lundi 23 janvier 2012

Hollande et les médecins : "Sarkozy aurait pu dire la même chose"


François Hollande en meeting au Bourget le 22 janvier 2012 : "Nous combattrons les déserts médicaux" CHESNOT/CHAMUSSY/SIPA
François Hollande en meeting au Bourget le 22 janvier 2012 : "Nous combattrons les déserts médicaux" CHESNOT/CHAMUSSY/SIPA
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Lors de son discours du dimanche 22 janvier au Bourget, François Hollande a consacré quelques mots au système de santé, qu'il veut rendre plus accessible. Réaction : ses propos mériteraient d'être précisés. 

Hollande : "Trop de Français doivent renoncer à se soigner, pour des raisons financières ou pour des raisons de domicile. Les dépassements d’honoraires seront donc encadrés."

Pour Michel Chassang, président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), majoritaire :
Ce n’est pas une première : il y a longtemps qu’il dit qu’il y a un problème dans l’accès aux soins et le constat est partagé par la profession. La question est de savoir comment on s’y prend. François Hollande veut une loi, nous voulons une négociation."
Pas plus loin que vendredi dernier, 20 janvier 2012, des négociations ont repris entre la caisse d’assurance maladie, dont on attend l’augmentation du remboursement de certains actes sous-valorisé (obstétrique, chirurgie, anesthésie), les mutuelles, dont on attend la prise en charge d’une partie des dépassements, et les médecins, dont les "dépassements excessifs" doivent cesser.
Bernard Granger, professeur en psychiatrie à l’Université Paris-5 Descartes et secrétaire du Mouvement de défense de l’hôpital public (MDHP, présidé par André Grimaldi), voit pour sa part dans les propos de François Hollande une certaine "démagogie" :
Je n’ai pas senti une remise en cause du fonctionnement actuel. Il faut une réflexion globale sur la rémunération des médecins français, moins payés que les anglais et les allemands."
Selon le MDHC, la rémunération à l’activité doit être associée à une rémunération forfaitaire pour certains types de soins pour éviter une course à l’acte, coûteuse pour le système d’assurance maladie.

Hollande : "Nous combattrons les déserts médicaux"

François Hollande reprend un point déjà abordé dans une interview à la "Dépêche du Midi" le 13 janvier. Il y proposait la mise en place d’une "aide à l’installation des jeunes médecins". Selon  estime Michel Chassang, de la CSMF : 
C’est bien. Mais certaines mesure existent déjà pour favoriser l’installation dans les zones sous-denses en médecins et elles ne sont pas mises en œuvre."
En revanche, François Hollande ne s’est pas prononcé sur la question bien plus épineuse de la liberté d’installation, qui pourrait aboutir à interdire les installations dans les zones où il y a trop de médecins et à obliger les jeunes médecins à s’installer dans les zones qui en manquent.

Hollande : "Et par un nouveau système de tarification, qui fera la part entre l’activité et le service public, l’hôpital public sera conforté dans ses tâches et dans ses missions."

Selon Bernard Granger, du MDHP :
Ce sont de bonnes intentions, mais qui restent très floues. Nicolas Sarkozy aurait pu dire la même chose. Il existe déjà une double source budgétaire qui prend en compte la tarification à l’acte d’un côté, la mission de service public de l’autre."
Le MDHP plaide pour une limitation franche de la tarification à l’activité "pour des raisons d’efficacité, puisque la tarification actuelle a pour effet pervers de multiplier les actes rentables pour augmenter le budget de l’hôpital."
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