. Annan "arriverait dimanche à Damas", tandis que les autorités syriennes "se félicitaient" de cette mission.
Par ailleurs, et pour la première fois, l'ONU doit participer ce week-end à une mission d'évaluation des besoins humanitaires en Syrie sous la direction du gouvernement.
Parallèlement aux attaques perpétrées à Damas, deux policiers ont été tués et trois autres blessés par des "hommes armés non identifiés" dans la province d'Alep (nord), selon l'OSDH.
Dans la région de Raqa (nord-est), les forces de sécurité ont tiré sur une foule participant aux funérailles de deux civils tués la veille à l'issue de manifestations massives hostiles au régime, faisant neuf blessés, d'après la même source.
En outre, "des tirs nourris étaient entendus lors d'un assaut des troupes et des forces de sécurité" dans la province de Deraa, au lendemain de la mort de 18 personnes à travers le pays.
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