mercredi 8 février 2012

Syrie : 50 civils tués malgré les promesses d'Assad



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Par lefigaro.frMis à jour  | publié  Réactions (29)
Sur cette image en date du 4 février, un véhicule de l'armée syrienne gît incendié dans le centre de Homs. L'une des rares images disponibles de la ville.
Sur cette image en date du 4 février, un véhicule de l'armée syrienne gît incendié dans le centre de Homs. L'une des rares images disponibles de la ville. Crédits photo : STRINGER/REUTERS
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VIDÉO - Au moins 50 personnes ont été tuées dans des bombardements, selon l'opposition. Devant la poursuite de la répression, la Turquie oeuvre à l'organisation d'une conférence internationale.

• Au moins 50 morts mercredi

Alors que les violences ont fait 121 morts depuis lundi dans le pays, au moins 50 civils ont encore été tués ce mercredi à l'aube dans des bombardements menés par l'armée syrienne à Homs, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). «Nous nous attendons à ce que le bilan soit revu à la hausse (...) étant donné que de nombreuses victimes sont toujours ensevelies sous les décombres», a déclaré Rami Abdel Rahmane, chef de cette organisation basée en Grande-Bretagne.
«Depuis l'aube les bombardements ont été extrêmement intenses et ils utilisent des roquettes et des (obus de) mortier», a indiqué au téléphone Omar Chaker, un militant de Homs. Selon lui, les bombardements sont destinés à préparer le terrain à un assaut terrestre. Les forces armées ont «détruit toutes les infrastructures, bombardé les réservoirs d'eau et les poteaux électriques», décrit ce témoin, qui précise que «la nourriture se fait rare» et que les militants manquent de matériel médical pour mettre sur pied un hôpital de campagne.
De son côté, la télévision publique syrienne affirme que des «groupes terroristes armés» ont attaqué mercredi la raffinerie de Homs, l'une des principales du pays. Ces groupes «ont lancé des obus, incendiant deux dépôts de carburant», a précisé la chaîne, affirmant plus tard que «les incendies ont été maîtrisés». Plusieurs incidents visant des infrastructures du secteur des hydrocarbures ont eu lieu depuis le début de la révolte populaire contre le régime. Ce dernier les a imputés à «des groupes armés», tandis que les opposants accusent les autorités d'être impliquées.


Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, a exhorté la communauté internationale à «agir vite» pour «empêcher un nouveau massacre» à Homs, où un pilonnage avait fait plus de 230 morts samedi selon les militants. Depuis 11 mois, la répression des manifestations a fait plus de 6000 morts , selon les ONG.


• Bachar el-Assad promet la fin des violences

Le président Bachar el-Assad s'est pourtant «engagé», selon le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov qui l'a rencontré mardi, «à faire cesser les violences d'où qu'elles viennent».
«Nous avons confirmé notre bonne volonté de contribuer à une sortie de crise sur la base de l'initiative proposée par la Ligue arabe», a assuré Sergueï Lavrov, alors que Moscou a empêché samedi avec Pekin le vote à l'ONU d'une résolution condamnant la répression en Syrie. La Ligue arabe asuspendu la semaine dernière sa mission d'observation en Syrie en dénonçant une recrudescence des violences. Une réunion au niveau ministériel est prévue le 11 février pour examiner les suites éventuelles de cette mission, qui était destinée à surveiller l'application d'un plan de sortie de crise prévoyant en premier lieu la fin des violences.
Par ailleurs, selon Lavrov, Assad va bientôt annoncer la date du référendum sur une nouvelle Constitution. Le président syrien avait annoncé le 10 janvier pour le début du mois de mars l'organisation d'un référendum sur une nouvelle Constitution syrienne. La commission chargée d'élaborer le texte a prévu de limiter le mandat présidentiel à deux septennats, a écrit fin janvier le quotidien al-Watan, sans pour autant préciser si cette réforme s'appliquera à Assad dont le second mandat s'achève en 2014.
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Les États-Unis ont fait part de leur scepticisme envers ces promesses faites à la Russie et réitéré son appel à Damas à mettre immédiatement fin à la violence. Le sénateur républicain John McCain a de son côté appelé à «envisager toutes les options, y compris celle consistant à armer l'opposition» syrienne. Mais, l'ambassadrice américaine à l'ONU, Susan Rice a rejeté cette alternative. «Nous sommes résolument partisans de ne pas alimenter ce qui a le potentiel de se transformer en une véritable guerre civile. Notre but est de résoudre cela par des moyens pacifiques», a-t-elle dit sur CNN.
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• La Turquie appelle à une conférence internationale

Mercredi, Ankara a dit oeuvrer à l'organisation «dans les plus brefs délais» d'une conférence internationale avec les acteurs régionaux et internationaux sur la crise syrienne. «Nous sommes déterminés à constituer un forum à base élargie pour une entente internationale avec les pays qui sont préoccupés» par la situation en Syrie, a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu. Le ministre a indiqué que son pays mène une diplomatie active pour mettre en oeuvre «une nouvelle feuille de route» pour la Syrie. Dans ce cadre, le premier ministre Recep Tayyip Erdogan doit s'entretenir ce mercredi avec le président russe Dmitri Medvedev.
Dimanche, la France avait déjà avancé l'idée d'un groupe des «amis de la Syrie» autour du plan de la Ligue arabe.
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