mardi 25 janvier 2011

francais d'origine marocaine

ELIE SEMOUN

La ville ocre accueille, de jeudi 3 juin à samedi 5 juin au soir la première édition du Festival "Marrakech du rire" organisée par la société Debjam de Jamel et Karim Debbouze. Dans ce cadre, l'humoriste français d'origine marocaine Elie Semoun présentera son 6ème spectacle, intitulé "Merki", samedi soir. Rencontre.

Vous serez en spectacle au Festival “Marrakech du rire” le 05 juin pour présenter votre 6ème spectacle intitulé “Merki”. Pouvez-vous nous parler de la trame générale de ce show?

Le fil rouge de ce spectacle c'est le couple : la tromperie, la folie, la rupture, la jalousie, le mensonge...Sinon, il n'y a pas de thème précis dans ce spectacle. Comme à chaque fois, ce sera pour moi une sorte de balade, une caravane de laquelle je libère mes personnages. Ils seront un peu plus de 13 cette fois-ci.

A ce propos, aux côtés des célèbres Mickeline, Kévina, Toufik ou encore Papy Pétou, il y a dans ce spectacle des personnages inédits. Pouvez-vous nous les présenter?

Il y aura par exemple Colette, une chanteuse coiffeuse complètement nulle en chant comme en coiffure d'ailleurs, puis un autre chanteur bidon, etc. En fait, les nouveaux personnages sont, comme d'habitude des premiers de la classe (rire), pas vraiment ce que l'on peut appeler des champions. Ce sont des personnages qui ne sont pas lucides sur eux-mêmes, et c'est cela qui fait rire car le public lui est lucide.

Vous êtes d'origine marocaine. Vous êtes-vous déjà produit au Maroc et qu'est-ce que cela représente pour vous?

Je me suis déjà produit à Casablanca, à deux reprises. La première fois, je me souviens que le public n'était pas très attentif, il se levait, allait au toilette, téléphonait...C'est très déstabilisant! J'ai fait avec...Par contre, c'est un public très chaleureux que je connais bien, étant donné mes origines. Pour le Festival “Marrakech du rire”, je suis content de venir jouer à Marrakech pour la première fois. En plus, je viens avec mon père qui va retrouver ici ses racines. Enfin, je suis très content d'être invité par Jamel Debbouze à cet évènement car nous nous aimons vraiment beaucoup.

Connaissez-vous et appréciez-vous en particulier certains humoristes de la scène marocaine?

Je ne connais malheureusement pas trop les humoristes nationaux car je ne parle pas assez arabe pour les comprendre. Pour connaître néanmoins Djamel et Gad, je commence à connaître le système d'humour marocain. Les marocains ont d'ailleurs beaucoup d'humour.

Comment procédez-vous pour écrire vos spectacles? Et quels sont vos sujets de prédilection?

En fait ce qui m'intéresse le plus à traiter ce sont les loosers, ces personnes qui se prennent au sérieux. J'aime dans les spectacles que le public soit complice. Quant à l'écriture des spectacles, certains personnages sont inspirés de la réalité. En fait, beaucoup même. Il suffit d'ouvrir les yeux, si vous savez observer, il y a des fous partout (rire). Il y a tout le temps matière à rire.

Vous dites “ne pas avoir de tabous, ni sur scène, ni dans la vie”. Pensez-vous pour autant que l'on peut rire de tout, aborder tous les sujets avec l'humour?

Ah, la fameuse question...Je pense que l'on peut rire de tout, mais qu'il faut juste le faire avec intelligence. Sans prétention, je pense que l'humour requiert de l'intelligence. Quand on est intelligent, on n'écrit pas sur le racisme, sur les juifs, les arabes, etc..Quand on n'est pas méchant, on utilise l'humour pour faire avancer les choses et pas l'inverse. De plus, on peut aborder tout mais en restant respectueux car le public est très fort, il sent tout, et il faut aussi le respecter lui.

Elie Semoun au quotidien est-il drôle?

Je suis drôle dans la vie avec les copains. Je crois aussi avoir le sens de l'humour, pour autant je ne suis pas en spectacle 24h sur 24, je le suis sur scène seulement. Et je trouve cela bien comme ça. En plus, ça parait toujours facile de faire rire. Une fois, d'ailleurs, à Nice quelqu'un m'a dit “et, moi aussi je sais faire rire”. Alors je lui ai laissé l'opportunité de monter sur scène et je pense qu'il a eu la honte de sa vie. Sur scène, pour être drôle, on travaille vraiment beaucoup pour le public et on doit mettre ses problèmes de côté car les personnes sont venues pour rire.

Enfin, votre carrière en tant qu'humoriste a débuté en 1990 après un passage du côté du théâtre et à la télévision avec la série“ Vivement lundi”. Faire de l'humour était-ce une évidence et, si vous n'aviez pas percé, qu'auriez-vous souhaité faire?

L'humour pour moi est une évidence. Dans la vie, je n'avais que l'humour pour vivre je pense. Si j'avais dû faire un autre métier, ce serait certainement une profession en rapport avec les plantes, la nature ; un domaine dans lequel je suis très pointu.

Propos recueillis par Muriel Tancrez - pour le quotidien Aufait

www.marrakechdurire.com

francais d'origine marocaine

ELIE SEMOUN

La ville ocre accueille, de jeudi 3 juin à samedi 5 juin au soir la première édition du Festival "Marrakech du rire" organisée par la société Debjam de Jamel et Karim Debbouze. Dans ce cadre, l'humoriste français d'origine marocaine Elie Semoun présentera son 6ème spectacle, intitulé "Merki", samedi soir. Rencontre.

Vous serez en spectacle au Festival “Marrakech du rire” le 05 juin pour présenter votre 6ème spectacle intitulé “Merki”. Pouvez-vous nous parler de la trame générale de ce show?

Le fil rouge de ce spectacle c'est le couple : la tromperie, la folie, la rupture, la jalousie, le mensonge...Sinon, il n'y a pas de thème précis dans ce spectacle. Comme à chaque fois, ce sera pour moi une sorte de balade, une caravane de laquelle je libère mes personnages. Ils seront un peu plus de 13 cette fois-ci.

A ce propos, aux côtés des célèbres Mickeline, Kévina, Toufik ou encore Papy Pétou, il y a dans ce spectacle des personnages inédits. Pouvez-vous nous les présenter?

Il y aura par exemple Colette, une chanteuse coiffeuse complètement nulle en chant comme en coiffure d'ailleurs, puis un autre chanteur bidon, etc. En fait, les nouveaux personnages sont, comme d'habitude des premiers de la classe (rire), pas vraiment ce que l'on peut appeler des champions. Ce sont des personnages qui ne sont pas lucides sur eux-mêmes, et c'est cela qui fait rire car le public lui est lucide.

Vous êtes d'origine marocaine. Vous êtes-vous déjà produit au Maroc et qu'est-ce que cela représente pour vous?

Je me suis déjà produit à Casablanca, à deux reprises. La première fois, je me souviens que le public n'était pas très attentif, il se levait, allait au toilette, téléphonait...C'est très déstabilisant! J'ai fait avec...Par contre, c'est un public très chaleureux que je connais bien, étant donné mes origines. Pour le Festival “Marrakech du rire”, je suis content de venir jouer à Marrakech pour la première fois. En plus, je viens avec mon père qui va retrouver ici ses racines. Enfin, je suis très content d'être invité par Jamel Debbouze à cet évènement car nous nous aimons vraiment beaucoup.

Connaissez-vous et appréciez-vous en particulier certains humoristes de la scène marocaine?

Je ne connais malheureusement pas trop les humoristes nationaux car je ne parle pas assez arabe pour les comprendre. Pour connaître néanmoins Djamel et Gad, je commence à connaître le système d'humour marocain. Les marocains ont d'ailleurs beaucoup d'humour.

Comment procédez-vous pour écrire vos spectacles? Et quels sont vos sujets de prédilection?

En fait ce qui m'intéresse le plus à traiter ce sont les loosers, ces personnes qui se prennent au sérieux. J'aime dans les spectacles que le public soit complice. Quant à l'écriture des spectacles, certains personnages sont inspirés de la réalité. En fait, beaucoup même. Il suffit d'ouvrir les yeux, si vous savez observer, il y a des fous partout (rire). Il y a tout le temps matière à rire.

Vous dites “ne pas avoir de tabous, ni sur scène, ni dans la vie”. Pensez-vous pour autant que l'on peut rire de tout, aborder tous les sujets avec l'humour?

Ah, la fameuse question...Je pense que l'on peut rire de tout, mais qu'il faut juste le faire avec intelligence. Sans prétention, je pense que l'humour requiert de l'intelligence. Quand on est intelligent, on n'écrit pas sur le racisme, sur les juifs, les arabes, etc..Quand on n'est pas méchant, on utilise l'humour pour faire avancer les choses et pas l'inverse. De plus, on peut aborder tout mais en restant respectueux car le public est très fort, il sent tout, et il faut aussi le respecter lui.

Elie Semoun au quotidien est-il drôle?

Je suis drôle dans la vie avec les copains. Je crois aussi avoir le sens de l'humour, pour autant je ne suis pas en spectacle 24h sur 24, je le suis sur scène seulement. Et je trouve cela bien comme ça. En plus, ça parait toujours facile de faire rire. Une fois, d'ailleurs, à Nice quelqu'un m'a dit “et, moi aussi je sais faire rire”. Alors je lui ai laissé l'opportunité de monter sur scène et je pense qu'il a eu la honte de sa vie. Sur scène, pour être drôle, on travaille vraiment beaucoup pour le public et on doit mettre ses problèmes de côté car les personnes sont venues pour rire.

Enfin, votre carrière en tant qu'humoriste a débuté en 1990 après un passage du côté du théâtre et à la télévision avec la série“ Vivement lundi”. Faire de l'humour était-ce une évidence et, si vous n'aviez pas percé, qu'auriez-vous souhaité faire?

L'humour pour moi est une évidence. Dans la vie, je n'avais que l'humour pour vivre je pense. Si j'avais dû faire un autre métier, ce serait certainement une profession en rapport avec les plantes, la nature ; un domaine dans lequel je suis très pointu.

Propos recueillis par Muriel Tancrez - pour le quotidien Aufait

www.marrakechdurire.com

une francaise d'origine marocaine au gouvérnement

A 41 ans, Fatine Layt vient d’être décorée de la Légion d’Honneur par le Premier Ministre français François Fillon, consacrant ainsi une carrière exemplaire. Elle pourrait devenir ministre.
France : Une française d’origine marocaine au gouvernement ?
Moins de six mois après avoir vendu sa banque d’affaires Partanéa au Groupe financier français Oddo & Cie, Fatine Layt, 41 ans, vient d'être nommée Présidente de la banque d’affaires du groupe Oddo Corporate Finance. Et tout récemment, c’est le Premier Ministre français François Fillon lui-même qui lui a remis les insignes de chevalier de la Légion d’Honneur. Ce succès est l’aboutissement d’une carrière professionnelle hors norme, encore plus rare pour une femme.

Major de Sciences Po-Paris à 20 ans, cette Française d’origine marocaine (par son père) a rencontré la Finance par hasard. C’est Jean-Charles Naouri, ancien directeur de cabinet de Pierre Bérégovoy et grand artisan de la réforme du marché financier, qui, en 1989, l'a engagée au sein de la holding Euris, un fonds d'investissement qu'il venait de créer avec David de Rothschild et Marc Ladreit de Lacharrière. Fatine Layt est restée une dizaine d'années dans ce groupe. Successivement chargée d’investissement, puis administrateurs de sociétés, elle s'est retrouvée, à 28 ans seulement, directeur général de la première agence mondiale de presse photos: l'agence Sygma. De ses années, elle retire une formidable expérience des affaires, mais aussi une riche pratique du management et de la direction d'entreprises.

En 1996, Fatine Layt quitte Euris, pour devenir PDG de CE2P, un groupe qui édite une soixantaine de titres de presse professionnelle. Elle est parallèlement nommée administrateur du Syndicat de la presse professionnelle, tout en continuant à enseigner à Sciences Po où elle est maître de conférences en Finance et Gestion Financière.

Avant de prendre la direction d’Oddo Corporate Finance en mai dernier, cette femme d'audace a créé trois banques d’affaires : Intermezzo, d'abord, fin 1999 ; elle a 32 ans quand elle lance cette société de conseil en ingénierie financière spécialisée dans les médias. Messier Partners, ensuite, en 2003, fruit de son association avec Jean-Marie Messier. En 2007, elle quitte Messier Partners pour fonder sa propre banque d'affaires, Partanéa, immédiatement positionnée à l’international, avec des actionnaires prestigieux comme la banque marocaine Attijariwafabank.

Fatine Layt reste très attachée à ses racines marocaines et se rend fréquemment au Maroc. Elle est citée régulièrement par la presse française, comme l’une des personnalités pressenties pour entrer au gouvernement à l’occasion du prochain remaniement.

La Rédaction
Copyright Yabiladi.com

une francaise d'origine marocaine au gouvérnement

A 41 ans, Fatine Layt vient d’être décorée de la Légion d’Honneur par le Premier Ministre français François Fillon, consacrant ainsi une carrière exemplaire. Elle pourrait devenir ministre.
France : Une française d’origine marocaine au gouvernement ?
Moins de six mois après avoir vendu sa banque d’affaires Partanéa au Groupe financier français Oddo & Cie, Fatine Layt, 41 ans, vient d'être nommée Présidente de la banque d’affaires du groupe Oddo Corporate Finance. Et tout récemment, c’est le Premier Ministre français François Fillon lui-même qui lui a remis les insignes de chevalier de la Légion d’Honneur. Ce succès est l’aboutissement d’une carrière professionnelle hors norme, encore plus rare pour une femme.

Major de Sciences Po-Paris à 20 ans, cette Française d’origine marocaine (par son père) a rencontré la Finance par hasard. C’est Jean-Charles Naouri, ancien directeur de cabinet de Pierre Bérégovoy et grand artisan de la réforme du marché financier, qui, en 1989, l'a engagée au sein de la holding Euris, un fonds d'investissement qu'il venait de créer avec David de Rothschild et Marc Ladreit de Lacharrière. Fatine Layt est restée une dizaine d'années dans ce groupe. Successivement chargée d’investissement, puis administrateurs de sociétés, elle s'est retrouvée, à 28 ans seulement, directeur général de la première agence mondiale de presse photos: l'agence Sygma. De ses années, elle retire une formidable expérience des affaires, mais aussi une riche pratique du management et de la direction d'entreprises.

En 1996, Fatine Layt quitte Euris, pour devenir PDG de CE2P, un groupe qui édite une soixantaine de titres de presse professionnelle. Elle est parallèlement nommée administrateur du Syndicat de la presse professionnelle, tout en continuant à enseigner à Sciences Po où elle est maître de conférences en Finance et Gestion Financière.

Avant de prendre la direction d’Oddo Corporate Finance en mai dernier, cette femme d'audace a créé trois banques d’affaires : Intermezzo, d'abord, fin 1999 ; elle a 32 ans quand elle lance cette société de conseil en ingénierie financière spécialisée dans les médias. Messier Partners, ensuite, en 2003, fruit de son association avec Jean-Marie Messier. En 2007, elle quitte Messier Partners pour fonder sa propre banque d'affaires, Partanéa, immédiatement positionnée à l’international, avec des actionnaires prestigieux comme la banque marocaine Attijariwafabank.

Fatine Layt reste très attachée à ses racines marocaines et se rend fréquemment au Maroc. Elle est citée régulièrement par la presse française, comme l’une des personnalités pressenties pour entrer au gouvernement à l’occasion du prochain remaniement.

La Rédaction
Copyright Yabiladi.com

caftan marocain


photo d'un ancien modèle de caftan marocain .Photo de Luc Viatour. Marrakech Bahia
Kesoua el kbira (avec une ceinture large dite mdamma), héritage marocain de l'Andalousie mauresque[réf. nécessaire] (1901-1906) ; ces tenues sont représentées dans de nombreux tableaux de Delacroix, peintre orientaliste Français du début du XIX ème siècle

.

Les caftans du Maroc sont originaires de l'Andalousie mauresque[réf. nécessaire] (Al Andalus) où les élites arabo-musulmanes de l'Empire Omeyyade ( dont Zyriab, le père de la musique arabo-andalouse) ont apportéà partir du ixe siècle des caftans empruntés aux Perses. Entre le ixe et le xve siècle, les émirats arabo-andalous (composés de peuples d'origines variées) ont progressivement donné aux caftans leurs touches civilisationnelles. Rappelons que l'Andalousie mauresque s'est construite en opposition ou en concurrence vis à vis de l'Empire Ommeyyade de Damas de même que l'Empire des Idrissides de Fez (brancheOmeyyade du Maroc) vis à vis de l'Empire Abasside de Bagdad. Cette divergence va se traduire entre autres sur les tenues vestimentaires.

Le port de cette tunique au Maroc au xie siècle est confirmé par les prêches de Ibn Toumert(fondateur du mouvement musulman fondamentaliste almohade) qui stigmatisait ces rivaux les Almoravides à travers le port de ce vêtement luxueux et les andalous qu'il jugeait débauchés. Les Almohades percevaient probablement le vêtement comme un signe d'appartenance à la communauté de l'islam (ouma islamiya) ; ainsi, le port d'un vêtement distinctif fut imposé aux Juifs par le calife almohade El Mansour.Ceci n'a rien d'étonnant puisque ce témoignage d'appartenance à la " ouma " par le vêtement existe encore de nos jours.

L'arrivée massive des andalous au Maroc, qui va renforcer la présence et le port du caftan au Maroc, se fera essentiellement en 2 temps : en 1492 (expulsion de tous les non-chrétiens toutes origines confondues) et en 1609 ( expulsion des moriscos: musulmans et juifs restés en Espagne après leur conversion sous la contrainte au catholicisme en 1492). Les andalous de 1492 arrivés en nombre au Maroc portaient des tenues arabo-andalouses alors que les moriscos étaient habillés de façon castillane.

A cela, il faut préciser qu'avant 1492, des arabo-andalous ont commencé à se replier vers le Maroc et le Maghreb au fur et à mesure de l'avancée progressive de la Reconquista ; de plus, avant 1492, la proximité géographique du Maroc avec l'Espagne mauresque a naturellement induit des échanges constants et divers qui atteignirent leurs paroxysmes en 1492 en 1609 ; par ailleurs, les ports de Tanger, Rabat, Salé et Ceutacomme les pèlerinages à la Mecque et les mouvements des populations ou des caravanes ont longtemps été des portes d'entrée de produits variés. Le Maroc possède une position géographique qui l'a toujours placé, jusqu'à nos nos jours, comme une zone naturelle d'échanges entre l'Afrique, l'Europe et le monde arabo-musulman.

Le vêtement étant un élément culturel et identitaire, il va de soi que la Reconquista a mis fin aux ports des tenues arabo-andalouses en Espagne et au Portugal.

Au cours des siècles et au contact des diverses populations et cultures du Maroc ainsi qu'en l'absence de longue influence vestimentaire ottomane ( visible dans le reste du monde Arabe) et européenne, ce caftan andalou s'est ancré et a pris des spécificités relatives au pays (voir liens externes). Même si les ottomans n'ont pas occupés l'actuel Maroc ( par l'opposition de la dynastie des Saadiens et de la dynastie Alaouite ), des échanges (directs ou indirects, guerriers ou diplomatiques, profanes ou religieux) ont eu lieu entre ces deux cultures.Toutefois, une ville comme Oujda (ville frontalière avec l'actuelle Algérie) a connu une présence ottomane qui explique entre autres la similitude des tenues avec celles des femmes algériennes (en particulier le Karakou).

Le façonnage particulier du caftan, sa broderie, ses ornementations ( zouaks ) et ses ceintures le rendent spécifique du Maroc ; Les plus anciens caftans marocains encore visibles dans divers musées datent du début du xviiie siècle (voir liens externes). Différents sites répertoriant des photos authentifiées du Maroc (fin xixe - début xxe siècle ) nous permettent de visualiser des femmes en caftans marocains ou en tenues traditionnelles : citons des sites internet :

  • de la diaspora judéo-marocaine tel que darna ou dafina ; au Maroc, compte tenu qu'il était traditionnellement plus facile de photographier et de dessiner des judéo-marocaines (que des marocaines de confession musulmane), une partie des anciens clichés et dessins ( ou tableaux) sur les caftans ( et autres éléments du patrimoine culturel ou artisanal marocain) nous proviennent de la communauté judéo-marocaine.

Les pièces d'archives montrent également qu'il existait au Maroc différents types caftans avec des caractéristiques propres au Maroc ; de plus, la tenue de mariage de Fès (dite Lebssa Fassia), celle des judéo-marocaines (dites El Kesoua el Kbira )ainsi que la foutah (pièce d'étoffe servant de jupe) et le chapeau des marocaines du Nord d'origines andalouses ne se voient que dans ce pays. Toutes ces tenues ainsi que d'autres éléments culturels ( musique, architecture....)et historiques révèlent que le Royaume du Maroc est l'héritier fondamental de l'Andalousie mauresque. En effet, selon l'historien Bernard LUGAN, spécialiste de l'Afrique, sur les huit siècles de présence musulmane en Andalousie sept ont été étroitement liés au Maroc.

Avant l'avènement de la photo, il est aussi possible de se faire une idée sur les vêtements traditionnels du Maroc en recoupant plusieurs tableaux et dessins (en nombre statistiquement représentatif afin d'éliminer les ajouts subjectifs, personnels ou romantiques de l'artiste) produits par différents peintres ou chroniqueurs de passage dans l'Empire chérifien (ancien nom du Maroc jusqu'en 1956). On ne peut, en effet, à partir d'un seul et unique ancien dessin généraliser un vêtement à tout un pays et encore moins le considérer comme traditionnel.

Dans les années 1980, reprenant des caftans hérités de l'Andalousie mauresque, des stylistes du Maroc sont pionniers dans la création moderne de nouveaux caftans uniques au monde . Vu la poussée, dans le choix vestimentaire des marocaines, des vêtements modernes occidentaux ou des tenues rigoristes " musulmanes " (venues de pays fondamentalistes du Moyen Orient), le caftan traditionnel maroco-andalou devenu vieillot a survécu grâce à ce travail de modernisation.

Ces stylistes marocains ont commencé à transformer ce vêtement traditionnel pour en faire un produit conforme aux exigences de la haute couture internationale et un produit de luxe à l'usage des femmes du Monde entier. Le déclic des créateurs marocains s'est renforcé avec la délocalisation au Maroc de nombreuses entreprises de confection et de haute couture européennes ainsi qu'avec l'installation ou le passage de stylistes internationaux dans le pays. Après le caftan, les stylistes moderniseront toutes les autres tenues traditionnelles du Maroc. Yves Saint Laurent sera le tout premier couturier occidental à mettre dans ses collections des années 1960 des tenues marocaines rehaussées de sa griffe (voir liens externes).

Créations marocaines[réf. nécessaire] : de la tradition à la modernité[modifier]

Le caftan (que les marocains nomment aussi takchita pour la version légère et moderne ) est un des divers composants du patrimoine vestimentaire marocain (comme la Jellaba, le Jabador, le tchamir, le taj fassi, les " chedda " des femmes du Nord....). Il était porté par les femmes citadines et les femmes du milieu rural, qu'elles soient de confessions juive ou musulmane.

Le caftan marocain est considéré comme traditionnel du pays car il réunit les points suivants :

  • il est issu du lien historique entre ce pays et l'Espagne arabo-andalouse
  • ses caractéristiques sont spécifiques du pays
  • des caftans ordinaires et d'apparat furent portés de façon continue sur des siècles un peu partout dans le royaume et non uniquement lors des cérémonies de mariage.
  • il fut porté de façon quotidienne (et non uniquement lors des cérémonies de mariage) principalement par des femmes (citadines ou rurales et aisées), juives et musulmanes.

Les caftans légers sont des vêtements d'intérieur alors que les caftans épais sont des vêtements d'extérieur comme le haïk (vêtement du Maghreb) ou la djellaba ( sorte de manteau traditionnel marocain masculin long avec capuche que les marocaines reprendront pour des raisons pratiques et féminiseront). C'est en milieu citadin et/ou dans les familles aisées qu'on trouve les caftans d'apparat les plus aboutis.

Les tenues traditionnelles des judéo-marocaines diffèrent entre elles et de celles de leurs compatriotes musulmanes sur quelques points de détails selon les régions ( motifs ou inscriptions sur les bijoux ou coiffe ); Les judéo-marocaines possèdent deux types de tenues longues nommées El Kesoua ( ou Keswa ou Kswa) El Kbira : une version jupe longue et veste courte et une version caftan ; ces deux versions ont une ceinture et auraient été initialement portées par les musulmanes et les juives chassées d'Andalousie et installées au Maroc. Les Kesoua el Kbira ( également revisitées par des stylistes marocains) ne sont aujourd'hui portées que par les judéo-marocaines lors de la cérémonie du Henné (voir liens externes).

Depuis quelques années certains stylistes visionnaires commencent à créer des caftans marocains de forme manteau ou 3/4 pour hommes, comme entre autres le styliste Si Mohamed Lakhdar . Ces caftans pour hommes sont visibles sur différents sites généralistes complets et didactiques (tel que par exemple MarocFashion ou Femmes du Maroc) ou sur des sites de stylistes.

Ces caftans de haute couture sont actuellement exportés vers tous les pays du monde du fait de la créativité et de perspicacité des stylistes essentiellement d'origine marocaine ou franco-marocaine (tel que Albert Oiknine, Fadilah Berrada, Hassan Tamer, Karim Tassi, Mohammed Elamine Mrani, Najia Abadi, Salima Abdelwahad, Zahra Yaakoubi etc..). Son succès international s'explique aussi par l'ouverture des créateurs à différentes influences : grecque, romaine, espagnol, française, écossaise, asiatique, indienne etc....dans le choix de certains motifs ou couleurs et dans le choix de tissus modernes actuels. Aujourd'hui de nombreuses personnalités internationales des Arts et Spectacles portent des caftans marocains( Adriana Karembeu, Susan Sarandon, Catherine Deneuve, Sharon Stone, Victoria Avril, Noemie Campbell, Emmanuelle Béart, Sigourney Weaver, José Garcia, Léonardo Di Caprio etc ...)

Les défilés des créations faites sur un thème ( bien qu'elles soient parfois éloignées du caftan traditionnel) jouent un rôle important dans la recherche de nouvelles inspirations ; ainsi le styliste peut sortir du schéma routinier conventionnel et donner cours à son imagination et, de là explorer de nouvelles pistes créatrices. Les stylistes pourront ensuite adapter ces pistes novatrices aux caftans classiques qu'ils commercialisent tout le reste de l'année.

Au Maroc, il existe différentes sortes de ceintures :

Au Maroc le Hazem et la mdamma d'apparat se mettaient traditionnellement au-dessus du caftan pour être visibles alors que son équivalent ( appelé foutah) dans les pays de l'ancien empire ottoman se plaçait traditionnellement à la taille en dessous du caftan sur une soutane ou à la base d'un pantalon( zéroual).

Dan le nord du Maroc et en Kabylie, le terme foutah désigne aussi une pièce d'étoffe dépliée et serrée à la taille servant de jupe ou de tablier.La foutah des marocaines du Nord ont un imprimé andalou et la foutah kabyle a un imprimé berbère, qui varie selon les tribus ou régions de Kabylie.

En plus de leur aspect esthétique dans les tenues d'apparat, les ceintures larges marocaines avaient différentes fonctions : le maintien du dos, le maintien du ventre des femmes enceintes, le transport et le maintien du bébé dans le dos libérant les mains pour les taches quotidiennes.

Dans le royaume, de nos jours encore, l'argent est le métal le plus utilisé en bijouterie avec les pierres semi-précieuses et le plus porté par la population ( en particulier rurale); L'or et les pierres précieuses ont été pendant très longtemps l'apanage d'une minorité ( en particulier citadine). Du fait de son coût, l'utilisation la plus fréquente de l'or et des pierres précieuses a longtemps limitée à la fabrication de petites pièces de bijouterie ( bagues, boucles d'oreilles, bracelets, petites broches....). Le cuivre et divers alliages servent essentiellement à la fabrication d'objets usuels ou décoratifs.

La mdamma en métal précieux, à la fois ceinture et bijou de tradition marocaine, est faite soit en argent, soit plaqué or soit en or ciselé et incrustée de pierres précieuses ou semi précieuses. Les marocaines continuent à acheter cette mdamma (dont la façonnage ne cesse d'évoluer sous l'impulsion de la haute couture) pour faire face aux coups du sort ( investissement) et aussi pour montrer leur qualité de bonne gestionnaire ou leur réussite sociale au moment des cérémonies de mariage ou d'événements importants . Comme le hazem, elle gagnera récemment certaines tenues traditionnelles maghrébines ou arabo-musulmanes, à la satisfaction des artisans bijoutiers du Maroc qui voit là une reconnaissance de leur savoir faire ancestral. Les créations récentes effectuées par ces artisans bijoutiers sur la mdamma marocaine des Chedda ( ou shedda ou lebssa Chamalia: robes de marées des femmes de Tanger, Tétouan, Chefchaouen et Oujda et tenue des musiciennes andalouses de Tétouan et Chefchaouen) témoignent de ce savoir faire.

La mdamma de bijouterie est la ceinture emblématique des marocaines (en particulier des grandes villes) pour lesquelles il est inconcevable d'aller à une fête ou à une cérémonie sans ce précieux symbole du "capitalisme" marocain.Pendant des décennies, dans les mariages ou les rencontres inter-maghrébines, les femmes marocaines étaient reconnaissables à leur mdamma en or ou en argent. Cette ceinture passe d'Oujda ( ville minière où de nombreux tlemceniens et oranais viendront pour faire fortune) vers le villes voisines d'Algérie où elle gagne en premier lieu les tenues de Tlemcen et d'Oran ; de plus, des marocains de l'Ouest marocain s'étaient installés dans l'Est algérien vers le milieu du xxe siècle[réf. nécessaire] ; ces ceintures ont en effet, le style bijouterie pratiqué au Maroc à partir du milieu du xxe siècle (voir sites de galeristes ou d'antiquaires).

Cette mdamma en métal a été reprise par des stylistes européens qui l'ont réactualisée avec succès en direction des jeunes filles occidentales en utilisant des éléments en métal moins précieux (étain, cuivre...) plus léger et plus moderne avec des graphismes occidentalisés sur les médaillons. Récemment, des bijoutiers kabyles la reprendront et la façonneront en argent et selon leur tradition ornementale. Ainsi, on peut parfois voir cette mdamma en argent parée les tenues traditionnelles kabyles qui initialement ne comportent ni large ceinture ni de ceinture en métal précieux (voir liens externes).

Le Maroc étant un pays internationalement connu pour le travail du cuir et des peaux avec pour pôles les villes de Marrakech, Fez et Tétouan (surnommée la petite Fez), la maroquinerie va naturellement investir les créations. En outre, le pays de lafantasia ne pouvait oublier l'utilisation d'armes de fantaisie dans les tenues : ainsi, certains caftans incorporent des poignards maures cousus sur le corset.

Le caftan du Maroc ainsi que d'autres formes de vêtements marocains ( comme la Jellaba ) ont inspiré des stylistes du monde occidental (dont Yves Saint Laurent, Kenzo, JP Gautier, Christian Lacroix......) et de Tunisie. Faouzia Frad ) selon leur sensibilité, les influences, les goûts, les graphismes, et les traditions propres à leur pays ; ainsi, on peut voir ici et là des reprises de certains éléments et/ou de la ceinture du caftan marocain dans diverses créations vestimentaires maghrébines ou arabo-musulmanes récentes (comme c'est souvent le cas dans le monde international de la mode) ; en effet, dans le monde de l'art, le créateur est sensible à son environnement et, contrairement au plagiaire, valide aux yeux du monde sa création personnelle en indiquant ses sources d'inspiration.

Le succès des défilés de caftans en Amérique, en Europe, en Asie et dans divers pays arabes fera naitre chez des couturières et stylistes du monde arabe ( Jordanie, Égypte, Liban, Émirats arabes unis....) l'envie de revoir leurs vêtements traditionnels pour en faire des tenues de haute couture à destination des femmes contemporaines du monde entier.

L'ouverture du royaume et les exigences de qualité du marché international vont impulser un vent de créativité soufflant depuis plusieurs années sur la mode marocaine et sur d'autres secteurs d'activités du pays ( la bijouterie, la chaussure, les cosmétiques, le tatouage au henné, l'art du zellige, la décoration d'intérieur, l'artisanat etc..) créant ainsi un style que les américains dénomment " Moroccan Chic".

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