vendredi 21 janvier 2011

Antivirus : Avast 5.1 disponible, en attendant la v6

Depuis quelques jours, certains utilisateurs d’Avast reçoivent une nouvelle mouture de l’antivirus, aussi bien dans sa version gratuite que payante. L’éditeur tchèque a en effet commencé à diffuser depuis la mi-janvier, en toute discrétion, une mise à jour de son logiciel. Avast 5.1.889 est également disponible en téléchargement pour Windows.

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Il s’agit du premier rafraîchissement majeur du logiciel après la sortie, il y a un an, d'Avast 5.0. Fin décembre, une version préliminaire – la 5.1.864 – avait vu le jour, mais elle n'avait pas réglé certains problèmes de compatibilité. Avast en est venu à bout et publie la liste des bugs résolus. L’éditeur évoque également des améliorations dans les performances. L’essentiel des nouveautés se trouve sous le capot, l’interface restant la même, sobre tout en offrant plus de réglages que l’antivirus de Microsoft, Security Essentials.
Les concepteurs affirment que la protection contre les rootkits a été améliorée et que la compatibilité du scan a également été étendue aux versions 64 bits de Windows (Vista et 7). Cette évolution devenait urgente, alors que le premier rootkit de 64 bits (Alureon) est apparu l’été dernier.

Bientôt des services « in the cloud »

La lutte contre les attaques zero-day, c'est-à-dire non répertoriées par les logiciels de sécurité, aurait aussi été renforcée. La capacité de détection des nouvelles menaces est en effet l’un des principaux enjeux des éditeurs. Avast 5.1 serait mieux armé dans ce domaine, grâce à une meilleure aptitude à repérer les activités suspectes des malwares sans s’appuyer sur une base de signatures virales.
Mais le meilleur reste à venir, à en croire la société tchèque. La version 6.0 de l’antivirus est en préparation et devrait sortir dans le courant du premier semestre 2011. A ce stade, peu d’informations officielles sont disponibles à ce sujet. Mais il y a gros à parier qu'Avast mette encore l’accent sur l’efficacité de la détection des nouvelles menaces. Avast 6.0 devrait faire appel à des services in the cloud : l’analyse du code suspect sera en partie confiée à des serveurs distants au lieu d'être traitée en local sur le PC de l’utilisateur.
Les sandboxes (« bacs à sable ») devraient également faire leur apparition dans la version gratuite de l’antivirus. Ce dispositif permet de faire tourner dans un environnement sécurisé des logiciels jugés suspects à l’issue d’un scan, le temps d’analyser leur comportement et de déceler d’éventuelles actions malveillantes. Si c’est le cas, le malware est éliminé. Aujourd’hui, le fonctionnement d’Avast Free est binaire : après le scan, un logiciel est jugé soit fiable soit malveillant.
Avast réfléchirait également à l'opportunité de faire évoluer son modèle gratuit-payant, sans plus de précisions. Qu’on se rassure, la version gratuite d’Avast n’est pas menacée. L’éditeur a bâti tout son succès sur ce modèle, et la concurrence de Microsoft sur le marché du gratuit empêche tout retour en arrière.

Sud-Soudan: le Kenya se félicite du "succès" du référendum



Des Sud-Soudanais tiennent le drapeau du Sud, le 15 janvier 2011 à Kauda
Des Sud-Soudanais tiennent le drapeau du Sud, le 15 janvier 2011 à Kauda
Le gouvernement kényan s'est félicité vendredi du déroulement du référendum d'autodétermination au Sud-Soudan, estimant cependant que ce "succès" est pour l'instant "insuffisant à garantir la paix" au Soudan.
Le Kenya "rejoint le reste de la communauté internationale pour applaudir au déroulement pacifique et transparent du référendum" d'autodétermination, indique un communiqué du ministère des Affaires étrangères.
Nairobi "félicite chaleureusement le peuple du Sud-Soudan pour s'être mobilisé en si grand nombre et (...) comporté de façon exemplaire lors des six jours du vote", poursuit le texte.
Selon des résultats préliminaires compilés par l'AFP, les Sud-Soudanais se sont prononcés à près de 99% des voix en faveur de l'indépendance, lors de ce référendum historique qui s'est déroulé du 9 au 15 janvier.
Ce scrutin était le point-clé de l'accord de paix global (CPA) ayant mis fin en 2005 à plus de deux décennies de guerre civile entre le Nord, musulman et en grande partie arabe, et le Sud, afro-chrétien, un conflit ayant fait plus de deux millions de morts, nordistes et sudistes confondus.
Le gouvernement kényan félicite la Commission en charge de l'organisation du scrutin (SSRB), le SPLM (ex-rébellion sudiste), le NCP (Parti du Congrès, au pouvoir au nord) et les gouvernements du Sud et du Nord "pour avoir mené le référendum jusqu'à son terme avec succès".
Il appelle également "le NCP à continuer dans le même esprit de dialogue avec le SPLM afin de résoudre les questions en suspens et post-référendum".
Le Kenya prend cependant "note du fait que la conclusion heureuse du référendum est insuffisante à garantir la paix globale au Soudan, particulièrement entre le Nord et le Sud".
Il reste en effet "des questions essentielles à régler" et qui doivent trouver une solution avant la proclamation officielle de l'indépendance du Sud-Soudan le 9 juillet 2011, souligne le communiqué.
Pays voisin du Sud-Soudan, le Kenya fut longtemps un fidèle allié de l'ex-rébellion sudiste de l'Armée/Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLA/M), et abrite un grand nombre de réfugiés sud-soudanais

Rafles et expulsions des migrants Où se trouvent les solutions ?

Depuis 2005, date des évènements dramatiques de Sebta et Melillia, le Maroc a adopté des mesures restrictives en matière de contrôle migratoire. C'est à partir de cette date également que les rafles et les expulsions des migrants dans plusieurs villes du Royaume, se sont intensifiées dans des conditions largement dénoncées par les organisations humanitaires. Le Maroc n'est pas seul responsable de ce drame mais le plus important reste de trouver des solutions.

Un immigré clandestin subsaharien épuisé, à son arrivée à Tenerife en Espagne. /DR


Une embarcation de clandestins au large de Tenerife. /DR

Depuis le 28 décembre, des rafles “au faciès” frappent une nouvelle fois les migrants subsahariens résidents au Maroc, indique le communiqué d'un collectif regroupant 16 organisations de migrants et des organisations marocaines solidaires. De Rabat à Tanger en passant par Casablanca, Fès ou encore Oujda, “des centaines de migrants ont été arrêtés dans la rue sans avoir commis le moindre délit; parmi eux des femmes et des mineurs”, dénoncent-elles.

“Après un passage au commissariat, d’où certains ont pu sortir après présentation d’un passeport ou d’une carte consulaire, ils ont connu le procédé désormais devenu habituel de l’expulsion vers les frontières algériennes par Oujda, sans qu’ils aient été présentés devant un juge et aient pu défendre leur situation”, poursuit le communiqué.

“Entre le 19 août et le 10 septembre 2010, dans de nombreuses villes, les forces de l’ordre marocaines ont à plusieurs reprises, fait irruption dans les campements en ayant recours à des bulldozers, voire même à des hélicoptères comme à Nador, détruisant les tentes et les habitations des migrants”, rapporte sur son site l'ONG Médecins sans frontières (MSF).

Selon les estimations de MSF, au cours de ces rafles, 600 à 700 migrants ont été arrêtés et emmenés à la frontière algérienne. “On les a ensuite abandonnés à leur sort sans eau ni nourriture. Parmi eux, il y avait des femmes avec des enfants, des femmes enceintes et des personnes souffrant de blessures liées directement ou indirectement aux rafles ou souffrant de problèmes de santé. Ils n’ont eu d’autre choix que de retourner à pied à Oujda ou de tenter de passer la frontière algérienne”, écrit l'ONG.

“Abandonnés dans cette zone au beau milieu de la nuit, le risque d’être attaqués ou volés par les bandits et les contrebandiers opérant dans cette région planait sur ces populations déjà vulnérables. Ceux qui sont parvenus à rejoindre la ville d’Oujda se retrouvent sans rien, privés de moyens financiers, d’un toit et de leurs effets personnels.”

Médecins sans frontières, section Maroc.

Pas plus tard que lundi dernier, une nouvelle vague de rafles a eu lieu à Rabat cette fois, nous confie dans un entretien téléphonique, Lucile Daumas, membre de l'organisation ATTAC Maroc et du Réseau euro-africain sur l'immigration, qui suit de près ce dossier.

C'est que depuis 2005, date des évènements dramatiques de Sebta et Melilla qui avaient fait plus d'une dizaine de morts, des centaines de blessés et autant de déportés dans le désert qui seront par la suite expulsés, le Maroc -tout comme d'autres pays africains d'ailleurs-, a fini par adopter des mesures restrictives en matière de contrôle migratoire.

Le Maroc en tenaille entre les “frères” africains et l'UE

“Ce qui est déplorable dans cette histoire, c'est qu'il ne s'agit nullement d'une politique marocaine propre; cette une politique d'immigration dictée et imposée par l'Union Européenne à coup de fortes pressions pour que le Maroc signe un accord de réadmission global avec l'UE”, déplore Lucile Daumas.

Au lendemain des évènements de Sebta et Melilla, le Maroc est passé aux yeux des pays africains “frères”, comme étant devenu le “gendarme de l'Europe”, s'attirant les foudres de certains médias subsahariens.

Le Maroc pris en tenaille entre les “frères” subsahariens et l'UE, c'est le moins que l'on puisse dire! À l'époque, le quotidien national L’Économiste avait même évoqué dans un éditorial “la plus sale affaire que la diplomatie marocaine affronte”.

Hier nous avons tenté de joindre un responsable au sein du ministère de l'Intérieur pour de plus amples informations sur cette question migratoire hautement sensible, nos questions sont restées en suspens... Éternels obstacles administratifs!

“Les autorités marocaines préfèrent copier les politiques xénophobes en vigueur en Europe, qui affectent leurs propres ressortissants, oubliant qu'il (le Maroc) est lui-même un pays africain. Le gouvernement marocain a adopté de telles pratiques... Or, elles n'aboutissent à aucun résultat si ce n’est celui d’infliger des souffrances inutiles à des personnes qui ont précisément quitté leur pays à cause de cela.”

Fabien Yene, Secrétaire général du Conseil des migrants subsahariens au Maroc

Des délégations subsahariennes passives

Si les ONG dénoncent l'attitude marocaine, elles considèrent cependant comme principal coupable de cette situation l'UE surtout, mais aussi toutes ces délégations subsahariennes installées au Maroc qui restent passives face au sort réservé à leurs concitoyens.

“Nous sommes constamment en confrontation avec les ambassades des pays concernés parce qu'elles n'assurent pas leur rôle de défense de l'intégrité, de sécurité et de bien-être de leurs concitoyens”, raconte Fabien Yene.

“Durant le trajet, il arrive que des migrants égarent leurs pièces d'identité et ça devient un autre combat pour faire comprendre aux représentants des ambassades et consulats qu'untel est effectivement membre d'une telle communauté et d'ailleurs, souvent, ils n'essayent même pas de chercher”, poursuit-il.

Où se trouvent les solutions?

Les ONG exigent l'arrêt immédiat de la chasse au faciès et la garantie de la sécurité des immigrés dans leurs lieux de résidence, la délivrance de cartes de séjour à tous les migrants dès lors qu'ils sont possesseurs de carte de réfugiés, ou en mesure de garantir leurs moyens de subsistance.

Elles exigent également que les ambassades des pays concernés assurent leur rôle.

Ce qu'elles proposent? “Qu'un véritable débat soit lancé pour permettre au Maroc et aux autres pays africains de définir leur propre vision et leur propre politique concernant les migrations et de refuser le diktat des politiques des gouvernements de l’Union européenne”.

Mais plus encore, ne faudrait-il pas revenir à la source du problème? C'est-à-dire que les dirigeants africains puissent assurer un minimum de stabilité politique et des conditions socio-économiques décentes et viables à leurs citoyens?

Dimanche 16 janvier sera la Journée mondiale du migrant et du réfugié (troisième du genre dans l'année), l'occasion peut-être pour nos autorités de revoir leur copie en matière de politique migratoire et surtout de restituer à ces centaines de personnes, leurs droits les plus élémentaires.

Ana Lopes
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