Deux policiers passent à côté de deux véhicules calcinés, dont une fourgonnette (G), sont stationnés près de l'entrée de l'autouroute à Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne) le 20 mai 2010, après une fusillade au cours de laquelle une policière municipale a été tuée et une automobiliste gravement blessée par des malfaiteurs lourdement armés.

"Un deuxième membre du groupe a été formellement identifié" dans le cadre de l'enquête sur la fusillade qui a coûté la vie à une policière municipale jeudi, annonce Brice Hortefeux dans un entretien au Journal du Dimanche.

Ce deuxième homme, âgé d'une trentaine d'années, est connu des services de police et de la justice, a-t-on indiqué dimanche de source policière, confirmant une information de RTL.

"Les autres sont en cours d'identification. Je vous garantis que les membres de ce commando seront inéluctablement arrêtés", ajoute le ministre. "Il s'agit d'un groupe manifestement très bien organisé, probablement de 6 à 7 personnes", précise t-il.

Le seul suspect arrêté, qui a reconnu faire partie du commando de malfaiteurs, est toujours en garde-à-vue, celle-ci ayant été prolongée jusqu'à lundi soir.

Il refuse de donner les noms de ses complices mais les enquêteurs détiennent "des empreintes digitales, des traces génétiques et des images vidéo prises par les caméras de l'autoroute", déclare le ministre.

Des traces de sang dans une Mercedes abandonnée par les malfaiteurs dans leur fuite sont notamment analysées, selon une source policière.

Selon M. Hortefeux, ce commando appartient au grand banditisme et préparait l'attaque d'un fourgon blindé. Des armes, une grenade et une herse de fabrication artisanale ont été retrouvées lors des saisies.

Jeudi, un commando lourdement armé circulant sur l'A4 avait tiré au fusil-mitrailleur sur des automobilistes et des policiers lancés à leurs trousses.

Arrivés à Villiers-sur-Marne, ces hommes avaient pris pour cible des policiers municipaux, avant de s'enfuir. Atteinte par trois balles, Aurélie Fouquet, 26 ans, a succombé à ses blessures. C'est la première fois qu'une policière municipale est tuée par balles en mission.

L'homme interpellé jeudi soir à Champigny dans le Val-de-Marne, "très connu des services de police", a nié avoir lui-même ouvert le feu, indiquait samedi une source policière.

Cet homme est notamment propriétaire d'un sac contenant une kalachnikov, d'un chargeur et d'un gilet pare-balles, selon le parquet de Paris.

Parallèlement aux avancées de l'enquête, le ministre de l'Intérieur a annoncé qu'il avait signé un décret permettant aux communes le souhaitant de doter leur police municipale de Taser, pistolets à impulsion électrique.

Leur utilisation par les policiers municipaux avait été suspendue en septembre, le Conseil d'Etat jugeant que l'usage de l'arme n'était pas suffisamment encadré d'un point de vue juridique.

Le ministre avait alors promis qu'un nouveau décret permettant leur utilisation par la police municipale serait pris.

L'annonce de M. Hortefeux a été mal accueillie par des syndicats de police municipale, qui rencontreront jeudi le ministre.

"Répondre aux armes de guerre par le Taser est totalement inadapté et hors contexte", a dit Fréderic Foncel du SNPM-CFTC (syndicat national de police municipale). "Nous souhaitons une harmonisation des moyens de transmission, de communication, de protection avec la police nationale".

"La réponse n'est pas adaptée à l'événement", ont estimé de leur côté les représentants de la CFDT Interco Police.