vendredi 24 février 2012

Au chevet de la Somalie pour sortir du terrorisme


Au chevet de la Somalie pour sortir du terrorisme 

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Par Florentin CollompMis à jour  | publié  Réagir
David Cameron (au centre), et des représentants de plus de cinquante pays, lors de la conférence internationale sur l'avenir de la Somalie, jeudi, à Londres.
David Cameron (au centre), et des représentants de plus de cinquante pays, lors de la conférence internationale sur l'avenir de la Somalie, jeudi, à Londres. Crédits photo : POOL/REUTERS
 

La communauté internationale, réunie à Londres, s'est engagée à intensifier son action contre al-Chebab et la piraterie.

La prise de la ville de Baïdoa, mercredi, aux insurgés islamistes d'al-Chebab par des militaires somaliens et éthiopiens est apparue comme un signe encourageant à la veille de la conférence internationale sur l'avenir de laSomalie, qui se tenait jeudi à Londres. Des représentants de plus de cinquante pays se sont penchés sur l'avenir du pays, en guerre civile depuis vingt et un ans, en proie au terrorisme, à la piraterie, à la corruption et à la famine. Pour la première fois, des «premiers signes de progrès fragiles» sont perceptibles, selon le premier ministre britannique, David Cameron, qui en attend «un tournant» dans l'histoire de la Somalie. Pour Hillary Clinton, secrétaire d'État américain, nous sommes «à un point critique à mi-chemin dans la bonne direction». «Nous sortons de l'ère des seigneurs de guerre pour nous diriger vers une ère de paix, de stabilité et de normalité», veut croire le premier ministre somalien, Abdiweli Mohammed Ali.

«Directement victimes»

Sur le plan militaire, l'Amison, la force de maintien de la paix de l'Union africaine, enregistre de réelles avancées. En un an, ces soldats ougandais et burundais ont réussi à éradiquer al-Chebab de la capitale, Mogadiscio. Ce succès a conduit au vote, mercredi, d'une résolution des Nations unies pour porter les effectifs de 12.000 à 17.700 hommes, en y intégrant quelque 5000 soldats kényans qui mènent une incursion dans le sud du pays depuis octobre. Le mandat de l'Amison est étendu au-delà de Mogadiscio vers le sud et le centre de la Somalie. Après la prise de Baïdoa, al-Chebab se replie sur son principal bastion de Kismayo.
«Nous sommes nous-mêmes, directement, les victimes d'al-Chebab, dont les milices, liées à al-Qaida, recourent au terrorisme et aux prises d'otages pour essayer d'imposer leur loi à cette régio», a dénoncé Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, rappelant l'enlèvement et la mort de la Française Marie Dedieu en Somalie fin 2011. Afin de couper les vivres à al-Chebab, un embargo sur les importations de charbon somalien a été adopté par l'ONU. Le premier ministre somalien s'est prononcé en faveur de raids aériens contre les camps des insurgés, une option qui serait étudiée par plusieurs pays, dont la Grande-Bretagne.

Menace de «sanctions»

La communauté internationale renforce également la lutte contre la piraterie dans le golfe d'Aden. Depuis l'autorisation de la présence de gardes armés à bord des bateaux, celle-ci a fortement décru l'an dernier. L'Union européenne va prolonger de deux ans sa mission Atalante, qui prévoit le déploiement de navires de guerre sur place. Plusieurs États voisins vont mettre en place des structures permettant de poursuivre les pirates, dont les trois quarts sont relâchés une fois arrêtés faute de juridiction pour les juger et de lieux pour les emprisonner.
Au plan politique, la communauté internationale soutient le processus de transition qui doit suivre la fin du mandat du gouvernement provisoire en août, qui ne pourra pas être prolongé. Hillary Clinton a menacé de «sanctions» ceux qui s'opposeraient à cette évolution. Une assemblée constituante doit être élue afin de faire émerger un pouvoir politique représentatif.
Enfin, l'annonce récente de la fin de la famine la plus grave depuis soixante ans fait naître l'espoir de renforcer les conditions de sécurité de la livraison de l'aide humanitaire, dont dépendent encore 2,3 millions de personnes, souvent détournée par al-Chebab.

40 millions d'euros de la France

La france contribue déjà à hauteur d'environ 40 millions d'euros par an aux opérations internationales en Somalie, pour moitié via le «paquet logistique» dévolu par l'ONU à l'Amisom et pour l'autre via la contribution européenne au versement des soldes des militaires. Avec un passage des effectifs de la force onusienne de 12.000 à 17.000 hommes, l'engagement européen devrait passer de 130 à 220 millions d'euros. «On ne laissera pas tomber l'Amisom, mais ce serait bien qu'on ne soit pas les seuls»,dit-on dans les milieux diplomatiques français, espérant une contribution plus importante des États-Unis.
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