samedi 21 janvier 2012

Afghanistan : Clinton ne croit pas au retrait anticipé des forces françaises


ARCHIVES. La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton.

ARCHIVES. La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton. | AFP/Win Mcnamee

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Après avoir appris dans la matinée la mort de quatre militaires français tués par un soldat afghan, a annoncé la suspension de toutes les opérations de formation et de l'aide au combat aux militaires afghans et envisagé un retrait «anticipé» du contingent.
Outre-Atlantique, le Pentagone a été le premier à réagir en déclarant en substance que c'était à  d'en décider, en insistant toutefois sur le caractère «crucial» de la formation de militaires afghans avant la transition prévue en 2014. La Maison Blanche a exprimé vendredi ses condoléances sans faire de commentaire. Mais dans la soirée, la secrétaire d'Etat Hillary Clinton a été plus loquace. 

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a déclaré : «Nous sommes en contact étroit avec nos collègues français et nous n'avons aucune raison de penser que la France ne va pas continuer à faire partie du délicat processus de transition» en Afghanistan. «Je compatis vraiment avec ce qui est arrivé aux soldats français», a-t-elle ajouté. La Maison Blanche avait auparavant exprimé ses condoléances mais a refusé de commenter la possibilité d'un retrait anticipé des forces françaises déployées dans ce pays. «Les Français sont dans nos pensées et nos prières», avait  déclaré le porte-parole du Barack Obama, Jay Carney, en qualifiant Paris de «membre éminent de la mission de l'Otan» en Afghanistan. 

La France a pris des engagements en novembre 2010

La France compte actuellement 3 600 soldats en Afghanistan sur les quelque 130 000 de la force de l'Otan. Au nom des engagements internationaux de la France, Nicolas Sarkozy s'en tenait jusqu'à présent au calendrier de la coalition internationale fixé en novembre 2010 à  Lisbonne. Il fixe à fin 2014 le retrait définitif des forces combattantes de l'Otan en Afghanistan. Le retrait français a en fait débuté en octobre 2011, avec le retour en France de 400 militaires, et devait se poursuivre avec le départ de 600 soldats supplémentaires en 2012, proportionnellement au retrait des troupes américaines annoncé en 2011. Nicolas Sarkozy doit rencontrer le président afghan Hamid Karzaï le 27 janvier à Paris. Ce dernier a présenté ses condoléances «au peuple français et aux familles des victimes». Quoiqu'il en soit, la confiance nécessaire à la coopération entre soldats français et afghans semble désormais compromise

Pour le Pentagone, c'est à Paris de décider

«C'est purement une décision que seul le gouvernement français peut prendre. C'est à lui de décider de sa contribution et de l'amender comme il l'entend», avait déclaré auparavant un porte-parole du Pentagone, le capitaine de vaisseau John Kirby . «Les Français sont de précieux alliés et de précieux amis. Nous sommes reconnaissants de leur contribution aux opérations de l'Otan, particulièrement en Afghanistan (...). La mission d'entraînement (des forces afghanes, ndlr) est cruciale, vitale pour notre succès, notre capacité à assurer la transition d'ici 2014», a toutefois insisté John Kirby, pour cette mission est une réussite.

L'Etat- major américain reconnaît que les meurtres de soldats se multiplient

Huit officiers et sous-officier américains ont été tués à l'aéroport de Kaboul par un colonel afghan le 27 avril 2011. Deux légionnaires français ont été abattus le 29 décembre et un soldat américain tué la semaine passée alors qu'il jouait au volley-ball sur une base de la province de Zabul (sud-est). «Il semble que leur fréquence augmente ces derniers mois mais nous n'arrivons pas à en distinguer la cause», a reconnu le capitaine de vaisseau Kirby qui nie en revanche tout «problème endémique ou systémique». Mais a plaidé le porte-parole : «La grande majorité des opérations effectuées en partenariat sont conduites avec succès, sans accroc et efficacement».

Selon un rapport, ce type d'homicides ne peut que croître
Un rapport classé de l'Isaf, la force de l'Otan, révélé vendredi par le «New York Times» balaie le caractère isolé de ces incidents mais relève un problème «systémique» dû notamment aux incompatibilités culturelles et au manque de confiance entre soldats afghans et internationaux. «Les altercations mortelles sont loin d'être rares et isolées, elles reflètent une menace systémique croissante» pointe le rapport, cité par le quotidien. Les commentaires de l'Isaf sur le caractère isolé de ces homicides «semblent peu sincères, sinon d'une profonde malhonnêteté intellectuelle», ajoute l'auteur du rapport, qui minimise l'importance du rôle de talibans infiltrés au sein des forces afghanes dans ces incidents.

Mais l'Isaf, la force de l'Otan en Afghanistan, travaille avec le gouvernement afghan pour éviter de nouvelles attaques isolées de soldats afghans contre ses troupes, a affirmé vendredi le général John Allen. «Je serai éternellement reconnaissant envers ces soldats français pour leur exceptionnel courage, leur dévouement, leur caractère et les services rendus à leur nation. On se souviendra toujours d'eux», a-t-il déclaré.





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