mardi 24 janvier 2012

Libye: retour au calme à Bani Walid, confusion sur l'origine des violences



Cinq personnes ont été tuées lundi dans cette ville à 170 km au sud-est de Tripoli, qui n'est tombée aux mains de la rébellion que quelques jours avant la mort de l'ancien dirigeant Mouammar Kadhafi et la "libération" de la Libye en octobre 2011. ( © AFP Karim Sahib)
TRIPOLI (AFP) - Le calme semblait revenu mardi dans l'ancien bastion kadhafiste de Bani Walid mais la confusion régnait toujours sur l'origine des violences qui ont fait cinq morts la veille et ont été attribuées par des responsables locaux à des partisans de l'ancien régime libyen.
"La situation est calme aujourd'hui. Elle est sous contrôle", a déclaré à l'AFP le colonel Salem al-Ouaer, un commandant militaire se trouvant sur place.
"La situation est bonne", a confirmé Mahmoud el-Werfelli, le porte-parole du conseil local de la ville, affirmant que que ce sont des partisans de l'ancien régime qui sont à l'origine des violences.
Cinq personnes ont été tuées lundi dans cette ville à 170 km au sud-est de Tripoli, qui n'est tombée aux mains de la rébellion que quelques jours avant la mort de l'ancien dirigeant Mouammar Kadhafi et la "libération" de la Libye en octobre 2011.
Selon des responsables locaux, des pro-Kadhafi ont attaqué une base d'anciens rebelles avec des mitraillettes et des RPG, avant de "prendre le contrôle" de la ville, brandissant des drapeaux verts de l'ancien régime.
Mais tout en confirmant des affrontements et un bilan de cinq morts, le ministre de l'Intérieur Faouzi Abdelali a démenti lundi que les violences aient été le fait de partisans de l'ancien régime.
"Les informations dont nous disposons disent qu'il y a des problèmes internes entre les habitants de cette ville, et c'est la raison de ce qui s'est passé", a-t-il affirmé.
M. al-Ouaer a affirmé que le conflit était "purement local", ajoutant que des cheikhs de la puissante tribu des Werfella se réunissaient mardi dans une mosquée à Bani Walid pour examiner la situation.
De son côté, le gouvernement se réunissait "pour discuter de la situation à Bani Walid", a indiqué à l'AFP une source ministérielle.
Deux journalistes de l'AFP qui ont pu se rendre brièvement sur place lundi ont rapporté que la confusion régnait et qu'il n'était pas possible de savoir qui était du côté de l'ancien régime, qui des nouvelles autorités. Dans la soirée la situation était calme et il n'y avait pas de drapeau vert dans les quartiers visités par l'AFP.
Les autorités elles-mêmes ne semblaient pas savoir exactement ce qui se passait dans la ville en raison des informations contradictoires qui leur parvenaient, a indiqué à l'AFP une source proche du CNT.
Sur sa page officielle sur Facebook, le CNT affirmait ainsi lundi soir que "ce qui se passe à Bani Walid maintenant est une tentative désespérée des restes du régime déchu".
Un porte-parole du conseil militaire de Misrata, à l'est de Tripoli, a indiqué que des brigades s'étaient préparées au cas où le gouvernement leur demanderait d'intervenir à Bani Walid.
"Nous avons eu des informations contradictoires. Depuis hier, nous avons protégé les accès sud de Misrata au cas où", a affirmé Fathi Bach Agha.
A Tripoli et Benghazi (est), la sécurité a également été renforcée dans la nuit de lundi à mardi, des barrages ayant été érigés dans plusieurs quartiers des deux villes.
Ces violences interviennent au moment où le CNT fait face à la crise politique la plus grave depuis son arrivée au pouvoir. Dimanche, son vice-président, Abdelhafidh Ghoga, a dû démissionner sous la pression de la rue.
Le chef du CNT, Moustapha Abdeljalil, a exclu une démission du Conseil, en mettant en garde contre "une guerre civile". Les autorités peinent à contenir les groupes armés dans le pays plus de trois mois après la "libération".
Mardi, d'anciens combattants rebelles ont manifesté à Tripoli contre le CNT.
"Kadhafi est mort mais le système est resté le même, et le CNT fait tout pour marginaliser les thowars. 90% de ceux qui travaillent avec Abdeljalil ne servent que leurs propres intérêts", a accusé Omar Rajbani, l'un des manifestants.
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