vendredi 27 janvier 2012

Sauver les Lejaby d'Yssingeaux, le nouveau mot d'ordre politique


Par D.H., le 27 janvier 2012 à 16h47 , mis à jour le 27 janvier 2012 à 16h58

L'espoir renaît à l'usine Lejaby d'Yssingeaux, dont la fermeture a été annoncée avant que la possibilité d'une reprise soit évoquée. Alors que gouvernement et politiques promettent leur soutien, Laurent Wauquiez, élu de Haute-Loire, prévient : il ne faut pas leur "vendre des illusions".
Des salariées de l'usine Lejaby d'Yssingeaux, en Haute-Loire, le 17 janvier 2012. Des salariées de l'usine Lejaby d'Yssingeaux, en Haute-Loire, le 17 janvier 2012. © LCI
"Je (ne) veux pas qu'on vous vende des illusions." Le ministre de l'Enseignement supérieur et élu de Haute-Loire, Laurent Wauquiez, a mis en garde vendredi, lors de sa première visite aux 93 salariés, dont 90 femmes, de l'atelier du fabricant de lingerie menacé de fermeture, avant une visite d'Arnaud Montebourg dans l'après-midi. Ce dernier a apporté jeudi une proposition de reprise de l'usineLejaby d'Yssingeaux, où il s'est déjà rendu la semaine dernière critiquant au passage le gouvernement qui, selon lui, n'avait "rien fait" pour empêcher la "désindustrialisation" du pays. Le socialiste a annoncé un projet de reprise de l'usine d'une ancienne responsable de la marque de lingerie féminine Princesse Tam Tam d'y produire du "made in France".


François Hollande a quant à lui assuré jeudi soir sur France 2 que s'il était président de la République, il chercherait à trouver un repreneur pour l'usine Lejaby d'Yssingeaux, assurant: "nous les aiderons jusqu'au bout". Dans la journée, le ministre de l'Industrie, Eric Besson, avait assuré que le gouvernement avait décidé de "mettre tous les moyens financiers nécessaires" pour appuyer les projets de reprise du site.

Wauquiez : "j'ai carte blanche"
Le tribunal de commerce de Lyon a choisi le 18 janvier le projet d'Alain Prost, ancien PDG de l'italien La Perla, pour la reprise de Lejaby, qui était en liquidation depuis fin décembre. Il prévoit de conserver 195 des 450 salariés du groupe en France mais de fermer l'atelier d'assemblage d'Yssingeaux, dernière usine Lejaby de l'Hexagone. Ce site employait 93 personnes. Eric Besson a rappelé que les salariés du site d'Yssingeaux allaient bénéficier du contrat de transition professionnelle "qui leur permet de conserver 98% de leur salaire net pendant un an".

"Je m'en fiche de savoir si le repreneur est amené par un élu de gauche ou de droite", a affirmé vendredi Laurent Wauquiez, maire du Puy-en-Velay. "On a des contacts avec neuf repreneurs industriels" et des "contacts très sérieux avec trois", a résumé Laurent Wauquiez. Il avait déjà la veille avancé "cinq pistes sérieuses" mais les choses évoluent d'heure en heure. Deux sont dans le secteur du textile: un Français en lien avec des entreprises italiennes, et une PME rhônalpine. Le troisième, né àYssingeaux, est dans la maroquinerie de luxe. Ils reprendraient entre 50 et l'intégralité des salariés. C'est l'administrateur judiciaire, qui gère la liquidation, qui fera son choix parmi les offres. Laurent Wauquiez, ancien secrétaire d'Etat à l'Emploi, a en outre affirmé que deux millions d'euros, pris sur un fonds étatique de revitalisation, étaient réservés à l'usine d'Yssingeaux "pour accompagner une réindustrialisation". De plus, "on pourra utiliser tous les outils de politique de l'emploi", "j'ai carte blanche", a-t-il assuré.
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