samedi 17 mars 2012

Arrestation en Mauritanie de l'ancien chef des services de renseignement libyens


TRIPOLI (AP) — L'ancien chef des services de renseignement libyens de Moammar Kadhafi, Abdallah al-Senoussi, a été arrêté samedi par les services de sécurité mauritaniens à l'aéroport de la capitale Nouakchott, selon les autorités mauritaniennes.
Cette interpellation est "le résultat des efforts conjoints des autorités françaises et mauritaniennes", selon la France, qui a fait savoir qu'elle allait aussitôt demander l'extradition d'Abdallah al-Senoussi, condamné par contumace à la perpétuité pour l'attentat contre le DC-10 d'UTA en 1989.
Abdallah al-Senoussi "a été arrêté samedi matin à l'aéroport de Nouakchott à son arrivée sur un vol en provenance de Casablanca (Maroc) en possession d'un faux passeport malien", précise un communiqué officiel diffusé par l'Agence mauritanienne d'information (AMI).
Des responsables libyens avaient fait état en novembre 2011 de l'arrestation d'Abdallah al-Senoussi dans le sud libyen. Mais d'autres responsables ont par la suite mis en doute cette information. Depuis lors, on ignorait où se trouvait Al-Senoussi.
Le président français Nicolas Sarkozy s'est réjoui "vivement" de son interpellation par les autorités mauritaniennes. "Résultat des efforts conjoints des autorités françaises et mauritaniennes, dont ont été tenues informées les autorités libyennes, cette interpellation donnera lieu dans les prochaines heures à la transmission par la France d'une demande d'arrestation aux fins d'extradition à la justice mauritanienne", précise le communiqué diffusé par l'Elysée.
Beau-frère de Moammar Kadhafi, Abdallah al-Senoussi avait été condamné par contumace, en 1999 à Paris, à la réclusion criminelle à perpétuité pour l'attentat à la bombe contre un DC-10 d'UTA, le 19 septembre 1989, qui avait fait 170 morts dont 54 Français. Cinq autres Libyens ont été condamnés à la perpétuité en France pour ce même attentat.
L'association des Familles de l'attentat du DC-10 d'UTA s'est réjouie de l'arrestation d'Adballah al-Senoussi. Vingt-deux ans après, "nous n'avons jamais perdu l'espoir que les responsables de cet attentat, le plus meurtrier des attentats visant la France, soient jugés", a déclaré dans un communiqué Guillaume Denoix de Saint Marc, président de l'association des famille de victimes et directeur général de l'Association française des victimes du terrorisme (AfVT).
"Sans esprit de vengeance et avec une grande confiance en la justice, nous espérons que notre patience sera récompensée" et qu'il sera "enfin jugé pour l'attentat du DC-10 d'UTA", ajoute-t-il. "Nous comptons sur la justice et la diplomatie française" pour qu'elles obtiennent son extradition. Les familles espèrent également que les cinq autres Libyens condamnés pour cet attentat soient "aussi rattrapés par la justice". Elle rappelle que "les six mandats d'arrêt internationaux émis par la France en 1999 sont valables jusqu'en 2019".
Abdallah al-Senoussi est aussi recherché par la Cour pénale internationale (CPI), qui l'a inculpé avec le fils de Moammar Kadhafi, Saïf al-Islam, de crimes contre l'humanité. Ils sont accusés d'une campagne de meurtres et d'actes de torture, lors de la répression du soulèvement contre le régime Kadhafi, qui a commencé en février 2011.
La CPI, qui a lancé un mandat d'arrêt international contre lui en juin 2011, avait également inculpé Moammar Kadhafi lui-même, mais le dirigeant libyen déchu a été tué en octobre dernier lors de la chute de Syrte aux mains des troupes du Conseil national de transition (CNT), à l'issue de plusieurs semaines de combats.
Les autorités libyennes ont annoncé leur intention de juger son fils Saïf al-Islam en Libye, et ne comptent pas le transférer au CPI dont le siège se trouve à La Haye, aux Pays-Bas. AP
ll/v0200/sb/com
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