mardi 21 février 2012

Afghanistan : des soldats américains accusés d'avoir brûlé le Coran


Afghanistan : des soldats américains accusés d'avoir brûlé le Coran

le 21 février 2012 à 13h56 , mis à jour le 21 février 2012 à 14h37
Des milliers d'Afghans se sont rassemblés mardi devant la principale base américaine en Afghanistan, accusant des soldats de l'Isaf d'avoir brûlé des exemplaires du Coran. Le général Allen a dû présenter des excuses, sans pour autant confirmer les faits, et a promis une enquête.
Contrairement à ce qui avait pu se passer lors d'autres crises avec la population afghane, l'Isaf, la force internationale de l'Otan en Afghanistan, a voulu d'emblée jouer la transparence. Et son commandant en chef, le général américain John Allen, a présenté mardi ses "excuses" au "noble peuple d'Afghanistan". Il avait sans doute été fortement incité à cette attitude de contrition par la présence de milliers d'Afghans en train de manifester violemment devant la plus grande base militaire américaine du pays, près de Kaboul, accusant les troupes étrangères d'avoir brûlé des exemplaires du Coran.
Un tel autodafé a-t-il bien eu lieu ? Sur ce point, le général Allen n'a pas été catégorique. Il a évoqué simplement des "informations" indiquant que "des soldats de la base de Bagram se sont débarrassés de manière inconvenante dans la nuit d'un nombre important de documents islamiques, dont des Corans". Ces informations, il ne les a toutefois pas confirmées, se contentant d'indiquer qu'une enquête avait été ouverte. Reste que la rumeur a paru suffisamment crédible pour soulever les foules. Il est vrai que des profanations du livre saint de l'islam, ou des actes considérés comme blasphématoires par les musulmans et commis par des soldats étrangers, voire même des actes tout simplement criminels envers la population afghane, surviennent périodiquement en Afghanistan et déclenchent régulièrement des manifestations violentes.
"Nous enquêtons de manière approfondie"
Dans le cas présent, les témoignages évoquant des exemplaires brûlés du Coran sont corroborés par la police afghane et les autorités locales. Aussi, pendant que des hélicoptères américains tiraient des fusées éclairantes pour tenter de disperser le rassemblement hostile massé devant les portes de la base de Bagram, le général Allen a-t-il plaidé la bonne foi. "Nous enquêtons de manière approfondie sur cet incident et nous prenons les mesures nécessaires pour nous assurer que cela n'arrive plus jamais. Je vous assure... je vous promets... que cet acte n'était PAS du tout intentionnel", pouvait-on lire dans son communiqué.
Début janvier, une vidéo de quatre marines américains urinant sur des cadavres de talibans présumés a été mise en ligne, provoquant une polémique énorme, finalement non suivie d'effets, aucune manifestation ne s'étant tenue à Kaboul ni ailleurs en Afghanistan. Quelques jours plus tard, un militaire afghan ayant tué 4 soldats français et blessé 15 autres, qui l'entraînaient, a toutefois justifié son acte par le visionnage de cette vidéo. Une autre vidéo, montrant des soldats anglais demandant à des enfants afghans de leur toucher le sexe à travers leurs treillis avait également "dégoûté" le gouvernement afghan, sans pourtant provoquer des troubles à l'ordre public. En revanche, en avril dernier, des manifestations s'étaient déroulées pendant trois jours en Afghanistan contre un pasteur américain, Terry Jones, qui avait brûlé intentionnellement un Coran en Floride. Onze personnes, dont sept employés étrangers de l'Onu, avaient été tuées quand des manifestants avaient envahi un complexe des Nations unies à Mazar-i-Sharif, dans le nord de l'Afghanistan. Lors d'une autre émeute survenue à Kandahar, la grande ville du Sud, neuf personnes avaient péri et plus de 80 autres avaient été blessées.
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