dimanche 4 décembre 2011

Coupe Davis : un set pour l’éternité


Rafael Nadal a offert à l'Espagne sa cinquième Coupe Davis en dominant Juan Martin Del Potro (1/6, 6/4, 6/1, 7/6) à l'issue d'un match et d'un quatrième set mémorables.
L'histoire du sport est ainsi faite qu'elle recèle de moments uniques, de minutes où le temps semble se suspendre, d'instants précieux que l'on raconte avec la même vigueur et le même enthousiasme vingt ans après. Il ne fait guère de doute que ce quatrième set entre Rafael Nadal et Juan Martin Del Potro, cette ultime manche de la finale de la Coupe Davis 2011, va fièrement venir prendre place au beau milieu de ce florilège. Car, sans présumer de la mémoire des uns et des autres, on peut affirmer avec certitude que pas un spectateur de l'affrontement n'oubliera ces ultimes moments.
1/1. Regonflé par une troisième manche survolée, Nadal commence par réaffirmer sa supériorité du moment. Devant une foule déjà extatique, il prend
le service de Delpo... qui refait son retard dans la foulée ! Essoré, tourneboulé pendant 5 heures deux jours plus tôt par David Ferrer, l'Argentin est à bout de forces. Ses pas sont lourds, lents, patauds et ses coups perdent la force qui les anime d'ordinaire. Quand Rafa se remet d'aplomb et vire à 3/2 service à suivre, comment peut-on imaginer ce qui est sur le point de se passer ? Comment supposer l'impossible ?
Le retour du possédé
Pourtant, l'impossible se produit. Sachant que son salut ne peut passer par une lutte physique perdue d'avance, Juan Martin fait tomber la grêle. Il cogne comme un damné dans tout ce qui bouge comme si sa vie en dépendait. La transformation est telle qu'on le croit habité, limite possédé. Lui qui parvenait à peine à regagner sa chaise au changement de côté virevolte désormais entre les points et ponctue tous les échanges les plus délirants
par autant de sauts de cabris, le poing serré !
Le regard hagard, Nadal ne sait pas ce qui lui arrive. Dans une cacophonie monumentale (quel bruit ! quelle ambiance !), il recule, explose, fléchit
sous le poids de la conviction. Del Potro mène 5/3. Il sert pour le set, pour arracher l'espoir. L'arbitre français, Pascal Maria, est dépassé. Il ne peut endiguer les hurlements qui dévalent les tribunes et scandent chaque première balle manquée, ou mieux, chaque coup réussi. On en revient à ces instants hors du temps où l'on oublie le reste. Tout le reste. Le sport donne ici sa pleine mesure et dévoile son pouvoir d'attraction inouï. Et c'est loin d'être fini.
source www.lemonde.fr
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