dimanche 18 mars 2012

Adolescentes fauchées sur l'A7 : L'hypothèse d'une fugue évoquée


A la suite d'un appel à témoin, un couple a affirmé samedi après-midi avoir aperçu les trois jeunes filles à bord d'un train au départ de Marseille.
A la suite d'un appel à témoin, un couple a affirmé samedi après-midi avoir aperçu les trois jeunes filles à bord d'un train au départ de Marseille.AFP/Jean-Pierre CLATOT
L'enquête se poursuit ce dimanche pour tenter de comprendre la présence, à pied en pleine nuit, de trois jeunes sœurs issues de la communauté des gens du voyage de Marseille, mortes fauchées sur l'A7 dans la Drôme, après avoir été semble-t-il contraint de descendre d'un train faute de billet.
Peu avant minuit vendredi, Carmen, 12 ans, Charlotte, 13 ans et Victorine, 19 ans, marchent seules sur l'autoroute A7, à hauteur de Saint-Paul-Trois-Châteaux, quand elles sont violemment percutées par plusieurs véhicules alors qu'elles tentaient de traverser la voie rapide.
Les trois jeunes filles seraient parties sans laisser d'explications, mais sans que cela inquiète leurs parents. Elles étaient connues pour se balader énormément ensemble, parcourant des kilomètres à pied, selon plusieurs témoignages d'habitants du quartier.

Contraintes de descendre d'un train, faute de billet

« L'hypothèse d'une fugue est évoquée dans cette cité difficile de la Castellane, dans les quartiers nord, a déclaré dimanche Samia Ghali, sénateur-maire (PS) des 15e et 16e arrondissements de Marseille, où résidaient les victimes. Mais elle appelle à être prudente et à laisser l'enquête se faire. »
A la suite d'un appel à témoin, un couple a affirmé samedi après-midi avoir aperçu les trois jeunes filles à bord d'un train au départ de Marseille. Selon leur témoignage, les adolescentes ont été priées de descendre sur le quai, faute de billet, en gare de Pierrelatte, une commune située à une quinzaine de kilomètres du lieu de l'accident.

Une enquête de voisinage pour reconstituer leur parcours

Il s'agit maintenant de confirmer l'identité exacte des victimes. « Nous espérons que la famille collaborera rapidement, c'est indispensable pour comprendre le reste », a insisté ce dimanche le capitaine Thierry Charpentier, de l'escadron de sécurité routière de la Drôme, qui attend des brosses à cheveux, brosses à dents et autres éléments d'identification demandés à la famille pour pouvoir comparer les relevés ADN réalisés.
A Marseille, en collaboration étroite avec les gendarmes drômois, le commissariat du 15e arrondissement, où résidaient les trois filles, va lui se concentrer sur le « voisinage », tenter de reconstituer « le cheminement » et le déroulé de la journée.
Car si les circonstances de l'accident sont claires, reste le mystère de leur présence sur l'autoroute, en pleine nuit, dans un secteur proche de la centrale nucléaire du Tricastin très peu habité. Sont-elles entrées par un trou dans la clôture de l'autoroute? Ou descendues d'un véhicule? L'enquête le dira sans doute.
Brosses à cheveux, brosses à dent pour identifier les victimes
Aucun papier d'identité n'a été retrouvé sur les trois jeunes filles, issues de la communauté des gens du voyage sédentarisés. Mais, grâce à un téléphone portable trouvé sur les lieux du drame dans la Drôme, les enquêteurs ont pu contacter un membre de leur famille.
« Nous avons maintenant la quasi-certitude qu'il s'agit bien de trois soeurs appartenant à cette famille mais il nous faut les discriminer, c'est-à-dire savoir laquelle est laquelle, ce qui est dur pour deux d'entre elles », a précisé dimanche le procureur de la République de la Drôme, Antoine Paganelli.
Samedi après-midi, les deux frères et un beau-frère des victimes se sont rendus dans la Drôme mais n'ont pu identifier formellement les corps à la morgue. En revanche ils ont reconnu les trois sœurs dans les images des caméras de la ville de Pierrelatte.
Dans le même temps, un patrouilleur de la société d'autoroute a confirmé avoir parlé aux filles avant l'accident. Entendu par les gendarmes d'Orange, dans le Vaucluse voisin, il a expliqué qu'elles avaient refusé d'obéir à sa demande de se mettre derrière les glissières de sécurité et qu'il avait averti les gendarmes.
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