mardi 24 janvier 2012

Génocide arménien : la Turquie calme le jeu


Mis à jour  | publié  Réactions (64)
Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.
Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.
 S'abonner au Figaro.fr

ZAPPING VIDÉO - Dans un discours au Parlement turc mardi matin, le premier ministre Recep Tayyip Erdogan est resté évasif sur d'éventuelles sanctions.

Beaucoup de menaces pour rien? Depuis décembre, le gouvernement turc promettait une seconde salve de représailles contre la France si le Sénat adoptait la loi qui pénalise la négation des génocides d'une peine d'un an de prison et de 45.000€ d'amende. Après le vote du Palais du Luxembourg lundi soir, de nouvelles sanctions d'Ankara étaient donc attendues.
Mais, lors de son allocution hebdomadaire devant les députés de son parti à l'Assemblée, mardi matin, le premier ministre Recep Tayyip Erdogan n'a consacré que quelques minutes à la crise avec Paris, coincées entre les tensions entre chiites et sunnites en Irak et la mort de contrebandiers kurdes.
Des mesures seront prises contre la France «étape par étape», a-t-il déclaré, sans donner plus de précisions, si la loi est promulguée. En attendant, la Turquie fait «encore preuve de patience».
Pour le chef du gouvernement turc, inhabituellement modéré, ce texte «est de la discrimination», mais «la dignité requiert de ne pas se bagarrer avec la France qui a une mentalité racist». Il a précisé qu'un travail de lobbying avait commencé auprès des parlementaires français pour essayer d'obtenir la saisie du Conseil constitutionnel - soixante élus disposent de dix jours pour effectuer cette démarche.

Réactions émotionnelles

Si les relations à long terme entre les deux pays risquent d'être endommagées, notamment la coopération diplomatique au Moyen-Orient, les conséquences immédiates du courroux de la Turquie semblent donc limitées.


Pour l'instant, les réactions se situent essentiellement sur le terrain émotionnel. La presse turque était, mardi matin, à l'unisson. «France, honte à toi!», titrait ainsi fiévreusement le quotidien populaire Vatan - La Patrie. À sa Une, le journal Sözcü représentait Nicolas Sarkozy avec des oreilles pointues et proclamait que «son nom (était) désormais Satan».
Le vote du texte a donné lieu à un concert de critiques dans la classe politique. Le ministre du travail, Faruk Celik, a accusé le président français d'être «l'homme qui a massacré l'histoire». Pour le chef de la diplomatie, Ahmet Davutoglu, «l'Inquisition» est tout bonnement de retour en France. Mais le communiqué de son ministère, tout en dénonçant «un acte irresponsable», qui «bafoue (…) les valeurs humaines fondamentales», ne prévoit de mettre en place des sanctions, sans les nommer, que si «le processus de finalisation de la loi (allait) à son terme».
Fin décembre, dans la foulée du vote en première lecture de la loi par les députés français, Ankara avait décrété un gel de la coopération politique et économique entre les deux pays.
LIRE AUSSI: 
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...