jeudi 16 décembre 2010

Affrontements meurtriers à Abidjan


Affrontements meurtriers à Abidjan

Par Europe1.fr avec AFP
Publié le 16 décembre 2010 à 10h10Mis à jour le 16 décembre 2010 à 21h39
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Des affrontements entre les pro-Ouattara et les pro-Gbagbo se sont déroulés toute la journée. © MAXPPP
Un bilan provisoire fait état de 11 morts. Alassane Ouattara est protégé par les Casques bleus.
Des combats à l'arme automatique et à l'arme lourde jeudi, à Abidjan et à Yamoussoukro. La Côte d'Ivoire a plongé dans la violence, après plusieurs semaines de tension post-électorale. Au moins onze personnes ont été tuées et une trentaine blessées, selon un bilan provisoire qui pourrait encore s'alourdir dans les heures à venir.

La RTI, objectif loupé

Les tensions se cristallisent entre les forces de l'ordre, fidèles à Laurent Gbagbo, le président sortant qui s'est autoproclamé vainqueur du scrutin, et les partisans d'Alassane Ouattara, donné gagnant de l'élection présidentielle. Quelque 800 Casques Bleus et huit blindés de transport de troupes se sont postés jeudi autour de l'hôtel du Golf d'Abidjan où se trouvent Alassane Ouattara, un des deux présidents proclamés de Côte d'Ivoire, et son gouvernement, a indiqué un porte-parole de l'ONU. Ils y ont apporté de l'eau et des carburants en cas d'hostilités.
En fin de matinée, de vifs échanges de tirs ont eu lieu à proximité de l'hôtel entre combattants des Forces Nouvelles (FN) et les Forces de défense et de sécurité (FDS), fidèles à Gbagbo. "Ils ont tiré à l'arme lourde, avec des mitrailleuses vissées sur des pick-up, directement sur les populations civiles", a raconté sur Europe 1 Meïté Saindou, le porte-parole du Premier Ministre d'Alassane Ouattara, Guillaume Soro. Selon lui, le gouvernement qui tentait de sortir de l'hôtel "a essuyé des tirs d'obus".
Dans la journée, les partisans d'Alassane Ouattara avaient décidé de marcher en direction de la télévision d'Etat ivoirienne, la RTI. Un objectif très stratégique puisque la RTI est, depuis l'éclatement de la crise née de la présidentielle du 28 novembre, tout entière dédiée à la défense du régime de Laurent Gbabgo. Ils avaient cependant échoué à prendre le bâtiment, dispersés par les fidèles de Gbagbo.

L'ambassade américaine touchée

L'ambassade des Etats-Unis en Côte d'Ivoire a été touchée jeudi par un tir de roquette incontrôlé. La roquette a atteint le périmètre extérieur de la mission diplomatique, où elle a causé des dégâts mineurs sans faire de blessés.
Vendredi, les partisans d'Alassane Ouattara comptent cette fois prendre possession de la résidence officielle du Premier ministre, la "Primature", occupée par le Premier ministre du camp adverse, Aké N'Gbo. Ces bureaux sont voisins du palais présidentiel où siège Laurent Gbagbo, tandis que le camp Ouattara est retranché dans un grand hôtel.

Paris appelle "à la retenue"

La communauté internationale a multiplié les appels au calme au cours des dernières heures. Le chef de l'ONU Ban Ki-moon a dit redouter un "retour à la guerre civile" dans ce pays coupé en un sud aux mains du camp Gbagbo et un nord Forces Nouvelles depuis le putsch manqué de 2002. Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) Luis Moreno-Ocampo a de son côté prévenu qu'il "engagerait des poursuites" contre les responsables des violences.
"Nous appelons à la retenue de part et d'autre", a aussi déclaré Michèle Alliot-Marie jeudi matin sur LCI. "Je crois effectivement qu'il faut éviter toute violence. La Côte d'Ivoire n'a pas besoin de ça", a conclu la ministre des Affaires étrangères. Le gouvernement français a par ailleurs de nouveau exclu toute "ingérence dans la politique intérieure ivoirienne". "La position française se cale à 100% sur la position internationale", a indiqué le ministre de la Coopération Henri de Raincourt sur TV5 Monde.

Des sanctions contre 18 ou 19 personnes

L'Union européenne prépare une liste de 18 ou 19 noms, essentiellement des proches du dirigeant ivoirien Laurent Gbagbo, qui seront l'objet de sanctions comme un gel d'avoirs et des restrictions de visas, a-t-on par ailleurs appris jeudi. Le placement ou non du dirigeant ivoirien lui-même sur la liste faisait encore débat. "Les Français envisagent de ne pas le placer sur la liste pour lui laisser une porte de sortie. Les Allemands plaident le contraire, comme les Britanniques", a affirmé un diplomate.
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