mardi 8 février 2011

Les "révolutions" arabes nuisent-elles à Al-Qaïda ?


Une capture d’écran prise le 15 avril 2004 de la chaîne Al-Arabiya montre Oussama Ben Laden.Une capture d’écran prise le 15 avril 2004 de la chaîne Al-Arabiya montre Oussama Ben Laden.© AFP
D’après plusieurs experts, les soulèvements populaires que connaissent la Tunisie, l’Égypte ou encore le Yémen et la Jordanie, pourraient être catastrophiques pour Al-Qaïda et les autres mouvements djihadistes, en montrant qu'une autre voie que la violence peut faire tomber des régimes autoritaires pro-occidentaux.
« Ce serait une dangereuse erreur pour les djihadistes de s'éloigner des peuples. Nous devrions leur pardonner, nous rapprocher d'eux et les supplier de nous écouter, car séparer le mouvement djihadiste du mouvement musulman populaire signerait notre fin. »
Cette réflexion, postée par le cyber-prédicateur radical  Abou Moundhir al-Shanqiti le 31 janvier sur un forum djihadiste (et traduite par SITE, l’institut américain de surveillance des sites islamistes), semble témoigner de la crainte de marginalisation des djihadistes après le début des soulèvements populaires et pacifiques dans le monde arabe.
Silence gêné
Car le mouvement djihadiste (comme, sur ce point, de nombreux gouvernements occidentaux) semble n’avoir rien vu venir et est largement dépassé par les manifestations en Tunisie, Égypte, Jordanie ou encore au Yémen.
« Al-Qaïda a été complètement prise de court par la contestation populaire dans le monde arabe », remarque Jean-Pierre Filiu, professeur à Sciences-Po Paris et à l'Université Columbia. « Elle est d'ailleurs pratiquement silencieuse sur ce sujet, car incapable de proférer le moindre commentaire d'actualité, tant cette nouvelle donne la dépasse. »
Pour Dominique Thomas, spécialiste de l'islamisme radical à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS, France), « les groupes djihadistes sont à la croisée des chemins : si les événements font boule de neige, suscitent des vocations démocratiques dans la région et que les peuples parviennent à renverser des dictatures sous la seule pression de la rue, ce sera une réfutation cinglante de leurs thèses ».
« Si c'est par le peuple que les régimes tombent, Al-Qaïda et les groupes djihadistes auront du mal à rebondir et à adapter leur discours », ajoute-t-il.
Les leaders d’Al-Qaïda sont « sans doute embarrassés, estime-t-il encore. Il va falloir que Ben Laden ou mieux l'Égyptien Al-Zawahiri s'expriment rapidement, faute de quoi leur discours perdra toute substance ».
Islamisme non-violent
Surtout, les mots d’ordres des manifestants (la démocratie, les élections et la transparence du pouvoir) sont très éloignés des revendications d’Al-Qaïda.
Les Frères musulmans, qui viennent de réintégrer le jeu politique égyptien, avaient quant à eux su se couler dans le mouvement et ses revendications.
Ils « condamnent tous la violence politique, rappelle Maha Azzam, du programme "Moyen-Orient" du centre de réflexion londonien Chatham House. [...] Si la transition est pacifique, si cela aboutit à un système politique incluant tout le monde, cela se fera au détriment des groupes radicaux », affirme-t-elle.
En revanche, soulignent ces experts, un échec du mouvement démocratique, une répression aveugle ou des coups d'État militaires seraient une aubaine et une validation de leurs thèses pour les partisans de l'islamisme radical. (avec AFP)

Les chantiers en panne de l'Afrique centrale



Les chefs d'État de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale.Les chefs d'État de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale.© Rafaël Ricoy
Air Cemac, passeport commun, Bourses... Le sommet des chefs d’État d'Afrique centrale de janvier 2010, à Bangui, se voulait celui d’un nouveau départ. Les principaux projets de l’intégration régionale devaient ainsi être relancés. Un an après, le bilan est plus que mitigé.
1. Air Cemac : toujours cloué au sol
Il y a un an, au sommet de Bangui, les chefs d’État de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) avaient levé un des obstacles qui freinaient le décollage de la compagnie aérienne régionale en choisissant Brazzaville pour abriter son siège. Air Cemac devait décoller avant l’été 2010, le transporteur n’a jamais pris son envol. « Mettre en phase les intérêts de six pays dans un projet comme celui-là est un exercice très délicat », explique Jean-Marie Maguena, vice-président de la Commission de la Cemac et président du comité de pilotage du projet. Désormais, c’est chose faite, assure-t-on à la Commission. « Les six États ont accordé les droits de trafic à Air Cemac et donné leur contribution [10 % chacun, NDLR], soit 60 % du capital. La Banque de développement des États de l’Afrique centrale [BDEAC] a financé les 40 % restants », explique le vice-président.
L’assemblée générale constitutive créant juridiquement la compagnie s’est tenue en novembre, à Brazzaville. Un siège flambant neuf devrait être livré dans le courant du premier trimestre, et Douala sera le futur hub de la compagnie. 2011, indique-t-on à la Commission, sera l’année du démarrage. À N’Djamena, le ton est plus mesuré. « Tant que le projet sera piloté par les États et non par des acteurs privés, il peinera à avancer », affirme Adoum Younousmi, ministre tchadien des Transports, qui ne croit guère à un décollage cette année… D’après lui, le montant du capital de démarrage, 15 millions d’euros, « est insignifiant » comparé aux 40 millions d’euros d’Asky Airlines lors de son lancement. Autre réserve : la décision de South African Airways de ramener dans un premier temps son partenariat avec Air Cemac à une simple assistance technique, alors qu’il était convenu que le transporteur sud-africain serait un partenaire stratégique et actionnaire de la compagnie communautaire.
2. Passeport commun : rien de concret
C’est un projet vieux de près de dix ans. Le passeport Cemac devait enfin être concrétisé en 2010, il n’en a rien été. En juillet, les derniers détails du document de voyage (armoiries, codes couleurs…) ont été revus avec les opérateurs. Selon la Commission, en fonction de leurs moyens, les États peuvent désormais émettre des passeports biométriques avec la certification de la Cemac.
3. Bourses : mariage difficile
« Je vous promets que nous allons fusionner les Bourses de Douala et de Libreville. » Dans les coulisses du sommet de Bangui de 2010, Paul Biya aurait lui-même fait cette promesse aux autorités du marché financier d’Afrique centrale. Le président camerounais et ses pairs avaient d’ailleurs demandé, dans leur communiqué final, à la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf) d’« harmoniser » le rapprochement entre le Douala Stock Exchange (DSX) et la Bourse des valeurs mobilières d’Afrique centrale (BVMAC). Alexandre Gandou, président de la Cosumaf, avait alors tablé sur une fusion avant la fin de décembre 2010. Mais depuis, aucune avancée notable n’a été réalisée. La raison ? La réticence des dirigeants du DSX. Face au blocage, la Banque africaine de développement (BAD), le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale devraient nommer prochainement un expert qui proposera un plan de rapprochement accepté par les deux parties. En somme, le processus n’est pas près d’aboutir.
4. Plan de développement : un net retard sur ses voisins
En bref, l’Afrique centrale a un retard significatif par rapport à la partie occidentale du continent. Exemple : l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a voté et appliqué un Programme économique régional (PER) depuis 2004. La Cemac n’a adopté le sien qu’en janvier 2010. Et ce n’est que cette année qu’elle devrait commencer à mobiliser les fonds pour financer ce plan qui vise à faire des pays de la zone des économies émergentes à l’horizon 2025.

Cameroun : deux gendarmes tués et plusieurs fonctionnaires enlevés à Bakassi


Vue aérienne près d’Akwa, dans la province de Bakassi (Cameroun), le 3 novembre 2008.Vue aérienne près d’Akwa, dans la province de Bakassi (Cameroun), le 3 novembre 2008.© AFP
Dans la péninsule de Bakassi (sud-ouest du Cameroun), une attaque menée dans la nuit de dimanche à lundi par des rebelles a provoqué la mort de deux gendarmes. Plusieurs personnes, dont un sous-préfet, ont également été enlevées.
Les rebelles de la péninsule de Bakassi ont encore frappé. « Vers 3 heures du matin (2 heures GMT), des rebelles ont attaqué la localité de Bonjo (nord-ouest de la péninsule) où ils ont tué deux gendarmes. Ils ont ensuite attaqué la ville d'Akwa », relate une autorité administrative de la zone de Bakassi. Qui ajoute : « Depuis lors, nous sommes sans nouvelles du sous-préfet de l'arrondissement de Kombo A Bedimo [ayant pour chef lieu Akwa], du commandant de la brigade [de gendarmerie] de la ville et du commissaire [de police]. »
Selon cette même source, une « attaque » avait également eu lieu « la semaine dernière » à Ekondo Titi, entraînant la mort « d'un soldat ». Deux rebelles avaient alors été blessés et sont toujours soignés à Ekondo Titi.
Douze personnes détenues
L'attaque de la nuit serait l'œuvre de l'Africa Marine Commando (AMC), selon une source proche des services de securité. Ils auraient confirmé avoir « avoir tué [au moins] un gendarme à Bonjo. Ils disent qu'ils détiennent douze personnes dont un sous-préfet. Les otages seraient tous des Camerounais », précise cette source.
Responsable d'une attaque d'une plate-forme pétrolière ayant fait six morts en novembre 2010, l'AMC est présenté comme le principal groupe rebelle actif à Bakassi. Il exige de chaque compagnie pétrolière en activité dans la zone de Bakassi le versement d'un « impôt mensuel ».

Des militaires camerounais le 26 mars 2010 sur une route construite par l’armée, près d'Akwa, dans la péninsule de Bakassi.
© AFP
Depuis trois ans, les attaques en mer et enlèvements - souvent attribués par les autorités camerounaises à des « pirates » - se sont multipliés au large de la péninsule de Bakassi, région marécageuse de 1 000 km2, difficile d'accès et potentiellement riche en pétrole et gaz.
Après un différend frontalier entre Abuja et Yaoundé, la péninsule a fait l'objet d'un accord au terme duquel elle a été rétrocédée au Cameroun en 2008. Avant l'AMC, les Bakassi Freedom Fighters (BFF) avaient eux aussi opéré de nombreuses attaques dans la région, enlevant notamment en novembre 2008, dix personnes dont sept Français salariés du secteur pétrolier. (Avec AFP)

L’Egypte et les pratiquants de l'aveuglement volontaire - par Guy Millière



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La plupart des analyses publiées en France concernant la situation en Egypte sont marquées par un crétinisme auquel je suis accoutumé, mais que je trouve néanmoins navrant. Ce serait, disent certains une révolution pour les "droits de l’homme", d’autres disent que c’est un « souffle de liberté ». Quand on n’a aucune connaissance, on a des opinions, je sais, et je sais même que moins on a de connaissance, plus on a des opinions : cela dit, quand les opinions se substituent pleinement à la connaissance et aux faits, on entre dans une situation qui ressemble à la chute libre et à l’encéphalogramme plat. 

La Tunisie est un pays où il existe une classe moyenne, où nombre de jeunes gens ont des diplômes attestant d’études supérieures et où les islamistes ont été assez largement éradiqués, on peut donc y espérer une évolution vers une démocratisation, quand bien même les risques de voir survenir tout autre chose continuent à exister et à plomber l’horizon. 

L’Egypte est un pays très différent. La classe moyenne y reste assez faible en nombre, les diplômés sont eux-mêmes peu nombreux, l’islam radical, bien que combattu par le régime en place, reste omniprésent, l’analphabétisme est très prégnant. Le seul mouvement politique organisé en dehors du parti encore au pouvoir et la seule force qui compte en dehors de l’armée, est la confrérie des Frères musulmans. 

Toutes les études d’opinion disponibles montrent que plus de cinquante pour cent des Egyptiens sont en faveur des attentats suicides, que plus de vingt pour cent soutiennent al Qaida, que plus de quatre vingt pour cent sont en faveur de la lapidation des femmes adultères, de l’élimination physique des apostats et, surtout, d’un gouvernement respectant strictement la charia. 

Le passage à la « démocratie », en un tel contexte, ne signifierait pas l’émergence d’une société paisible, mais la naissance d’une république islamique et, à terme, d’un Etat décomposé : quelque chose qui ressemblerait davantage à la Somalie qu’à la Nouvelle Angleterre au temps de la révolution américaine. 

On montre à la télévision des jeunes gens qui parlent anglais, ont un bon niveau de vie, utilisent un téléphone portable : ces jeunes gens existent. Ils représentent une petite minorité de la population. On ne montre pas les slogans antisémites, les panneaux caricaturant Moubarak avec une étoile de David sur le front, ou ceux l’accusant d’être un « agent sioniste ». On ne montre pas non plus les femmes en burqa et en tchador qui constituent l’essentiel des femmes présentes dans les manifestations.

Il semble que rien ne serve de leçon aux pratiquants de l’aveuglement volontaire et que leur haine des sociétés ouvertes au sein desquelles ils vivent soit venue à bout des neurones susceptibles d’exister encore dans leur cerveau. 

Certes, une Egypte islamiste isolerait davantage encore le pays que ces gens détestent le plus, Israël. Certes aussi, son avènement constituerait un revers majeur pour les Etats-Unis. De quoi susciter la joie des bien pensants. 

Mais l’Europe ne serait pas épargnée. Comme je l’ai déjà écrit, la bataille pour le cœur de l’islam en France ou ailleurs en Europe commence dans le monde musulman lui-même, et souhaiter une victoire de l’islam radical dans le principal pays du monde arabe équivaut à souhaiter à terme une victoire de l’islam radical en Europe. 

Nombre de ceux qui écrivent n’importe quoi en ce moment n’imaginent pas non plus ce que seraient les conséquences d’un canal de Suez passé en des mains ennemies. 

Ceux qui critiquaient Tony Blair pour avoir été fidèle à la doctrine Bush ne semblent pas s’étonner ou s’indigner de voir Sarkozy, Merkel ou Cameron parler en utilisant exactement les mêmes mots qu’Obama. Ils semblent aussi ne pas voir quel jeu saumâtre et délétère joue Obama : les dictatures menacées ou tombées dans le monde arabe ces derniers temps ont toutes la caractéristique d’être des alliées du monde occidental, et en lâchant Ben Ali, puis Moubarak, Obama adopte un comportement très différent de celui qu’il avait adopté vis-à-vis d’Ahmadinejad il y a un an et demi. 

En trahissant Moubarak et en l’humiliant publiquement, Obama a envoyé un message fort : tout allié des Etats-Unis peut s’attendre, tant que la Maison Blanche n’aura pas changé d’occupant, à ce type de traitement. Je ne doute pas que le message a été reçu en Arabie Saoudite et en Jordanie, mais aussi à Téhéran et du côté d’al Qaida. En insistant pour que les Frères Musulmans participent à un futur gouvernement, Obama a envoyé un autre message fort, qui va dans la même direction que l’ensemble de ses déclarations favorables à l’islam et très ouvertes à l’islam radical. 

Obama a, largement, échoué dans sa tentative de renversement du pouvoir égyptien : il a eu beau faire pression sur l’armée pour qu’elle jette immédiatement Moubarak par-dessus bord et pour qu’elle pactise avec les Frères musulmans, il n’est pas parvenu à ses fins. Il a néanmoins fragilisé Moubarak, suscité la colère des militaires, chez qui Moubarak jouit d’un grand respect, et suscité l’animosité de nombre d’Egyptiens qui, au travers du traitement réservé à Moubarak, se sont sentis vexés. Obama a fait que l’Egypte sera plus anti-américaine, plus anti-israélienne, moins stable, plus perméable à l’islamisme. Il a sans doute fait qu’elle sera moins démocratique qu’elle aurait pu l’être si des méthodes différentes et plus respectueuses avaient été adoptées. 

Le monde arabe est en état de sous-développement politique, économique et culturel. Bush a œuvré comme il l’a pu pour que ce sous-développement reflue. Obama est un adepte du relativisme culturel, des vieux dogmes anticolonialistes et des inepties gauchistes. La puissance américaine étant pour lui une mauvaise chose, tout ce qui peut la détériorer est bon à prendre. Tout « anti-impérialiste », fut-il islamiste, est un opprimé voulant se libérer. Les valeurs de l’islam, fut-il l’islam radical, sont aussi respectables à ses yeux que les valeurs américaines, voire plus respectables. Israël est, dans cette optique, un fruit du colonialisme et de l’impérialisme qui devra disparaître avec le reflux du colonialisme et de l’impérialisme.

Il suffit de lire les discours d’Obama pour comprendre. 

Ceux qui ne comprennent pas pratiquent le crétinisme, disais-je. Je me demande s’ils sont des pratiquants du crétinisme qui savent, par ailleurs, ce qu’il en est. Ou s’ils sont réellement imprégnés de crétinisme. J’hésite sur la réponse à apporter. 

Mais pour ce qui se passe en Egypte, je n’ai pas de doutes, hélas : au mieux, ce sera une dictature militaire plus hostile à Israël et aux Etats-Unis. Au pire ? Une république islamique, puis la Somalie, disais-je. A l’attention de ceux qui diraient qu’Obama n’y est pour rien, je procéderai bientôt à un bilan de deux années de doctrine Obama au Proche-Orient, avec tous les détails requis.

Guy Millière

Vers une Europe vieille et musulmane


Milliere Guy - mercredi 20 mai 2009
islamisteseurope
Une vidéo disponible sur le net (www.youtube.com/watch?v=6-3X5hIFXYU) porte sur l’évolution démographique de l’Europe. Les données qui s’y trouvent indiquées sont malheureusement exactes et vérifiables, pour peu qu’on se donne les moyens de consulter les statistiques d’organismes internationaux.

La natalité en Europe est en chute libre depuis une trentaine d’années et prend des allures de suicide collectif. Avec une moyenne de 1,36 enfant par femme, l’Europe, en l’espace d’une génération, aura 13 habitants là où il y en avait 20. Cette diminution s’accompagnera d’un vieillissement de l’âge moyen des populations qui, en 2030, s’approchera de cinquante ans, et d’un accroissement très net du nombre de personnes du troisième âge.
Les flux migratoires qui accompagnent cette évolution impliquent, de surcroît, une hausse continue du nombre de migrants venus d’Afrique du Nord, d’Afrique subsaharienne et du Moyen-Orient. Ces gens étant, pour la quasi-totalité d’entre eux, musulmans, il en résultera une islamisation accélérée de l’Europe, dont les signes sont d’ores et déjà visibles.

Si l’islam en question était un islam modéré, il y aurait moins de raisons d’être inquiet. La réalité est très différente : les principaux mouvements musulmans dans la plupart des pays d’Europe sont officiellement ou officieusement islamistes. L’UOIF en France est la branche française de la confrérie des Frères Musulmans dont le Hamas est la branche « palestinienne ».

Les programmes télévisés venus du monde musulman, et qui sont reçus partout en Europe, contiennent parfois des moments de vérité et de franchise tels qu’on aimerait les voir sur des chaînes de télévision européennes (entretiens avec des femmes courageuses telles Wafa Sultan ou Nonie Darwish, parole donnée à un journaliste algérien, Anwar Malek, très lucide sur la nullité qui règne aujourd’hui dans le monde arabe où, je me contente prudemment de citer, « la médiocrité corrompue des dirigeants est le reflet de la médiocrité des populations »), mais ils charrient aussi une vision biaisée de l’évolution du monde.

Des sites islamistes très visités diffusent de véritables incitations au djihad et au meurtre, et débordent d’antisémitisme, de racisme, de scènes de lapidation, d’exécutions sommaires et d’égorgements au couteau de boucher qui s’achèvent immanquablement par le geste consistant à poser la tête sanguinolente sur le corps lui-même.

Les services de renseignement évaluent à 10 % du nombre total de musulmans le nombre de ceux qui sont classifiables comme islamistes et à même de passer à l’action. En Grande-Bretagne et dans quelques autres pays, des sondages ont été réalisés montrant que le nombre de ceux qui approuvaient ou comprenaient le recours au terrorisme était entre trois et quatre fois plus élevé.

Il existe aussi des milliers de musulmans installés en Europe qui sont de braves gens, désireux de s’intégrer et d’entreprendre, mais que peuvent-ils faire, face à ce qui ressemble à une marée qui monte irrépressiblement ? Il existe des êtres qui sont à mes yeux des héros : des gens venus de l’islam et qui se sont convertis au christianisme, au péril de leur vie, puisque l’apostasie en islam est punie de mort. Mais, comme me le disait récemment l’un d’entre eux, un homme admirable dont je reparlerai ici et qui s’appelle Saïd Oujibou : « Si, lorsque nous nous réunissons, nous sommes mille, les islamistes, eux, peuvent regrouper aisément en France, du jour au lendemain, cent cinquante mille personnes ».

L’islam en Europe est à l’image de l’islam sur la planète. George Bush et les islamologues qui le conseillaient, tels le grand Bernard Lewis, comprenaient qu’à ne pas vaincre l’islamisme, celui-ci avancerait. L’Europe n’a cessé de faire preuve de lâcheté. Les journalistes américains se sont, pour bon nombre d’entre eux, transformés en propagandistes. Barack Hussein Obama est à la Maison Blanche. Il tend la main aux islamistes et les Européens, dans leur majorité, applaudissent. Ne voient-ils pas ce qui se profile ? L’Europe, très bientôt, sera vieille et musulmane. Y coexisteront de vieux Européens juifs et chrétiens, et de jeunes musulmans touchés par l’islamisme. À votre avis, qui l’emportera, si aucun sursaut ne se dessine ? 

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