vendredi 27 janvier 2012

L'Arcep va revérifier le réseau de Free après deux semaines de polémiques



PARIS — L'arrivée de Free perturbe tellement le secteur de la téléphonie mobile que, fait exceptionnel, l'Autorité de régulation des télécoms, l'Arcep, va de nouveau vérifier que le quatrième opérateur respecte bien ses obligations de couverture, après deux semaines de polémiques.
L?Autorité qui avait procédé fin 2011 à une "vérification attentive des informations transmises par Free Mobile" avait indiqué à la mi-décembre que Free Mobile "respectait à cette date le niveau de déploiement 3G qu'elle devait atteindre à l'échéance du 12 janvier 2012", c'est à dire 27% de la population.
Cependant, à la suite du lancement de Free Mobile, le 10 janvier, plusieurs articles de presse citant des opérateurs concurrents, sous couvert d'anonymat, avaient fait état de la possible désactivation par l'opérateur de certaines de ses antennes.
Interrogé par l'AFP, l'Arcep avait alors répondu qu'aucune plainte formelle d'un opérateur n'avait été déposée contre le nouvel entrant.
Mercredi, cependant, ce sont les syndicats CFE-CGC et UNSA des opérateurs télécoms mobiles qui ont demandé une enquête sur Free Mobile qui serait selon eux "en situation de manquement permanent à ses obligations de couverture de la population métropolitaine".
Le même jour, le ministre de l'Industrie Eric Besson demandait officiellement dans un courrier au président de l'Arcep Jean-Ludovic Silicani de vérifier le réseau de Free au regard des "nombreuses interrogations" apparues depuis son lancement.
L'Arcep a donc indiqué vendredi que "dans un souci de transparence et de sérénité", elle estimait utile de demander à la société Free Mobile d?actualiser les informations relatives à l?état de son réseau".
Arbitre impartial
L'Autorité va notamment demander au quatrième opérateur "une liste des sites installés, des sites effectivement activés et des motifs qui auraient pu la conduire, le cas échéant, à l'extinction de certaines stations de son réseau".
Cette décision satisfait Maxime Lombardini, directeur général d'Iliad, maison mère de Free. "Il était temps qu'on sorte de cette polémique qui a été allumée par certains de nos concurrents. Au moins, là, on va avoir un arbitre impartial, selon des méthodes de mesure éprouvées. Cela remet la balle au centre", a-t-il réagi.
L'Arcep examinera ces éléments et le cas échéant "engagera une vérification sur le terrain, selon la même méthode que celle utilisée pour les précédents contrôles", un fait exceptionnel dans un si court délai après la première vérification.
L'Autorité a toutefois tenu à signaler que le lancement d?un nouveau réseau mobile représente une "opération complexe" qui peut nécessiter des "réglages et des mises au point légitimes" dès lors que les engagements de couverture de l?opérateur sont respectés et dans la mesure où le service aux consommateurs n?est pas altéré.
Comme réponse aux "interrogations" des opérateurs concurrent, l'Arcep a également rappelé "que l?obligation de couverture, dans les deux ans suivant la délivrance des autorisations, qui était prévue par les licences 3G attribuées en 2001 et 2002 respectivement à Orange France, SFR et Bouygues Telecom, n?avait pas été respectée et que, si l?Arcep a alors toléré cet état de fait, c?était en raison des difficultés techniques et économiques invoquées par les opérateurs".
Le directeur exécutif d'Orange Pierre Louette s'est dit, pour sa part, "extrêmement surpris que l'Arcep fasse cette comparaison dénuée de fondement. C'était une époque et un contexte différents; Free arrive alors que la 3G existe depuis six ans et que les autres opérateurs ont essuyé les plâtres en 2005".
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