vendredi 27 janvier 2012

ACCUEIL > SOCIÉTÉ > JEAN-CLAUDE MAS MIS EN EXAMEN POUR BLESSURES INVOLONTAIRES Jean-Claude Mas mis en examen pour blessures involontaires



Créé le 27-01-2012 à 07h37 - Mis à jour à 12h07      

Selon son avocat, le fondateur de PIP a répondu à "des centaines de questions sur sa responsabilité", avant d'être relâché sous contrôle judiciaire.

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Jean-Claude Mas a été mis en examen vendredi 27 janvier pour "blessures involontaires", a-t-on appris auprès de son avocat. Le fondateur de la société de prothèses mammaires PIP (Poly implant prothèse) avait été interpellé dans le Var au domicile de sa compagne, puis placé en garde à vue, avant d’être relâché sous contrôle judiciaire - contre le versement d'une caution de 100.000 euros.
Entendu pendant un peu plus de deux heures, Jean-Claude Mas a répondu à "des centaines de questions sur sa responsabilité", selon son avocat, Me Yves Haddad. Le défenseur du fondateur de PIP ajoute que ce dernier a exprimé des "inquiétudes" pour les porteuses de prothèses au gel non conforme, toujours selon son avocat. Jean-Claude Mas est, enfin, "soulagé d'avoir été entendu".
Dans le cadre de l’enquête ouverte en décembre 2011 "pour homicide et blessures involontaires", confiée à la juge d'instruction Annaïck Le Goff, Jean-Claude Mas risque cinq ans de prison pour homicide involontaire et trois ans pour blessures.
"Il a rappelé le fonctionnement de l'entreprise", a également indiqué Me Haddad. Lequel souligne que son client s'est montré "très coopératif", s'expliquant "sur les responsabilités de chacun", notamment sur ses relations "avec les fournisseurs". Claude Couty, l'ancien directeur financier devenu directeur général puis président du directoire de PIP, a lui aussi été transféré au TGI de Marseille dans la soirée pour être entendu par la juge Le Goff.

"Je l'ai sciemment fait"

Des perquisitions avaient été menées jeudi, en particulier dans la luxueuse villa de la compagne de Jean-Claude Mas, où se trouveraient des oeuvres d'art de valeur, "afin de saisir d'éventuelles pièces à conviction", a précisé le procureur de Marseille.
Jean-Claude Mas, qui n'avait pas fait d'apparition publique depuis que le scandale sanitaire mondial a éclaté, a fondé en 1991 PIP, entreprise dont le siège était à La Seyne-sur-Mer et qui est en faillite depuis 2010. Il a admis avoir produit un gel de silicone non homologué mais réfute tout danger.
"Je savais que ce gel n'était pas homologué, mais je l'ai sciemment fait car le gel PIP était moins cher (...) et de bien meilleure qualité", avait expliqué Mas en octobre aux gendarmes, selon un procès-verbal d'audition dont l'AFP avait eu copie. Me Philippe Courtois, avocat de l'association des Porteuses de prothèses PIP (PPP), s'est félicité de cette interpellation : "C'est la mise en marche normale qui aurait pu être faite depuis le début de l'année. Rien ne l'empêchait aujourd'hui de quitter le territoire, il ne se sentait pas inquiété par la justice".
La présidente de l'association des Porteuses de prothèses, Alexandra Blachère, doit se rendre ce vendredi chez la juge. Une autre plaignante, Murielle Ajello, présidente du Mouvement de défense des femmes porteuses d'implants et de prothèses (MDFPIP), a été entendue jeudi par la magistrate.
A ce stade, plus de 2.500 plaintes ont été reçues par la justice.
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