mardi 21 février 2012

Les Yéménites élisent leur nouveau président malgré les violences


Les Yéménites élisent leur nouveau président malgré les violences
Les Yéménites votent en nombre mardi 21 février pour l'élection présidentielle marquant l'aboutissement de leur soulèvement populaire.
Plus de 12 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes pour ce scrutin rendu possible par un a...
(AP Photo/Hani Mohammed)

Plus de 12 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes pour ce scrutin rendu possible par un accord permettant à Ali Saleh de quitter le pouvoir en échange d'une immunité pour lui et pour les siens.

Les régions autonomistes du sud ont cependant connu des violences qui ont fait quatre morts et une partie des habitants du nord boycotte le scrutin.
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Avant même l'ouverture des bureaux de vote à Sanaa à 8 heures locales, des files séparées d'électeurs, hommes et femmes, se sont formées, même si le scrutin est purement symbolique puisque le vice-président Abd Rabbo Mansour Hadi est le seul candidat.
« Ce jour marque la chute véritable de Ali Abdallah Saleh » qui a gouverné le Yémen pendant 33 ans, estime Abdallah Ahmad Ali, 25 ans. « C'est une victoire pour les jeunes Yéménites », ajoute cet étudiant alors que les électeurs se bousculent devant le bureau de vote proche de l'Université de Sanaa, à proximité du campement installé depuis un an par les contestataires réclamant le départ d'Ali Abdalla Saleh.
« Nous avons été surpris par une grande affluence de femmes », affirme la directrice du bureau de vote consacré aux femmes, Abir al-Afifi. En votant dans ce même bureau, Tawakkol Karman, prix Nobel de la Paix, a affirmé que c'était « un jour de fête pour les Yéménites car c'est celui du départ de Saleh et de la fin du despotisme et de l'oppression ».

«UN NOUVEAU CHAPITRE» POUR LE PAYS

Le futur président a pour sa part affirmé que son élection ouvrait « un nouveau chapitre » pour le pays. Abd Rabbo Mansour Hadi a voté sous les applaudissements à Sanaa, au milieu d'un important dispositif de sécurité de crainte d'un attentat, selon son entourage.
L'affluence est également forte dans d'autres villes, notamment Taëz, au sud-est de Sanaa, qui a été à la pointe du mouvement de contestation contre le président sortant. Plus de 12 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes pour ce scrutin rendu possible par un accord permettant à Ali Saleh de quitter le pouvoir en échange d'une immunité pour lui et pour les siens. Un accord qui fait du Yémen le premier pays arabe où un soulèvement aboutit à une solution négociée.
Le Yémen offre cependant le jour du vote l'image d'un pays divisé, quatre personnes ayant été tuées dans des violences électorales dans le Sud, où le Mouvement sudiste qui réclame l'autonomie a appelé au boycott du scrutin. L'aile radicale de ce mouvement, souhaitant que le Yémen du Sud redevienne le pays indépendant qu'il était avant sa fusion avec le Nord en 1990, a proclamé mardi 21 février journée de « désobéissance civile » tout en affirmant ne pas recourir à la violence.
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