samedi 21 janvier 2012

VIDEOS. Hongrie : Orban ne veut pas de l'argent de l'Allemagne et de l'UE


PARLEMENT EUROPEEN, STRASBOURG, 17 JANVIER 2012. Viktor Orban a déclaré lors d'une conférence de presse qu'il ne veut pas d'une «situation comme en Grèce où les Allemands disent qu'ils n'accorderont pas de prêts si les Grecs ne font pas ce qu'ils veulent»  «Je ne veux pas donner cette idée de la Hongrie, a-t-il dit.

PARLEMENT EUROPEEN, STRASBOURG, 17 JANVIER 2012. Viktor Orban a déclaré lors d'une conférence de presse qu'il ne veut pas d'une «situation comme en Grèce où les Allemands disent qu'ils n'accorderont pas de prêts si les Grecs ne font pas ce qu'ils veulent» «Je ne veux pas donner cette idée de la Hongrie, a-t-il dit. | AFP/GEORGES GOBET

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Viktor Orban, le Premier ministre conservateur hongrois, s'est invité ce mercredi au européen, alors que plusieurs lois de la nouvelle Constitution appliquée depuis le 1er janvier sont jugées «liberticides» par beaucoup d'eurodéputés. 
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Le débat promettrait d'être animé. Il le fut.

Le chef du  hongrois s'est engagé à «modifier» les législations qui lui valenttrois procédures d'infraction au droit de l'UE. Néanmoins il n'entend pas plier sur un point : les membres de la banque centrale de son pays continueront à prêtent serment de fidélité à la Hongrie, alors que Bruxelles voit là une menace pour l'indépendance de l'institution monétaire

Après avoir sollicité un prêt de l'UE  Viktor Orban a surpris en affirmant lors de sa conférence de presse : «Nous ne voulons pas de l'argent de l'Allemagne, de l'Union européenne».  Avant d'ajouter : «Si le FMI veut nous accorder des prêts, très bien, nous en serons très satisfaits». Il affirme ne pas vouloir d'une «situation comme en Grèce où les Allemands disent qu'ils n'accorderont pas de prêts si les Grecs ne font pas ce qu'ils veulent». «Je ne veux pas donner cette idée de la Hongrie, a-t-il dit. Il a par ailleurs provoqué un tollé à gauche en se posant comme défenseur des valeurs chrétiennes de l'Europe, face aux accusations de dérive autoritaire. 

Cohn-Bendit : «Les minorités ont le droit de ne pas avoir peur». Alors que Viktor Orban justifiait le renouvellement de la constitution «communiste» adoptée en 1949, le coprésident des Verts européens, Daniel Cohn-Bendit, a vite haussé le ton. «Un renouvellement (de la Constitution, ndr) peut être dans la bonne ou la mauvaise direction. Et nous vous disons que vous allez dans la direction de MM. Chavez, Castro, et de tous les régimes totalitaires et autoritaires de ce bas monde», a-t-il lancé au dirigeant hongrois. L'élu écologiste a proposé d'envoyer une délégation parlementaire sur place pour vérifier «pourquoi les sans-abri en Hongrie ont peur, pourquoi des intellectuels ont peur, pourquoi des gens de ma famille et des gens que je connais, des Juifs en Hongrie, ont peur aujourd'hui». «Les minorités ont le droit de ne pas avoir peur dans votre pays, M. Orban», a-t-il conclu. Il y a un an, presque jour pour jour, l'eurodéputé avait vertement critiqué une nouvelle loi hongroise sur les médias.

Vidéo. L'intervention de Daniel Cohn-Bendit de ce 18 janvier 2012



Orban «sur le mauvais chemin». Le  du groupe libéral-démocrate, le Belge Guy Verhofstadt, a emboîté le pas à Daniel Cohn-Bendit. Lui aussi estimé que Viktor Orban était «sur le mauvais chemin», appelant le Parlement à enquêter pour conclure «si oui ou non il y a un clair risque» d'infraction aux valeurs démocratiques de l'UE en Hongrie. Ce qui pourrait  ouvrir la voie à des sanctions politiques très lourdes, avec la possibilité de mettre la Hongrie au ban de l'Europe, conformément à l'article 7 du Traité de Lisbonne. Verts et extrême-gauche partagent cet avis, mais une telle procédure requiert le soutien des 26 autres dirigeants européens. 

Les socialistes timorés. Quant au chef de file des socialistes (PSE), le social-démocrate autrichien Hannes Swoboda, il a été plus timoré : il a simplement estimé que la Hongrie de 2012 n'aurait «pas été admise» dans l'Union européenne si elle avait posé sa candidature aujourd'hui.Selon un tweet du journaliste de «Libération» Jean Quatremer, la gauche avait alors «largement déserté l'hémicycle. Je ne vois plus de socialistes français...»

L'aval des conservateurs. 
Dans l'hémicycle de Strasbourg, Orban a pu compter sur le soutien du Parti Populaire européen (PPE) regroupant le Fidesz, son parti, mais aussi l'UMP et les chrétiens-démocrates allemands de la CDU-CSU d'Angela Merkel. Le Français Joseph Daul, chef du groupe conservateur (PPE), s'est dit «sûr» que Viktor Orban «nous prouvera que lui aussi souscrit à ces principes et à ces valeurs» de l'UE. Toutefois, selon le tout nouveau président socialiste du Parlement européen Martin Schulz, il y a au sein du PPE «différentes opinions». Certains seraient même favorables à de lourdes sanctions.

La lettre d'Orban à Barroso. Face à l'ouverture, mardi à Bruxelles, de trois «procédures d'infraction» à l'encontre de Budapest (concernant les réformes de la banque centrale, de la justice et de l'autorité hongroise de protection des données), Viktor Orban a écrit au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. «Il m'a indiqué son intention de modifier les législation concernées et de travailler avec la Commission européenne au cours des prochains jours afin de trouver des solutions juridiques aux questions soulevées», a déclaré ce dernier devant les eurodéputés. Barroso a toutefois jugé qu'il y avait une dimension politique au problème soulevé en Hongrie. «J'appelle instamment les autorités hongroises à respecter les principes de démocratie et de liberté et de les mettre en œuvre en pratique dans ce pays», a-t-il dit.

Orban défenseur des valeurs chrétiennes
. Le Premier ministre hongrois s'est posé en défenseur dans son pays des valeurs chrétiennes de l'Europe, de la nation et de la famille. Il a modifié sa constitution en y soulignant l'importance de la religion avec une mention explicite à «Dieu», en supprimant l'appellation de «République de Hongrie» au profit de «Hongrie». Ses détracteurs y ont vu un tournant nationaliste. «Peut-être sommes-nous en minorité avec cette position en Europe mais nous avons la liberté de la représenter». Ces propos ont suscité une levée de boucliers à gauche. Le président du Parlement européen est sorti de la réserve à laquelle son rôle l'oblige en principe. «Je suis aussi catholique» mais «soit l'Europe est pluraliste, soit ce sera un échec». 

Varsovie à la rescousse de Budapest. 
«Dans le contexte des initiatives de la Commission européenne et d'une atmosphère parfois hystérique au Parlement européen (...) et si le Premier ministre Orban et la Hongrie sont intéressés, la Pologne offrira son soutien politique pour que ces réactions face à la situation en Hongrie ne soient pas exagérées», a déclaré le Premier ministre polonais, Donald Tusk, lors d'une conférence de presse. «Ce n'est pas à moi de commenter les décisions du Premier ministre Orban et de la majorité parlementaire hongroise, mais nous devons constater très clairement que la Hongrie représente toujours au niveau européen les standards démocratiques», a-t-il poursuivi. Lors des législatives d'avril 2010, le Fidesz d'Orban a en effet obtenu plus des deux-tiers des sièges au Parlement de Budapest.


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